ALLÉE COUVERTE DU FORT JORET
(FERMANVILLE)


Historique : signalée semble-t-il pour la première fois en 1967 par une note dans les informations archéologiques de. Gallia Préhistoire sur les indications de F. Scuvée,  celui-ci donne une étude topographique exhaustive publiée en 1973 dans Littus.

Situation : sur la commune de Fermanville, au sud-ouest de Fort Joret, dans un champ en bordure de mer (
fig.1)

Structure : allée couverte très ruinée. Nous reprendrons la description qu'en fait F. Scuvée :"L'axe de l'allée est orienté rigoureusement vers 1e Nord géographique et l'étoile polaire (disposition qui élimine toute suggestion qu'il puisse être question d'un four de combustion du varech pour l'extraction de la potasse). Quelques dalles couchées et presque enterrées subsistent de 1a partie nord, éparses à la surface du sol. Par contre, la partie sud est pratique ment intacte, sauf que la couverture est absente. Une murette de pierres posées assez soigneusement clôt cette extrémité. Le flanc oriental est composé sur les 4,65 m encore debout de trois pierres posées verticalement et enfoncées dans le sol, respectivement hautes de 1,10 m, larges de 2,30 m (ép. 0,30)- 0,50 x 0,95 m (ép. 0,60) - 0,60 x 1,45 (ép. 0,65). Le mur ouest présente une partie maçonnée à sec longue de 0,60 m à son extrémité sud, puis vient une dalle plantée haute de 1,40 m, large de 1,80 m (ép. 0,45) et finalement les ruines d'un mur à sec long de 1,15 m. La largeur intérieure est de 2,80 m au fond sud de l'allée et celle-ci se rétrécit nettement pour atteindre seulement 1,85 m à l'entrée actuelle. Il devait donc s'agir à l'origine d'une allée couverte terminée par une chambre, ou dolmen à galerie du type en V.Si ceci n'est pas une erreur d'interprétation, il faut s'étonner de rencontrer, en Cotentin, un monument mégalithique à chambre ou en Y dont aucun exemplaire n'y avait encore été signalé, à notre connaissance. »
L'hypothèse d'un dolmen en V doit être, à notre point de vue envisagée avec précaution : la dissymétrie des parais laté­rales au niveau de ce qui semblait être le chevet (ou une cellule terminale ?) peut se rencontrer aussi bien dans les sépultures à entrée latérale (du type de celle de Bretteville) que dans les allées couvertes armoricaines classiques
La longueur minimale de ce monument, établie en fonction des mégalithes affleurent, est estimée à environ 17,20 m.
Plan : levé par Deffayet et publié en 1973, le monument ne comporte plus, en 1988 (
fig.2, levé G. Auboire), les murettes en pierres signalées à cette époque.
Stratigraphie : inconnue. La roche-mère affleurant presque toujours dans cette zone, il est peu probable qu'une stratigraphie puisse être établie.
Restes humains et mobilier : aucun. Aucune fouille n'a jamais eu lieu. Selon F. Scuvée, une partie des dalles a pu servir à la construction du fort voisin.
Bibliographie
BONIFAY E. -Informations archéologiques -Gallia Préhistoire t.X, fasc. 2, 1967, P.324.
SCUVEE F. - Un mégalithe oublié à Fermanville (Manche) .Littus, 5, p.24-25, 1973, Cherbourg.



ALLÉE COUVERTE DE TOURLAVILLE
DITE “LES PIERRES COUPLÉES” OU  “ENCOUPLEES”

Ne reste aujourd'hui de cette allée couverte qu'un plan et une gravure.

Historique : signalée dès 1773 dans un mémoire présenté à l’Académie de Cherbourg par M. de Chantereyne, l’allée couverte de la lande Saint-Gabriel passe longtemps pour un cromlech et c’est en tant que tel qu’il est noté et dessiné en 1847 et 1854 par L. de Pontaumont . Endommagé dès 1824, quand de Gerville observe la disparition des tables, trois nouvelles dalles sont brisées par des carriers en 1830 à l’arrivée de Ragonde. En 1887, le commandant Jouan parvient à faire classer le monument, ce qui n’empêcha pas sa destruction totale par le Génie Militaire en 1899 pour la construction d’une redoute. De nombreuses protestations suivirent cette disparition, au reste tout-à-fait inutile puisque le bâtiment militaire fut élevé à côté du mégalithe. Des fouilles eurent lieu en 1773 « aux environs » sur lesquelles on ne sait rien. C’est à cette époque que quelques-unes des grosses roches qui composaient le monument furent renversées et changées de place par des gens « qui creusèrent dessous pour chercher des pierres à rasoir ». On creusa également dans d’autres parties mais sans doute que les fouilles ne donnèrent rien d’intéressant sans quoi on en trouverait trace dans les archives de la Société Académique ou dans les écrits des auteurs qui ont étudié avec grand soin les antiquités de notre pays ( P.15)
.
Situation : sur 1a lande Saint-Gabriel, à 800 m au sud-est de l’église de Tourlaville. A l’ouest de l’hippodrome actuel, vraisemblablement au bord de la chasse du Houlet.

Structure : selon L. Coutil, « le vestibule, qui est orienté 0.-E. mesure actuellement I,IO m à l’entrée, mais on ne peut se baser sur cet largeur donnée seulement par deux pierres qui ont dû. être déplacées, cette largeur passant immédiatement à 2,50 m, dimension qui se retrouve dans toute la longueur et qui s’augmentait vers l’est, puisqu’on retrouve 3,50 de ce côté, soit un mètre de plus. Le côté nord est bien conservé et se compose actuellement de huit supports, tandis qu’à l'est il n’en existe que cinq ; ces blocs émergent du sol d’environ 0,80 m à 1 m. Primitivement, il y avait quatorze supports de chaque côté. Un espace de 6,50 m reste privé de supports, de côté sud. Au fond, vers l’est, se trouve une pierre posée verticalement à l’allée ; elle mesure 1,40 de long et a pu servir de fermeture de ce côté. Toutes les tables ont disparu, sauf une que l’on voit vers le nord-ouest du monument, car cette pierre, à cause de ses dimensions, 2 m sur 1,50 m, est beaucoup plus grande que tous les supports. Tous les matériaux employés dans cette allée sont en arkose, roche qui forme le sous-sol de la lande. « (1896) p.206-207 . D’une longueur donnée de 16,25 m (1), l’allée couverte mesurait 3,60 m de largeur externe ; la hauteur est inconnue.
Plan : un premier plan fut publié en 1773 par Th. du Moncel puis par Ragonde en 1833, enfin par Rouxel en 1905, publié dans Salle (
fig.1). Une lithographie (fig.2) fut réalisée en 1868 par Tollemer, reprise par la suite par Harmoîs. Selon le plan publié en 1905 et les descrip­tions qui en ont été faites, il semblerait que ce monument appartienne à la série des allées couvertes longues, orienté est-ouest, avec vestibule étroit à l’ouest. La position de la porte était, selon toute probabilité dans l’axe, à l’ouest. Aucune dalle septale n’a été signalée. L’Helgouach a voulu comparer le monument à la « doubÏe-sépulture » de Plouescat-Kernic (Côtes d'Armor) (fig.3).
En fait, cette allée couverte, qui n’est pas double, était entourée d’une enceinte. Il est difficile, à la seule vue des plans, de juger de l’exis­tence de cette enceinte à  Tourlaville : on ne sait pas si la rangée médiane signalée en pointillés par divers auteurs est justifiée par des fouilles.

Stratigraphie : aucune stratigraphie n’a été relevée. Selon Coutil (1896) , « on voit â l’est du monument une cavité circulaire produite lors des fouilles. »
Restes humains : aucun
Mobilier : Selon Coutil (1906) et Voisin (1908) , les ouvriers chargés de la destruction trouvèrent deux haches polies, noirâtres, remises au capitaine du Génie qui dirigeait les travaux,

(1) 13,20 m pour Le Fillastre, larg.int. 1,32 m et haut. 1 m.

LA SEPULTURE A ENTREE LATERALE DE BRETTEVILLE-EN-SAIRE

Historique : décrite pour la première fois en 1833 par Ragonde, le monument fut d'abord dénommé par cet auteur "Cist-Vean", terme breton s'appliquant aux pierres branlantes ; en effet, il pensait que la dernière table était une pierre branlante destinée à des "épreuves religieuses". De Gerville reprendra cette idée en désignant le monument "dolmen de la pierre branlante" en 1854, et Lachénée ira dans le même sens avec sa "galerie couverte à logan" en 1861.
Victime d'incursions clandestines nombreuses et sans doute anciennes, le monument faillit être débité en 1905, bien qu'il fût classé dès 1862. La seule fouille sérieuse fut réalisée de 1969 à 1972 par l'équipe archéologique dirigée par R. Lemière. Une restauration fut alors entreprise.
Situation : en bordure de la D 320, lieu-dit "le champ du Clos-es-Pierre", parcelle 1033, section B du cadastre.
Structure : premier plan établi en 1847 par Pontaumont (dessin). Autre plan après restauration en 1970 (
fig.1*). Longueur 16 mètres (fig.2), largeur interne environ 1 m. Entrée de la sépulture, orientée NW-SE, à l'ouest. Dalle septale séparant la chambre au nord du vestibule au sud (fig.3).
Les éléments de construction sont des conglomérats triasiques locaux que les visiteurs non avertis prennent avec assurance pour du béton actuel. Une seule dalle, débitée en 1905, placée au NW, était en granite. Elle porte encore les traces des 12 trous de mine destinés à la casser. Sans doute, le monument était-il recouvert d'un tumulus dont les limites n'ont pas été retrouvées. Le sol de la sépulture était dallé.

Mobilier : des fragments de vase (fig.4*) et des silex taillés, très proches culturellement de ce que l'on trouve au même moment (néolithique final, culture Seine-Oise-Marne)) dans le Bassin Parisien ont été trouvés lors des fouilles de 1970. Ils sont exposés au musée E. Liais de Cherbourg (attention, des fragments de poterie médiévale y sont mélangés !). Aucun ossement n'a été découvert.

*Illustrations extraites de Gallia Préhistoire 1971, informations p.333


L'ALLEE COUVERTE DU BOIS DE LA PLESSE
A LITHAIRE


Historique : la petite allée du Bois de la Plesse sur les hauteurs de Lithaire a été découverte en 1965 par B. Edeine. "M. B. Edeine a nettoyé et restauré en partie une petite allée couverte inédite...Au cours des travaux ont été mis au jour quelques silex taillés et une petite pendeloque en argile cuite portant une perforation biconique. Aucune dalle de couverture ne subsiste au-dessus de ce monument"*.

* Informations de Gallia Préhistoire 1967, t.X, p.323-324



 
 
 
 
ALLEE COUVERTE DES ROQUES OU AUTEL DES DRUIDES
DES MOITIERS D'ALLONNES


Historique : signalé en 1895 à l'attention de L. Coutil, ce monument était alors recouvert par la végétation, quelques pierres seulement n'apparaissant en surface, il servait d'abri aux bestiaux. Dégagé par ses soins en 1905, elle est classée MH la même année. Des travaux de reconstitution sont entrepris dans les années 1960-70 par l'équipe de R. Lemière. Quelques objets sont alors mis au jour à cette occasion (voir plus loin). Un plan est établi (fig.1).

Situation : parfois confondu avec une autre allée située sur la commune voisine de la Haye d'Ectot. Situé "à la limite des triages des Grands Bois des Roques et du Petit Grand Bois (section D, n°1308 et 1309) à 500 mètres du chemin se rendant de Barneville au hameau du Grand Breuil". Dénommé aussi "allée couverte du Grand Breuil".

Description : nous reprenons la description qu'en fait L. Coutil en 1906* (fig. 2) :"cette allée couverte est orientée N-S ; la largeur du vestibule est encore difficile à déterminer, le déblaiement complet ayant été entravé par la présence de houx et des arbustes poussés entre les pierres et qui devraient être abattus ; la largeur intérieure nous parait être de 1 m à 1,2 m en moyenne, la hauteur de 1,7 m ; quatre tables sont actuellement en place, les autres brisées, inclinées de côté ou dans le vestibule ; la longueur est de 19 mètres ; sur le côté est, on compte 13 supports en place ; la roche utilisée pour ce monument est un grès bleu très dur."

Mobilier : les rares objets découverts l'ont été au cours de l'année 1970. Des restes de poterie, que les archéologues rattachent, comme pour Bretteville en Saire, au néolithique final du Basssin Parisien (civiliastion Seine-Oise-Marne), des silex taillés et des grains de collier sont alors recueillis.

Bibliographie :
- L. COUTIL. Inventaire des monuments mégalithiques du département de la Manche. AFAS Lyon 1906 p.739-766
- Informations archéologiques de Gallia Préhistoire 1971 p.333



LES MONUMENTS MEGALITHIQUES DE ROCHEVILLE


La colline des Grosses Roches est un site de grès chaotiques classé site naturel. Elle reçèle au moins trois allées couvertes connues en tant que telles depuis le début du XVIIIe siècle. Sur cette colline, un moule à « coins » (on nommait ainsi les haches de bronze), de bronze, en parfait état,  a été découvert à cette époque ainsi qu'une hache en silex « cireux », d'une longueur de 25 cm figurant au musée de Cherbourg.



ALLÉE COUVERTE DE LA PETITE ROCHE  (ou Pierres aux Druides)

             
                            
Historique : signalée en 1826 par Le Fillastre, elle parait déjà très dégradée en 1906 lorsque L. Coutil la fait classer Monument Historique (1) ; elle est menacée à plusieurs reprises d'être détruite par les habitants vers 1905.Classée MH en 1906. Une  fouille clandestine de 40 x 50 x 20 cm de profondeur a été signalée vers 1921 par Coutil en 1929. Aucune trouvaille n'a été signalée.
Situation : bois de la Grosse Roche (classé site naturel en 1905) versant occidental, section E n° 1193 du cadastre.
Le monument se trouve au nord d'un chemin conduisant au site, dans une zone boisée.
Structure : tables et supports étaient déjà disloqués au début du siècle. L. Coutil (
fig.1) signale 6 tables en grès dont 5 en place en 1896, puis 7 tables plus ou moins inclinées, 14 supports au nord, 15 au sud en 1906.Selon lui, la largeur du vestibule est de 1 à 1,2 m tout comme la hauteur. La longueur totale du monument est de 19 m environ et l'orientation est est-ouest. Le plan levé en 1988 laisse penser qu'il y avait  au total 9 tables en grès reposant sur 16 supports au nord et 14 au sud. Toutefois, il n'est pas exclu que d'autres éléments de l'allée couverte soit enterrés sur le lieu même ou à proximité puisque, par exemple, l'une des tables gît actuellement à plus de 3 mètres à l'ouest. L'ensemble du monument est très dégradé et mériterait d'urgence une restauration. L'une des tables occidentales est brisée en deux fragments. Bien que très abîmé, il est possible de reconnaître un monument à supports parallèles dont l'entrée se faisait probablement par l'est. La longueur était de l'ordre de 20 mètres.
Il s'agissait donc d'une allée couverte dont l'entrée se faisant par l'est (2). En raison de l'état des éléments, il est impossible de préciser une organisation interne de la sépulture (
fig.3 et 4).
Mobilier : bien qu'aucune fouille n'ait eu lieu, il est intéressant de noter qu'en 1872 ou 1873, une hache polie en silex a  été découverte « près de l'allée couverte des Grosses Roches ». La longueur de cette pièce est de 25 cm, pour 7,5 cm au taillant et au sommet. Elle figure actuellement au Musée de Cherbourg
Art rupestre : aucun apparent actuellement. La restauration des supports et des tables est indispensable pour le confirmer.
Stratigraphie : inconnue.
Plan : Auboire 1987 (
fig.2)

(1) Il ne reste que 46 pierres du monument en 1833, 41 actuellement.
(2) Confirmé par Le Filliastre en 1933 (p.248)


 
L'ALLEE COUVERTE DU CATILLON



  Situation : commune de Rocheville, Bois de la Grosse Roche, section E n°1193 du cadastre, à quelques centaines de mètres de l'allée couverte des Petites Roches, à 1500 mètres de l’allée couverte des Forges et à 50 mètres au nord du hameau du Catillon.

Structure : Le Fillastre donne une longueur de 52 pieds pour une longueur et une hauteur de un mètre :
"Ces deux lignes de jambage ont été assez bouleversées ; plusieurs de ces jambages ayant été enlevés, il n'en reste plus que 32,  les uns en place, les autres plus ou moins dérangés. A l'extrémité sud-ouest, la galerie était ouverte ; mais on a jeté, en cet endroit, dans son intérieur deux ou trois roches pour en obstruer sans doute l’entrée. L'extrémité nord-ouest est exactement fermée par une grande pierre plate mise en travers et verticalement. Un vide qu'on voit dans le rang des jambages qui est en face du nord-ouest, contre la pierre qui ferme la galerie, était peut-être une porte latérale. Au-dessus de cette porte présumée et au fond de la galerie, était placée horizontalement une grande et belle pierre plate et triangulaire, qui aurait pu servir, soit pour s'y tenir debout, soit pour marcher dessus, soit pour y faire des sacrifices, soit pour y allumer des feux. Les roches du toit ne sont plus en place : il n’en reste que 5 qui ont été renversées : elles sont de 5 à 8 pieds de long. Au sud-est de la galerie, le sol est à peu près au niveau du haut des jambages... Cette galerie se distingue des autres monumens de cette espèce par une addition bien remarquable : celle d'un dolmen à son extrémité nord-est. Il est formé de deux grosses roches, posées à chaque côté, dans l'alignement de deux lignes de jambages. Ces deux roches formant les jambages du dolmen, et celle qui le sépare de la galerie, supportent une grande pierre dont le dessus est aplat. et qui est encore en place ...Enfin, une seconde roche était encore placée sur les jambages de ce dolmen, à présent elle est renversée sur la terre. Ce dolmen est ouvert au nord-est ; il est presque rempli d'argile qu'on y a jetée pour l'obstruer. Sa longueur est d'environ 7 pieds, sa largeur de 3 sa hauteur 4 pieds ; ainsi la longueur totale du monument est de 59 pieds.
Des galeries couvertes analogues se retrouvent dans d'autres départements." (p.247-248) .

Cette description très précise ne fut pas complétée par Coutil qui ne note, en 1896, que l'écroulement de cette partie du monument. En 1905, il semble que la partie "dolménique" a totalement disparu car Coutil n'en parle plus : "L'axe de l'allée est orienté NE-SW.Actuellement, l'intérieur mesure environ un mètre, sa longueur est de 17 m ; deux des dalles de la couverture sont encore en place, ainsi que 8 supports de chaque côté ; bien qu'an ruines, ce monument mériterait d'être sauvé pour rappeler l'ancien groupe des 3 allées couvertes distantes à peine d'un kilomètre." En 1929, Coutil précise qu'il ne reste plus qu'une seule dalle de couverture au nord-ouest et une autre à l'extrémité de l'allée, à l'est. Il signale une dalle de fond, au sud-ouest, "qui est sans doute une dalle de couverture; et une autre verticale formant une sorte de chambre de 1,70 m de long. Il ne fait aucun doute que nous sommes en présence d'un monument unique dans le département puisque la description de Le Fillastre fait nettement référence non pas à un dolmen comme il le pensa mais à une cellule terminale, sorte de chambre supplémentaire isolée de la chambre principale par une dalle verticale et ouverte vers le nord-est. L'examen du plan publié par Coutil montre également la présence vers le sud-ouest d'une cloison délimitant, comme il le dit plus haut, une chambre de 1,70 m de long. Coutil ne précise pas si cette cloison présentait une forme particulière permettant le passage du vestibule au sud-ouest vers la chambre.
Ce type d’allée couverte à vestibule et cellule terminale est illustré en Bretagne par le site de Liscuit III (Laniscat, Côtes d’Armor) et se développe vers le 3e millénaire. Dans cette région, d’importantes gravures ont souvent été rencontrées sur les supports des cellules terminales. On suppose donc que devait se dérouler dans cette cellule, toujours accessible, quelques cérémonies religieuses ou incantatoires à la déesse des morts. On ne peut donc que regretter la disparition stupide de ce monument unique dans le département.

Stratigraphie :aucune fouille ne semble jamais avoir eu lieu dans cette allée couverte ; aucun mobilier signalé.

Plans publiés par Mesnage et Nicollet (cité par Diard en 1927) et par Coutil en 1929 (
fig.5)



ALLÉE COUVERTE DES FORGES (ou GALERIE DES FORGES)  
                                         


Historique : signalée au printemps 1826 et décrite en 1833 par Le Fillastre. Disloquée par les arbres dès cette époque, elle est détruite en 1903 ou 1905 pour empierrer un chemin. Selon certains auteurs, les vestiges giseraient dans la rivière proche de l'Ouve.

Situation : commune de Rocheville, Bois de la Tombette, cadastre E N°650. Au pied de la colline, au nord-est d'un chemin appelé la Chasse-aux-Forges, difficile à trouver.

Structure : monument orienté est-ouest de longueur 16 m, de largeur et hauteur 1 m. Extrémité  orientale fermée par une grosse pierre placée debout en travers, extrémité occidentale ouverte. Voici la description qu'en fait Le Fillastre en 1833 : "Il n'existe plus que les deux tiers des pierres qui formaient les jambages, qui sont restés au nombre de 16 ; les unes sont encore en place, les autres penchent en dedans ou en dehors de la galerie, ou sont arrachées. Il n'existe plus que onze des roches qui formaient le toit ; elles sont allongées, aplaties et fort grosses. Leur longueur varie depuis 5 à 7 pieds (un pied égale 33 cm). Quatre sont encore en place sur leurs jambages, et trois d'entr'elles ont le dessus assez droit pour qu'on ait pu aisément s'y tenir debout, ou même y marcher. Les autres pierres ont été renversées ou enlevées. Le côté ouest de la galerie est en partie rempli d'argile qu'on a jetée dans le dessein de l'obstruer, le long de la ligne de jambage du sud, on voit en dehors les trous où l'on a tiré cette terre ce qui indique qu'on se proposait encore de renverser les jambage et les pierres du toit. Cette galerie est la moins ruinée du département. "(p.246).

Mobilier : aucun mobilier n'a jamais été signalé.

Plan : aucun connu

Bibliographie
Le Fillastre P. Description des monumens druidiques de la Manche. Annuaire  de la Manche 1833, p.220-263.
Jouan H. - Monuments mégalithiques de l'arrondissement de Cher­bourg. Matériaux pour…- p.353
Coutil L. - Inventaire des monuments mégalithiques du département de la Manche. Congrès de l'A.F.A.S. 1906 Lyon, p.743.


DOLMEN (?) DE LA TABLE DES FEES (ou PIERRE PLATE)

Selon L. Coutil (1906), « vers 1880, on détruisit une très grosse pierre plate en grès quartzeux située dans le bois de la Grosse Roche (section E, n°1193) ; elle mesurait 4 mètres sur 3 mètres, un passage existait en-dessous, entre deux pierres. Nous n'avons pu obtenir d'autres renseignements pour pouvoir établir si c'était une table de dolmen ou une simple pierre à légende ; elle se trouvait au pied de la Petite Roche, entre l'allée couverte de la Petite Roche et celle du Câtillon. » (p.746)
Pour Le Fillastre (1833), il s'agirait de débris tirés de la Petite Roche. Cet auteur signale avoir trouvé à 4 mètres de cette table une couche de charbon à un mètre de profondeur, recouverte intentionnellement d'une couche d'argile, ce qu'il considère comme un argument en faveur d'une « pierre druidique ».
Quelques débris (les 2 pierres verticales dont parle Coutil ?) gisent encore à cet emplacement (
fig.6).

Bibliographie : L. Coutil, Inventaire des monuments mégalithiques du département de la Manche, AFAS, 1906

 
ALLÉE COUVERTE DES PIERRES POUQUELEES
                                                    (VAUVILLE)

Historique : monument très anciennement connu puisque fouillé depuis 1755 par la Société Impériale de Cherbourg qui n'a jamais publié de rapport. A cette époque, la sépulture était entière. En 1808 ou 1830 selon les auteurs, toutes les tables furent emportée mais le sous-préfet de Valognes, en ayant été informé, les fit rapporter.  D'après L. Coutil, ce sont sans doute celles qui gisent sur le sol au nord et au sud . En 1833, la moitié des jambages a disparu. Le 3.12.1905, le conseil municipal de Vauville a donné un avis favorable à une demande de classement comme Monument Historique formulée par Coutil, et son don à l'Etat avec un chemin d'accès mais à la condition que trois dalles seraient replacées. Le classement est intervenu en date du 28.01.1907.
Situation : section A n 452 du cadastre, à 500 m au nord-ouest de la D 318 de Beaumont à Vauville, sur une lande à 134 m d'altitude.
Structure : allée couverte orientée NW-SE, d'une longueur de 15 m (1) d'une largeur externe de 2,4 m et interne de 1,25 m, d'une hauteur sous les tables de 1,20 m. En 1906, Coutil, note 12 supports et deux tables horizontales plus dix autres inclinés ou renversés. A 1,5 m au nord, une table mesurant 2,25 m de longueur sur I m de largeur sur 0,45 m d'épaisseur. A 18 m au sud dans l'axe gisent deux tables de mesures à peu près semblables. Les éléments sont en grès quartzeux sauf deux en granite. Actuellement, le monument est très ruiné. Une vingtaine de supports est reconnaissable dont plus de la moitié est inclinée ou renversée. Deux tables sont encore en place, et celles évoquées par Coutil au nord et au sud sont toujours au même endroit. L'état de délabrement du monument est tel qu'il n'est guère possible de reconnaître une quelconque organisation interne de la sépulture
(fig.1). L'entrée même de l'allée est problématique et semblait se faire par le sud-ouest (2).
Aucun plan n'étant connu, un levé a été réalisé (G. AUBOIRE 1988)
(fig.2)
Stratigraphie : aucune connue
Mobilier : aucun connu
Bibliographie : Coutil L. 1906

(1) Et non 13 m comme le signale L. Coutil.
(2) Selon Le Fillastre (1833), l’extrémité nord est fermée par une grosse roche de quartz grenu, l’autre extrémité étant ouverte (p.233). D’après De Gerville, une partie d’une longueur de 5 m a disparu vers le sud.
   
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