Introduction aux Méthodes Historiques du Droit

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    Qu'est-ce que le Droit ?
En règle générale, il apparaît comme et est une technique, ou plutôt l'apprentissage de la technique juridique; c'est à dire des modes d'expression et de mise en oeuvre d'un droit (D) qui se veut essentiellement positif.
Le D positif est le D en vigueur au moment où il est enseigné, appliqué. Il n'est que le D du moment, susceptible d'évoluer au gré de la volonté du législateur, ou en fonction d'un certain nombre de changements, de mutations sociales, politiques.

    Le D est donc destiné à rentrer dans l'histoire.
Pour un historien du D, le D est d'abord un art: un savoir faire, du talent . Pour les romains "JUS ARS BONI ET AEQUI EST": le D est l'art de ce qui est bon et juste = ULPIEN
Le D est donc un art qui dépasse très largement la seule technique. Il peut se définir comme l'ensemble des règles régissant une société ou une communauté sociale donnée.

    Le doyen CARBONNIER définit le D, la règle de D : elle est une règle de conduite humaine à l'observation de laquelle, la société peut nous contraindre par une pression plus ou moins intense. Cette pression nous conduit à voir que le D, en tant que tel et dans nos sociétés occidentales, est inséparable de l'Etat.
L'Etat est d'abord une construction juridique et plus particulièrement une conception, une abstraction; il peut se définir comme le titulaire abstrait du pouvoir souverain et notamment de celui de coercition: du pouvoir de surveiller, de faire appliquer , de contraindre au besoin par la force publique, de respecter le jeu des règles sociales, le D dans ces différents aspects, dans ces différents composants.
Concrètement ce pouvoir politique est exercé par les gouvernants quelque soit la forme: monarchique, aristocratique, démocratique, républicain du gouvernement.

    Dans la construction juridique de l'Etat, les gouvernants ne sont pas les propriétaires de ce pouvoir (en théorie), ils n'en sont au contraire que les dépositaires durant le temps de leur mandat (toujours en théorie). Ils devraient gouverner non pas dans leur propre intérêt mais ils doivent gouverner dans l'intérêt supérieur de la communauté, celle-ci dont ils ont la charge: qu'ils aient été désignés par les représentants  (démocratie), par une émanation de ceux-ci ou investis par une autorité supérieure ou divine. Tous le problème dans ce dernier cas est: qui contrôlera, ici-bas l'exercice de ce pouvoir si, par exemple, le souverain ne gouverne pas comme il le devrait dans la mesure où il n'a d compte à rendre à personne sinon à dieu ?
Le D est donc inséparable de l'Etat , qu'il contribue par définition à fonder.

     Les société sans Etat ( dites traditionnelles) ne sont pas pour autant sans D et sont régies, elles aussi, par un certain nombre de règles . Celles-ci permettent la vie commune dans le respect des existences des individus qui forment cette collectivité.
Ces règles dans les sociétés traditionnelles prennent le plus souvent la forme de traditions, de coutumes, c'est à dire d'un D qui généralement n'est pas un D écrit, mais qui est, en revanche, enregistrer dans la mémoire collective, dans l'histoire du groupe, dans une partie de cette histoire dont le groupe veut bien se souvenir = un mythe.
Il est des récits qui peuvent paraître bizarre; par exemple, chez un peuple du Proche-Orient (mésopotamien) on raconte un combat primordial entre le grand dieu de Babylone MARDUK et un principe monstrueux TIAMAK. MARDUK va s'attaquer à TIAMAK (une femme, car celles-ci représentent le mal). Le combat primordial : il va pourfendre TIAMAK, la couper en deux. A l'issue du combat les deux morceaux de cette puissance du mal seront à l'origine du ciel et de la terre.

Derrière ce récit il y a 2 idées fondamentales:* la victoire de MARDUK représente l'obtention de la souveraineté. La référence à cette souveraineté est un des fondements de la société babylonienne.
                                                                             * l'instauration de l'ordre (dimension juridique fondamentale) qui a été réalisé par la maîtrise du Chaos.
Se sont 2 idées fondatrices de la société babylonienne.

    Un autre mythe: sur le fronton est du Parthenon, est raconté la naissance miraculeuse d'Athéna. Quand on regarde on voit qu'elle incarne le sentiment que les athéniens avaient d'eux-mêmes . Elle est née du crâne de son père Zeus et sans mère. C'est ainsi que les athéniens se représentent "nés de personne"
    Ces règles coutumières, traditionnelles même orales, ne signifient pas non plus que cette tradition soit immuable et figée. Elle est susceptible d'évolution, de changements parfois radicaux, au gré d'un certain nombre de circonstances, de l'histoire des groupes dans sa confrontation avec d'autres civilisations.
La souplesse, sa grande capacité d'adaptation au fil des temps à des situations nouvelles, on ne la retrouve pas dans les D écrits car ils sont fixés, immobilisés. Ces D dont souvent les procédures sont lourdes, dont les modalités d'applications nouvelles sont souvent freinées par des pesanteurs de tout ordres, toutes natures.

    Le D ne se confond pas avec la justice, même si la justice en constitue l'une des finalités essentielles. Dans la mythologie grecque la divinité qui incarne la justice: DIKE est né de l'union de Zeus et de la déesse figurant le D (THEMIS) et cette idée se retrouve chez tout les grands penseurs grecs que le D a pour finalité non pas l'ordre mais plutôt la justice au sens institutionnel du terme.
La justice apparaît donc comme la mise en oeuvre du D. Dans notre système juridique, le juge doit statuer non pas en équité mais en D, conformément à la Loi au sens le plus large du terme. Le D ne se confond pas non plus avec la morale, même si leurs sphères peuvent très souvent se recouper.

    Le D apparaît officiellement séparé de la religion, depuis la loi de 1905, L'Etat français est un état laïque. Dans ces sociétés occidentales, les Lois sont séparées de la religion = chrétienne. Il reste tout de même, un trait, lié par la religion.
Exemple: le serment des témoins se réfère à une référence divine.
Cette proclamation de la séparation ne va pas nécessairement de soit, et il est aujourd'hui un certain nombre d'états qui fonctionnent selon un mode théocratique où les règles de D sont déterminées en fonction de principes religieux et de finalités religieuses.
Ce modèle, dans toutes les sociétés occidentales, nous l'avons connu: "l'occident chrétien médiéval" = théocratie royale. Le roi désigné par dieu au moment du sacre, il se devait de gouverner le peuple conformément à la Loi divine. En remontant plus loin dans le temps, en élargissant le champs d'investigation; nous verrons à quel point un certain nombre de D ont été imprégnés du divin. Certain avec le temps se sont dégagés de la religion.

4 grandes catégories de sources du D: la Loi (norme fondamentale)
                                                             la Coutume
                                                             la Doctrine (réflexion sur le D)
                                                             la Jurisprudence (ensemble des décisions de justices)


L'étude du Proche-Orient antique

C'est à ce moment que l'écriture a été inventé par l'homme, entre 3300 et 3200 avant JC

Rappel du cadre géopolitique du Proche-Orient: la 1ère grande vallée fluviale est, avec le Tibre et le Frac, la Mésopotamie                                                    la 2nde  est celle de la région de la Palestine
                                                                             la 3ème est, avec le Nil, l'Egypte

   Ces 3 grandes vallées fluviales forment une sorte de croissant et, depuis la plus haute antiquité, on leur a donné le nom de croissant fertile. De part et d'autre de ce croissant, il y a soit des montagnes inhospitalières, soit des déserts. Les hommes se sont donc installés dans les vallées fluviales.

   A partir des années 4000 av JC avant l'écriture, étaient installées en Egypte des tribus qui vivaient en clan, la 1ère forme d'organisation politique. Chaque clan, dont on ne sait pas très bien comment ils étaient dirigés, avait son propre territoire, chaque territoire correspondait à une région, une circonscription que les égyptiens appelaient des nomes .
Très tôt les nomes de la vallées du Nil vont être réunis en un seul royaume; ce royaume prendra le nom de "royaume de la haute Egypte". A peu près à la même époque, les nomes du delta du Nil vont aussi se réunir pour donner "le royaume de la basse Egypte".

   En Mésopotamie ce qui très tôt a amené les hommes dans cette région, se sont les 2 grands fleuves. Les anciens ont appelé Mésopotamie "région entre 2 fleuves", la partie supérieur de la plaine. La partie inférieure était constitué de 2 régions: au nord la Chaldée, et au sud la région de Sumer.
      La Mésopotamie connaît une civilisation très brillante, alors arrive un peuple, les sumériens (dont on ne connaît pas l'origine) qui vont jouer un rôle très important en s'installant dans le sud , ils vont fonder des villes qui n'en sont pas réellement, c'est à dire des petites cités Etat ( un territoire où vie une civilisation avec une autorité) il y en a beaucoup dont OUR, OUROUK et LAGASH. Dans les années 3300- 3200, le Proche-Orient va connaître des périodes très brillantes qui seront régulièrement entrecoupées de périodes de troubles, de crises et suivit à nouveau de périodes brillantes.
Parmi toutes les civilisations, certaines ont laissés beaucoup de traces et d'autre aucune.
On étudiera ici l'Egypte, la Mésopotamie et la Palestine, pour lesquels nous avons des documents législatifs.
      A partir de -3200, l'Egypte réalise son unité politique: c'est à dire que le royaume de la basse Egypte et celui de la haute vont se réunir sous l'autorité unique d'un seul personnage, auquel on donnera plus tard le nom de Pharaon. Par conséquent, dans les années -3200, on assiste à un phénomène qui est la naissance d'un Etat. C'est aussi le début de l'histoire de l'Egypte antique; la conception géographique de l'Egypte a joué un rôle important dans cette naissance.
      La Mésopotamie est une plaine très ouverte, son histoire est beaucoup plus complexe et il y a eu beaucoup d'invasion. Elle va connaître des dominations successives: d'abords celle des sumériens, qui seront chassés par les akkadiens, eux aussi chassés par les babyloniens. Avec ces derniers ,on a assisté à la naissance non seulement d'un royaume, mais aussi de l'Empire babyloniens. C'est à dire que les rois de cette 1ère dynastie babylonienne vont se lancer à la conquête de peuples et territoires , et former l'Empire de Babylone (-1750). L'un des souverains les plus importants est le roi HAMMOURAPI. C'était un très grand législateur, il a laissé un code.
      Quelques siècles plus tard, environ -1700, un groupe: les sémites vont quitter la ville d'Our en Chaldée sous la direction d'Abraham, et vont s'installer en Palestine dans le pays de Canaan, les pérégrinations d'Abraham passeront par l'Egypte où ils resteront quelques siècles, puis sous la conduite de Moïse, les hébreux fuient l'Egypte pour de nouveau s'installer dans le pays de Canaan, qui selon la Bible, est appelé la Terre promise. A leur tour, ils vont fonder à partir des années -1025 des royaumes: celui de Judas et celui d'Israël; tous les 2 sont tombés sous la domination du roi David.
      Conclusion: par conséquent le Proche Orient, entre le 4ème et le 2nd millénaire, était constitué de très vastes Etats très puissants.
      Quand on assiste à partir du 2nd millénaire à un certain nombre de bouleversements très importants, d'invasions de peuples inconnus venant en particulier du Nord de l'Asie par 2 régions se situant au nord de la Grèce péninsulaire: la Macédoine et la Thessalie.  Arrive alors un peuple: les achéens qui vont s'installer en Grèce péninsulaire et vont se constituer en petits royaumes indépendants les uns des autres, donc la Grèce se couvre de petits royaumes.
      Les achéens vont développer une forme d'organisation politique extrêmement importante et une civilisation très développer. Ils vont imposer le grec et s'imposer aux régions alentours car ils mènent des guerres extérieurs (ex: la guerres de Troie). Ils vont être à leur tour envahie, écrasé en -1200, par les doriens. Les doriens avaient le fer et les achéens l'or et le bronze, le fer a gagné. La Grèce va connaître avec cette dernière invasion (-1200 à - 800) une période très obscure et après cette période, va s'ouvrir une ère très brillante dont la cité d'Athènes, au 5ème et 4ème siècle, en sera très certainement l'expression la plus forte et le plus totale.
      Le Proche-Orient et la Méditerranée proche occidentale, nous ont transmis un héritage très important culturellement et juridiquement, qui nous renvoi aux origines historiques du droit. C'est cette étude qui sera le thème général d'un cour que l'on pourrait appeler: aux sources du droit antique, Proche-Orient et Méditerranée centre orientale du 3ème millénaire au 5ème siècle avant JC.
      Chacune des sociétés que nous allons étudier, a été confrontée aux problèmes que connaissent toutes sociétés dès lors qu'elles sont organisées; c'est à dire de faire régner l'ordre, la paix, assurer la sécurité et rendre la justice. En effet dès lors que plusieurs individus vivent ensemble, apparaît le besoin, mais aussi la nécessité de régler, d'ordonner et de normaliser les attitudes et les conduites. Et  c'est ce besoin et cette nécessité qui font naître l'idée de droit. Partout où les hommes vivent ensemble, une vie sociale apparaît, celle-ci s'organise autour et à partir de règles juridiques. Ces règles de D, dont à l'évidence la loi est la norme la plus éminente (mais pas la seule), sont ressenties, vécues par les membres de la communautés sociales comme un ordre, un commandement, vécues comme étant imposées par une autorité supérieure.
      Par conséquent cet ordre juridique qui structure l'ordre social est inséparable du pouvoir, c'est à dire du pouvoir de décider, d'imposer, de contraindre = le pouvoir politique. Le pouvoir politique s'introduit, s'immisce dans la création de l'ordre juridique et social. On peut donc considérer, d'un point de vue théorique, voir idéaliste, que tout les individus qui composent cette société organisée, auront tendance à respecter les lois de ces règles de droit, si le pouvoir politique qui leur donne naissance, est capable de les formuler de façon à ce qu'elles répondent aux finalités sociales du droit: l'ordre et la justice. De fait dans les sociétés antiques, la finalité du droit est d'abords et avant tout d'assurer la réalisation du bien commun, c'est aussi d'assurer la prééminence, non pas de la justice mais celle de l'exigence de justice, c'est aussi la recherche de la solution juste, enfin c'est garantir l'harmonie sociale et préserver la paix sociale. C'est donc, toujours dans l'antiquité, par conséquent, déjà renoncer à l'usage de la force, mettre un terme à ce que l'on appelle la vengeance privée (en tant que règlement des conflits). A partir de ce moment, on substitue à la pratique de la force privée, la contrainte qui devient institutionnelle, qui va permettre par des organes spécialiser de sanctionner le non respects des règles de droit.
      Ainsi donc la naissance du ou des droits apparaît très étroitement liée à la constitution d'un ordre politique.  Plus précisément au Proche-Orient, cet ordre politique est fondamentalement marqué par des relations très étroites, très privilégiées que les gouvernants entretiennent avec le ou les dieu(x). La conception du pouvoir au Proche-Orient antique, est celle d'un pouvoir sacralisé, venue d'en haut et qui va donner naissance aux grandes monarchies orientales de droit divin. Au contraire en Méditerranée centre orientale (Grèce), l'ordre politique va peu à peu se dissocier, s'émanciper des D pour devenir davantage la chose des hommes; c'est la démocratie athénienne qui va constituer l'expression la plus achevée de ce phénomène où à partir du 5ème siècle av JC, à Athènes, le droit émane de la communauté des citoyens qui forme la société politique. C'est donc autour de cette idée fondamentale de l'origine du D que notre plan de cour s'articule.

Ière PARTIE: le Proche- Orient et le caractère divin du droit
A: la Mésopotamie
      Les peuples et l'histoire de ces peuples, déclinent à partir de ce que l'on appelle une cosmogonie (schéma global d'explication de l'univers), c'est la réponse à un certain nombre de questions fondamentales sur la création de l'univers, sur l'origine du genre humains, sur la destiné de l'homme en partie à travers l'histoire de ces premiers ancêtres. Le récit initial, fondateur qui préside à l'origine de toutes les religions, en tout cas celle qui tente de prétendre d'expliquer en un schéma très bien construit, la création du monde et l'origine de l'homme.
Ce schéma initial tente à être récupérer par ou au profit d'un dieu, qui sera, sinon unique, au moins omnipuissant, omnipotent: l'être suprême. Cet être suprême est une dénomination commune, nous le retrouvons aussi bien en Mésopotamie dans les 1ère Cités-Etat, que dans les royaumes et les empires mésopotamiens, mais aussi en Egypte et chez les hébreux. L'idée fondamentale qui se dégage de tout ces récits fondateurs, sous l'impulsion des dieux, est que les sociétés humaines passent du chaos à l'ordre, que se sont mis en place de très grands équilibres cosmiques et que ceux-ci conditionnent totalement, absolument, l'existence de toutes vies terrestres organisées. C'est donc cette référence divine, initiale, qui va et qui doit présider, ici bas, à la mise en place d'un ordre politique, celui-ci présidera à un bon ordonnancement de la société.    
CHAPITRE 1: droit et ordre politique
      La caractéristique commune de toutes ces sociétés, est l'origine divine du pouvoir et son expression qui est une expression monarchique au sens étymologique ( gouvernement par un seul), car elle emprunte au divin. La royauté apparaît dans sa forme théorique, de pouvoir régler, organiser et celui-ci l'est en fonction d'un certain nombre de principes, de normes qui ne dépendent pas de cette royauté et pèse lourdement et fortement sur celui ou celle qui incarne, exerce le pouvoir royal.
Le roi (la reine n'existe que si elle gouverne, il y en a eu peu), d'une part ne vient pas au pouvoir n'importe comment, et d'autre part ne peut pas faire n'importe quoi. En effet l'avènement comme la succession au trône obéit nécessairement à un certain nombre de règles qui sont en générales très précisent et se sont celles-ci qui ordonnent et légitimisent la prise du pouvoir de chaque souverain, et donc légitime aussi l'autorité qu'il va exercer sur ces sujets. Quand à l'essence du pouvoir il doit lui aussi obéir à un certains nombre de règles, de normes supérieurs et s'inscrire dans une finalité religieuse d'ailleurs à vocation universelle, cela signifie que le pouvoir peut apparaître, de primabord, absolu, omnipotent mais jamais il ne sera arbitraire. Cela implique que le divin est à l'origine même de l'organisation politique et plus précisément d'ailleurs on peut placer le divin aux origines mêmes du droit.
SECTION 1: organisation politique
      En Mésopotamie comme en Egypte, la forme de gouvernement est essentiellement monarchique, il n'en est pas tout à fait de même en Israël où la royauté apparaît comme une sorte d'accident de parcours. Pourtant cette référence à la royauté des anciens va connaître la plus importante longévité. Ce qui importe est que ces différents systèmes politiques, que l'on retrouve dans ces 3 civilisations, sont profondément marqués par l'étroite, l'extrême relation de ces différents peuples et leur gouvernant avec le divin.
§1: la Mésopotamie
      Que se soient, en Mésopotamie, des rois à la tête de petites Cités- Etat ou que se soient des empires qu'on pu constituer les rois comme SORGON (akkadiens) ou AMMOURABI (babylonien); tous prétendaient à une sorte de domination universel au moins sur la Mésopotamie. Tous présentent un certain nombres de traits communs, ceux-ci concernent d'une part l'origine de leur autorité et d'autre part le contenu de leur fonction.
A: l'autorité royale
      Ce que l'on constate dans les différents royaumes ou empires de Mésopotamie, c'est que souvent, le roi en titre appartient à une lignée locale et celle-ci s'est illustrée au service de la Ville (ville-état). Cette référence locale exclu, a priori, tout ce qui peut être usurpateur, étranger, en réservant le pouvoir, (nécessairement acquis) à un otochtone.
      Ceci étant, cette illustration, ancestrale et locale du souverain, est insuffisant à légitimer, à elle seule, l'autorité du souverain, ce qui lui confère sa pleine puissance est le choix de la divinité, car il a été choisi par la divinité. On voit très bien que la sagesse orientale : si l'homme apparaît bien souvent comme l'ombre d'un dieu, le roi lui est considéré comme le miroir de cette divinité. Ce qui veut dire que s'il n'est pas perçu comme tel, du moins par son gouvernement,  il doit en refléter l'éclat. Cela nous permets de voir comment il est perçu et nous nous apercevons que le roi mésopotamien est ressenti comme le représentant du dieu de la ville (le vicaire).
1: le roi, vicaire de dieu

   En Mésopotamie, le roi n'est pas considéré comme un dieu, ni comme descendant d'une ligné divine. Le roi est considéré comme le vicaire d'un dieu c'est à dire comme son serviteur, son représentant et représentant d'un dieu qu'il a choisi lui pour régner. Quand on examine les textes, on s'aperçoit que sur cette question, ils ne sont pas très explicites. En partit sur le mode de désignation du roi, sur la manière dont le roi a été investi de son pouvoir; on peut se référer à quelques textes notamment le prologue d'un code.

   Ce code émane d'un roi de la ville d'Isin: le roi Lipit Istar. On peut lire dans le prologue, "ANU père des dieux et ENLILl dieu de la terre, m'ont appelé à la souveraineté du pays"; ceci est très clair sur l'origine divine du pouvoir royal. On retrouve cette idée exprimée de la même façon dans le prologue du code du roi Amourapi et on lit: "ANU et ENLIL ont prononcé mon nom, Amourapi, prince illustre".
   Ce qu'il faut retenir de ces deux exemples, c'est que l'on voit bien que cette seule évocation, suffit à conférer un destin royal. D'autre textes sont un peu plus explicites et ils montrent que le roi a reçu du dieu ou des dieux, ce que l'on appelle les insignes du pouvoir royal. Ces insignes se sont le trône, le sceptre et aussi la couronne; et ces insignes sont autant de symboleS de l'autorité supérieure qui a été confiée au roi par le(s) dieu(x).

   Ce qu'il faut bien comprendre est que le pouvoir c'est aussi l'apparence du pouvoir, le roi ne peut être nu, s'il était dépouillé de ces attributs royaux alors il ne serait plus le roi. On le voit dans un hymne récité lors du couronnement d'un roi assyrien et dans cette hymne qui date des années 668 av JC, on peut lire "Anu a donné sa couronne, Enlil a donné son trône, Nirmuta a donné son arme, Nergal a donné son glaive" Il est vraisemblable que dans cet hymne, on retrouve l'écho de traditions beaucoup plus anciennes qui avaient cour au Proche-Orient à cette époque.
Dans d'autres textes encore il est fait allusion n'ont pas à la remise des insignes royaux, mais d'armes qui sont aussi une des expressions du pouvoir royal. Ceci dans une double dimension, non seulement dans la vocation guerrière, mais aussi a imposer la paix.
Par exemple: sur une tablette qui appartient à la ville de Mari, on peut y lire la façon dont le roi de la ville (Zimri Lim) a reçu du dieu de l'orage les armes: c'est à dire les éclairs, la foudre et avec cela il a vaincu une puissance terrifiante la mer. Nous sommes renvoyés à ce combat fondateur entre l'orage et la mer, c'est à dire entre l'ordre et le chaos dont était sorti l'univers, ce qui signifie que l'ordre cosmique trouve son expression dans la royauté terrestre, donc cela signifie que celui qui a été investi de cet autorité royale doit en user pour maintenir  et pour garantir cet ordre.
   Ce qui implique a contrario que le roi sera responsable de ces actes devant le(s) dieu(x), de la manière dont il aura usé de son autorité, il sera responsable des pouvoirs qui lui ont été confiés. Ce qui veut dire que le roi est non seulement comptable devant la divinité mais encore devant son peuple. Et tout naturellement cela sous-entend que c'est parce que le gouvernant, le roi a oublié ce qu'il devait au dieu, que le peuple se montrera oublieux du précepte de(s) dieu(x). Par conséquent, la sanction qui s'abattra sur le mauvais gouvernant et qui ne sera en aucun cas punit hypothétiquement (dans l'au-delà) cette punition s'abattra de manière très concrète sur terre, sous une forme qui permettra de juger à la fois la toute puissance des dieux (omnipotence) et aussi l'intensité de leur châtiment.
   Ce schéma est classique: la défaite militaire est perçue comme une punition divine. De même un certain nombre de catastrophes naturelles, épidémies sont perçues comme un châtiment implacable d'une mauvaise politique. Un coup d'état ou l'avènement d'une nouvelle dynastie, changement de droit, tout cela apparaîtront après coup comme un désaveu des puissances divines. Désaveu à l'égard d'un roi ou d'une lignée de roi qui n'auront pas suffisamment rendu au dieu.
   Indigne de la confiance initiale, primordiale que les puissances divines avaient posé en eux et légitimaient leur pouvoir. De tel conception peuvent, après coup, à peu près tout justifier, le coup d'état quand il réussi et seulement quand il réussi, va apparaître comme la volonté de dieu, jugement de dieu.
    Ce jugement de dieu qui vient légitimer le pouvoir, à condition que le nouveau gouvernant use de ce pouvoir pour la plus grande gloire du (de ces) dieu(x), ce qui explique que le roi Mésopotamien avant chaque décision, action, qu'il entreprendra devra nécessairement, obligatoirement s'assurer du soutien, de l'approbation de la divinité.

   Le problème est que c'est bien le roi qui est protégé par les divinités mais ce n'est pas le roi qui interroge les dieux, il doit passer par des spécialistes: le clergé qui de ce fait va se trouver, lui aussi, investi d'un pouvoir exorbitant puisqu'il lui incombe la charge d'interpréter les signes divins. Le roi Mésopotamien n'est pas un prêtre, même si c'est lui qui choisit le grand prêtre et qui dirige le clergé. Le palais, siège du gouvernement, et le temple en tant que lieu et instrument du culte, sont dissociés (l'apparaissent) de ce fait les pouvoirs du prêtre qui viennent souvent de l'aristocratie, font figure et, notamment en période de crise de la royauté, de contre pouvoir qui peut aller jusqu'à renverser le roi où la dynastie existante. Et donc tout cela explique que la royauté très tôt préférera prendre les devants et se livre très régulièrement à des rites (ex: purification) et ceux-ci sont destinés à laver les rois des pêcher ou des mauvaises actions que ce roi aurait pu commettre dans l'exercice de son gouvernement.
   C'est ainsi que l'on retrouve des faits (ex: Ur, Babylone) des cérémonies annuelles et celles-ci très réglementées, étaient destinées à annuler par un certain nombre de pratiques magiques, toutes les fautes et péchés commis pendant l'année écoulée. A Babylone, la fête de nouvelle année (10-12 jours) commençait par des rites pour conjurer la menace du retour du chaos originel et le roi, en personne, se rendait dans son palais Egasil et se lavait les mains sans entrer de suite dans le palais. Il enlève les insignes royaux et il va remettre le sceptre, la couronne, ses armes et tout ses insignes royaux qui vont être déposés dans le sanctuaire du dieu de Babylone: MARDUK.  Le prêtre du sanctuaire se présente devant le roi et le gifle, le traîne par les oreilles devant le dieu et le prêtre oblige le roi à se prosterné devant le dieu. Et le roi prononce  "Seigneur du pays, je n'ai pas pécher, je n'ai pas négligé ton règne divin, je n'ai pas ordonner ta chute et je n'ai pas oublié les rites".
Le prêtre rassure le roi et lui redonne ses insignes.

Il faut voir que ces fête rituelles servent à la fois à renouveler le combat cosmique originel et aussi à renouveler et à régénérer (pureté et puissance) à l'institution royale qui avec ses rites de purifications sont dépouillés et lavés de toutes les fautes et turpitude ; cette idée de purification se trouve aux origines de la désignation du roi et que nous retrouvons dans un autre temps très fort: le sacre royal.
2: le sacre royal
    Le rite consiste essentiellement en une onction d'huile sainte et qui a des vertus à la fois purificatrice et transcendantale, qui élève celui qui reçoit cette onction au dessus du commun des mortels. L'onction est la marque du choix divin. Pendant très longtemps, on a cru que le sacre royal était une institution d'origine hébraïque, c'est dans l'ancien testament que les rois de l'ancienne France ont puisé le modèle de leur onction royale.
Aujourd'hui le sacre n'est plus considérer comme une invention purement hébraïque mais que les anciens hébreux se sont très vraisemblablement inspirés des pratiques qui avaient lieu en la matière au Proche-Orient et en Mésopotamie.

    Si nous nous appuyons sur la tablette de la Ville de Mari, on lit que le roi a reçu du dieu ADDU une onction d'huile, cette onction le constitue pleinement roi, le fait totalement roi. Il semblerait qu'il s'agisse là d'une coutume dans le Proche-Orient; c'est le sacre du roi. Usage très très courant en Mésopotamie.

    Au même titre que la laine, les céréales, l'huile, constituent les 3 rations qui tiennent lieu de salaire. L'huile a des vertus médicales : elle sert à guérir et a des vertus purificatrices, elle est donc associée à un certain nombre de rite juridique. Le rite ou le rituel sont très souvent créateur de gestes, la formulation, le prononcé de certaines paroles, en présence de témoins, suffit à engager soit ceux qui les prononcent soit ceux qui les accomplissent.
    En Mésopotamie, on s'aperçoit que pour procéder à l'affranchissement d'un esclave, il suffisait de lui faire sur le front une onction d'huile ou une friction. Que signifiait cette onction non sainte, ? L'esclave était symboliquement lavé de son ancienne condition et élevé au statut d'homme libre. De la même façon, l'usage de l'huile peut venir s'ajouter à d'autres pratiques et renforçait leur porté. Par ex : on a un texte qui concerne une vente foncière, d'un bien, elle se fait entre 2 individus en présence de témoins et à la fin de la vente, il est dit : “ ils ont mangé le pain, ils ont bu la coupe et ils se sont frotté d'huile ”.
Ce que l'on sait, c'est que le partage du pain et du vin évoque la communauté de D qui vient d'être créer entre les participants et l'on sait c'est que l'onction d'huile a eu une valeur purificatrice destinée à libérer les 2 parties de toutes revendications postérieures. On peut dire que l'onction d'huile a rendue la vente effectuée exemptes de vices.

    Dans toutes ces pratiques banales, s'inscrit l'onction royale. Cette onction est transcendée par la référence divine, c'est donc dieu soit directement, soit par l'intermédiaire d'un officiant qui administre l'onction au roi et qui se faisait le désigné pour régner, et donc l'onction retranche d'une façon symbolique celui qui la reçoit du monde des vivants ordinaires. L'onction fait du roi un personnage extraordinaire par rapport aux autres de la communauté, l'onction communique au roi la force divine, elle accorde, transmet au roi un supplément à la fois de puissance et d'autorité, en particulier la puissance de combat. On retrouve ici une des fonctions essentielles du roi mésopotamien qui est guerrière et dont on peut dire que l'huile qu'il a reçu est l'huile bénéfique qui lui apportera la victoire.
    Donc la guerre pourrait être perçue comme une épreuve , elle a une constatation religieuse très forte et dont le vainqueur serait incontestablement celui qui aurait reçu le soutient de la divinité.
B: la fonction royale
On a l'image de ces rois orientaux tyranniques.
      Il est vrai que le pouvoir des rois mésopotamiens vient d'en haut et présente un caractère autoritaire, souverain ; il n'est pourtant pas évident que l'autorité soit synonyme de tyrannie.
      On constate que ce pouvoir des rois mésopotamiens est un pouvoir non pas débridé mais très ordonné et qui est réglé, normalisé par une finalité supérieure qui précisément découle de l'investiture divine. C'est donc dans ce cadre réglé par les forces et aussi par les puissances de la surnature que va et que doit s'inscrire la fonction royale, qui parfois peut-être une fonction guerrière mais qui doit être une fonction pacifique, d'ailleurs c'est la mission essentielle du roi mésopotamien. On trouve dans toute la littérature et iconographie mésopotamienne, 2 animaux qui représentent la puissance guerrière et la puissance pacifique du roi : le lion et l'âne.

1 : le lion

    Dans toutes les civilisations, le symbole joue un rôle fondamental notamment le roi mésopotamien et pour être mieux perçu par ses sujets et notamment par le peuple assemblé lors de cérémonie, on voit que la légitimité royale va se manifester par des signes, des indices très simples.

   Dans le cas des rois mésopotamiens, l'utilisation des figures animales apparaît comme la forme populaire d'expression de la souveraineté.
La personne du roi est souvent associée à l'image d'un lion, la représentation d'une royauté léonine se retrouve à peu près à toutes les époques, tout un passage sur toutes les sortes de gouvernement.
Le lion a servi tout naturellement à exalter la puissance extraordinaire, surhumaine du roi, de ce roi qui doit être un héros qui doit être vaillant, courageux, qui doit affronter les ennemis exactement comme le chasseur va affronter les créatures et terrasser le lion et à partir du moment où le chasseur terrasse le lion comme le roi terrasse les ennemis : le chasseur et le roi récupèrent la puissance de l'animal abattu.

    Ce thème là, on le retrouve dans un certain nombre de textes, d'hymne, de chant et qui sont entonnés par les soldats après la bataille. Ces chants sont ce qui exalte la force et la puissance victorieuse du roi. Et bien évidemment si le roi a triomphé, c`est parce qu'il avait la faveur des dieux qui marchaient ; des rois pour lui donner la victoire.

   Le droit divin est à côté du roi, on retombe toujours sur cette idée que le pouvoir du roi est un pouvoir légitime. Cette fonction guerrière du roi, cette image conquérante du roi qui se conjugue, s'associe le plus souvent avec une conception hégémonique, impérialiste, expansionniste de la royauté. On voit bien tout ces petits rois mésopotamiens qui, de part cette fonction qu'ils ont reçu légitimement des dieux,  l'étendent et imposent ce qu'ils considèrent comme leur juste pouvoir, tout naturellement, à leur voisin, ou des royaumes rivaux et au delà même ils l'imposent en vue d'établir un Empire qu'il voudrait universel.

   L'image du roi guerrier est un terme omniprésent, central de l'idéologie royale mésopotamien, plus largement proche oriental (Egypte, hébreux). On retrouve cette idéologie dans la titulature (nom qu'ils se donnent) des rois mésopotamiens. Ils se nomment et en même temps : Roi de l'univers et/ ou roi des 4 régions (4 points cardinaux) . Alors que à l'évidence on voit bien que les ambitions territoriales de ces rois ont abouti 3 ou 4 fois à la constitution de vastes empires, que ce fut ces empires, des royaumes grands ou petits, ils étaient très éphémères car ingouvernables.

   Conclusion :les talents guerriers et conquérants de nos rois mésopotamiens et, malgré les discours officiels tel que l'on les voit exaltés dans les discours officiels, les codes, les œuvres ; en réalité ces talents ne s'exercent qu`au détriment de quelques petits royaumes voisins. Parfois à défendre leurs petits royaumes contre les empiétements du voisin, ou contre les incursions de peuples étrangers = razzia ou invasions.

   C'est là que l'on rejoint un autre aspect de la fonction guerrière, et qu'on voit très bien dans la réalité des textes et de l'histoire, qui est de protéger. Le roi vaillant courageux, doit avant tout protéger son peuple, ses sujets, son territoire, c'est ce qui fondamentalement constitue et justifie le pouvoir qu'il a reçu. A partir de cette notion, nous abordons un aspect plus pacifique de la fonction royale. Cet aspect, qui est la fonction spécifique du roi, est de faire régner l'ordre et la justice donc le 2nd animal.

2 : l'âne

    On constate que le roi circule traditionnellement non pas à cheval mais à dos d'âne ou dans des chaises ou chariots portés ou tirés par des mules ou par des ânes. Dans la perception orientale, le cheval évoque la guerre et l'oppression étrangère, l'âne symbole la paix.
   Les rois de cette cité de Mari, quand ils conclurent des traités d'alliance pacifique, à l'occasion pour fêter l'événement,  immolaient un petit âne et l'appelaient l'âne de la paix.

   Donc on voit bien que l'essentiel de la mission royale est de faire régner la paix, l'ordre notamment en développant le droit et la justice. Cet ordre terrestre est inséparable des grands équilibres cosmiques dont le roi depuis son investiture est le garant. En tant que tel, il doit le répercuter sur ses sujets (tous les bienfaits que les dieux donnent aux hommes) c'est ainsi que revient très souvent une autre image dont la représentation du roi mésopotamien en un roi pasteur.

   De ce roi, charger de conduire son troupeau, il y a un vieux proverbe babylonien qui dit “ un peuple sans roi, est un troupeau sans pasteur ”, on retrouve d'autres textes qui parlent des devoirs du roi “le roi doit faire prêtre son peuple ” ; cette formule évoque 2 idées : l'abondance de nourriture, de subsistance
                                             la tranquillité, le calme, la sérénité.

Comment traduire ces 2 idées d'abondance et de tranquillité, en terme plus institutionnels, on voit que le roi a pour mission d'assurer la prospérité de son peuple, d'assurer la fécondité et de lui garantir la paix à laquelle le peuple aspire par l'application du droit et de la justice.

a : la prospérité, la fertilité, l'abondance

   La nature en Mésopotamie est sujette à des sauts d'humeurs brusques, imprévisibles ; les hivers peuvent être très très froids ou trop secs. Elle est aussi sujette à des orages très violents, des tempêtes de sables, des inondations, des dérèglements de la nature qui avait des conséquences catastrophiques sur le quotidien des homme. Devant ces manifestations que les hommes attribuaient aux puissances divines, on sentait que l'ordre des choses, cet ordre tel qu'il avait été établi par les dieux, était menacé.
   C'est la raison pour laquelle les décisions divines qui avaient été prononcées au moment de la création, où les grands dieux bienfaiteurs avaient mis fin au chaos, c'est en raison d'un certain nombre de bouleversements, que les mésopotamiens sentaient qu'il fallait très régulièrement réitérer les décisions divines primordiales, il fallait rejouer la création de l'univers, rejouer l'ordre notamment en ce moment de l'année où la nature semble mourir et ne pas vouloir renaître.
   
   Lié à ces craintes, à ces nécessités, à ces impératifs, ont été institués un certain nombre de rites, d'actes de gestes que le roi en personne, réalisaient de manière à provoquer les nouvelles décisions des dieux. Le roi devait faire en sorte que les puissances divines s'engagent à assurer la renaissance de la végétation, la survie du bétail, donc celle de l'espèce humaines.
Chaque année le roi qui représente le dieu va devant tous son peuple assemblé, accomplir un certain nombre d'actes nécessaires à la prospérité de la ville et il va s'unir à la déesse de la fertilité .
Chez les sumériens elle s'appelle INANNA
Chez les babyloniens elle s'appelle ISTAR
Il fallait que cet union soit vrai, alors le roi s'unissait avec la prêtresse de la déesse de la fertilité. Dans cette union charnelle effective, il est vrai que c`était 2 êtres humains qui s'accouplaient. Dans la représentation et l'idéologie, le peuple assistait. Le roi était invité à pénétrer dans la chambre de la prêtresse où il y avait un lit de jonc et le roi s'allongeait et accomplissait l'acte charnel. C'est une pratique courante, un mariage sacré, une hiérogamie. Ce mariage sacré est considéré comme le facteur de déclenchement de la fertilité et la fécondité de la cité. Après il y avait des fêtes où le peuple venait faire abondance et chacun peut ensuite rassurer, apaiser, regagner sa demeure et le roi regagne son palais sûr pour une année encore à la fois de sa légitimité et de son pouvoir. Ce mariage sacré est fondamentale car le garant du pouvoir du roi comme légitime.
Si une catastrophe s'abattait sur la cité, le roi devait partir ; il peut donc y avoir un coup d'état contre la ligné, la dynastie et ce coup d'état paraîtra juste. Si tout ce passe bien, le roi peut exercer sa mission essentielle qui lui revient assurer  le D et la justice.

b : droit et justice

   Dans tous les textes qui ont été retrouvés dans l'ancienne Mésopotamie. C'est l'idée que le pouvoir a été remis au roi en vu d'établir la paix sociale qui doit protéger les plus faibles.
Donc pour pouvoir faire régner cette paix sociale le roi doit dire le droit au nom des dieux. Tous les codes mésopotamiens et cela très tôt, montrent l'image du souverain protecteur, appelé pour exercer cette mission.
   Un des codes les plus anciens qui émane de la ville d'Ur dont le roi Ur Namu était le 3ème roi de la dynastie de la Ville et a régné (son code date des années 2100 av JC).
Dans le prologue de son code il dit “ j'ai protéger l'orphelin, la veuve , le pauvre et j'ai condamné les rapaces ”. Il désigne sous le nom de rapaces ceux qui s'en prennent aux troupeaux de leur voisin, ce que l'on a trouvé dans le code  d'unanime, on le retrouve de la même façon dans le code d'Amourabi.

    Le roi amourabi se glorifie d'éliminer le mauvais et le pervers et d'empêcher que le fort n'opprime le faible. Et fort et faible de cet idéal de justice, il peut alors toujours dans ce même code proclamer avec une fierté non dissimulée « j'ai donné le bonheur au pays, j'ai fait se prélasser les sédentaires dans les verts paturages et grâce à ma sagesse ils ont pu prospérer, je suis le pasteur salvateur dont le sceptre est D. »
Que faut il traduire ici ? Le souverain babylonien est le pasteur dont le règne qui est ici symbolisé par le sceptre, est stable car il fait régner le D et la justice. Parce que sa mission est de protéger son peuple, de veiller au bien être de son peuple, le roi babylonien est chargé de faire régner le D et le justice. Et le lien extrêmement étroit entre la protection et la justice ressort à l'évidence d'un certain nombre de textes.

    Ainsi on peut lire dans le prologue du code du roi Lipit Istar, il dit «  j'ai établi dans le pays la justice et le D pour extirper l'iniquité, briser le désordre et le malveillance et établir le bien-être. » Le D est ce qui est stable et solide et la justice est ce qui est droit rectiligne.
    Ces 2 notions fondamentales de rectitude et de stabilité reproduisent l'ordre cosmique dans l'univers terrestre, puisque la justice et le D sont fondamentalement, étroitement liés au divin, à ses dieux qui combattent la justice. L'iniquité dans le but de ramener l'ordre c'est à dire ce qui est stable et droit, la justice.
    Donc le roi reçoit du dieu de la Ville, la mission d'instaurer et aussi de rétablir cette justice, c'est pourquoi le roi mésopotamien en parlant d'eux peuvent dire “ je suis la justice ” ou comme Amourapi “ moi, Amourapi, je suis le D ”.
Le roi représente le dieu à travers l'exercice de la justice et par conséquent il apparaît très clairement en Mésopotamie que seul le droit permet de satisfaire une exigence de justice.

    Cette conception très juridique, très institutionnelle reste quelque peu théorique et que bien évidemment tout n'était pas parfait. Mais il faut souligner c'est que cette vision que nous donne de leur conception du D et de la justice, les rois mésopotamiens. elle n'est ni plus ni moins théorique que nos constitutions modernes. Il est un point important à souligner : cette vision mésopotamienne, très orientale du pouvoir et de ses finalités en terme de D et de justice,. Cette vision pesait trop (3ème millénaires av JC) Les idéaux très élevés, sur ce que devait être le gouvernement des hommes. Un certain nombre de ces traits propres à la civilisation mésopotamienne, se retrouve dans une autre civilisation = l'Egypte

§2 : l'Egypte

Elle s'est édifié à pâtir d'un fleuve.
    Géographiquement, l'Egypte est un immense oasis placé en plein climat désertique et à laquelle le Nil fourni l'eau et la terre. L'eau grâce à la fameuse cru annuelle et qui quand les eaux se retirent, déposent sur les bords une terre fertile = le limon
Très tôt, il a fallu utiliser la cru, distribuer l'eau de façon équitable, augmenter la surface irriguée et inversement drainer tout les endroits très marécageux. Ce fut l'œuvre, le travail des hommes et en tout cas se fut aussi le fruit d'une très forte unité politique et le fruit d'un pouvoir central absolu. De fait revient à ce pouvoir, la charge de travaux à la fois indispensables mais aussi d'intérêts communs, publics.
Cependant il faut bien avouer que cette unité est rendue précaire en raison précisément de la confiance naturelle du pays lui -même.

    En effet la division naturelle entre la haute Egypte (serrée entre 2 déserts Cybie et Arabie) et la basse Egypte (formée d'un delta plus large et très marécageux, où ceux-ci rendent la vie très difficile).
Cette division entre haute et basse Egypte, réapparaît très régulièrement au cour des 2000 ans d'histoire et notamment à chaque période de trouble.
Division précaire = par la géographie mais aussi pour des raisons politiques. Dans ce pays très long où mettre la capital ?
Soit la capital se trouvait au nord, la ville de Memphis :      avantage l'Egypte est plus facilement ouverte au relation extérieure, avec les Etats environnants et aux relations commerciales.
                                 Inconvénient : elle peut être menacée plus facilement par les invasions.
Soit la capital se trouve au sud, la ville de Thèbes : avantage : l'Egypte est à l'abri des invasions
                            Inconvénient : elle est à l'écart des autres Etats, des courants commerciaux dont elle a besoin.

    Quelque fut le parti adopté, il demeurait de toute façon absolument essentiel pour l'Egypte d'assurer les communications qui fut-ce aisé et rapide, donc par navigation fluviale (Le Nil), il demeurait aussi essentiel d'empêcher de quelque façon que se fut d'empêcher les sécession locale. Il demeurait aussi essentiel de protéger l'Egypte d'envahisseurS potentiels. Donc pour toutes ses raisons, s'explique le fait que très tôt, dès le début de l'histoire (-3300 ; -3200), l'Egypte a réalisée son unité, cette unité a été réalisée par la victoire des rois du sud sur les rois du nord. C'est à partir de là que commence ce que traditionnellement on appelle la 1ère période brillante de l'histoire égyptienne jusque -2400, l'ancien empire. En Mésopotamie cela correspond à la phase sumérienne et akkadienne.

    Au cour de cette période (l'ancien empire), les règnes des grands Pharaons (dieu et roi) sont des règnes d'organisateur et de créateur. C'est de leur époque que date les grandes pyramides, l'écriture et la monarchie centralisée, absolue, bureaucratique et une monarchie de droit divin.
A cette période brillante, il lui suivra une 1ère période de trouble : période intermédiaire (-2400 ; -2000) pouvoir du Pharaon remis en cause, système de royauté multiple, féodalité.
Pendant cette période, l'autorité royale a été ruinée et donc c'est installé une sorte de rivalité entre les grands donc une anarchie.

    2ème période brillante de l'histoire de l'Egypte : moyen empire (-2000 ; -1800). Ce qui caractérise cette époque : le choix de la capital : Thèbes : delta loin de l'autorité centrale, la dynastie importante du moyen empire est la 11ème.  Sous les règnes de quelque très grand Pharaons : Sésostris (environ au moment d'Amourapi) a porté à son apogée l'Egypte du moyen empire. Les gouverneurs des différentes provinces sont une nouveauté (les monarques), sont écrasés et priés d'obéir aux ordres du Pharaons, l'administration est réorganisée, centralisée, toute la population accède à l'égalité religieuse. Cette politique unificatrice s'exprime au moyen empire par la prééminence de 2 dieux qui sont les dieux AMON et RE pour bien marquer cette unification ces 2 dieux vont fusionner sous le nom d'AMONRE pour devenir le dieu (le plus grand) de toute l'Egypte.
Le moyen empire s'effondre et de nouveau à partir de -1800, l'Egypte va subir un éclatement du pouvoir royale et va entrer dans la 2nde période intermédiaire qui durera jusque dans les années -1600. Elle ne peut résister en particulier à l'invasion d'un peuple terrifiant (par le delta) les Hyksos. Il venait vraisemblablement de haute Syrie. Pendant 2 siècles ils dominèrent l'Egypte (se firent couronner, adoptèrent des coutumes) puis ils furent chassés.

    3ème période très brillante, peut-être la plus brillante, -1600 ; -1000, puis la période basse. Le nouvel empire.
Un événement capital dans l'histoire de l'Egypte. Jusqu'à une invasion des Hyksos, l'Egypte avait vécu en vase clos et cet invasion va montrer aux habitants du Nil et aux grands de l'Egypte qu'ils n'étaient pas à l'abris. Donc cette invasion va leur inspirer le désir d'assurer leur sécurité et pour cela ils vont conquérir des glacis protecteur.
L'Egypte sort de son isolement et s'engage dans une politique d'extension en Asie et va être conduite à créer, à instaurer un Empire qui va s'étendre la Syrie, la Palestine et jusqu'au Frath. Cette période a été marquée par le règne de très grands Pharaons : Aménophis 4 (Akenaton), Seti 1er, Ramses 2.
    Ce qui nous importe c'est que l'histoire de l'Egypte à travers ces différentes périodes très brillantes et ses crises, se confond depuis les origines avec l'histoire du roi, du souverain celui qu'on appellera (semble-t-il) à partir seulement du nouvel empire Pharaon (grande maison) : le maître des terres et des hommes. Cette toute puissance du Pharaon découle de son caractère divin ou semi-divin qui confère la pleine légitimité à son autorité et bien évidemment rejailli sur l'exemple de ses fonction.

A : la légitimité royale

Le souverain égyptien se présente comme un personnage relativement ambigu puisqu'il apparaît à la fois comme un dieu ou fils de dieu et aussi comme un prêtre.

1 : dieu ou fils de dieu

Contrairement à la Mésopotamie, le souverain égyptien n'est pas le vicaire ou le représentant de la divinité, Pharaon s''nscrit dès le tout début de l'ancien empire, dans une filiation divine qu'il élève lui-même au rang de divinité et donc renforce d'autant plus la puissance de son autorité.
    
Que lit-on dès les 1ères dynasties : le roi est dit “ dieu, fils d'HORUS, aimé d'AMON et fils de RE ” on le voit cette titulature l'inscrit dans une filiation divine très prestigieuse qui fait du Pharaon un dieu à part entière, à tout le moins l'incarnation du (des) dieu(x) sur terre .
    Le dieu de référence, l'être suprême est le dieu RE c'est à dire le soleil et le soleil dans toute sa pleinitude créatrice. C'est lui dans la cosmogonie égyptienne qui a triomphé du chaos ? c'est à dire du mal et ayant triomphé du chaos, il crée à pâtir des eaux : l'univers.
C'est sur cette univers que le dieu soleil RE veille, qu'il réchauffe, il entretient en permanence la vie des hommes, de tout ce qui vit : sa création.
D'ailleurs les égyptiens rendaient des hommages à travers un certain nombre d'hymnes au soleil l'appelant disque vivant. Le dieu solaire est celui qui chaque matin apparaît triomphalement  mais en revanche chaque soir disparait d'une façon inquiétant et laissant les mortels dans une sorte d'angoisse lancinante, le soleil réapparaîtra le lendemain.

    Par conséquent pour conjurer ce péril qui leur apparaissait imminent, il célébrait dans leur panthéon, les dieux qu'ils appelait HORUSRE et AMONRE, comme autant de forme de manifestation de leur dieu fondateur RE .
Le dieu ou la divinité HORUSRE c'est le soleil qui se lève
Le dieu ou la divinité AMONRE c'est le soleil qui se couche.

    Et Pharaon au fil des siècles incarnera et l'un et l'autre comme d'ailleurs l'atteste une prière qui lui était adressé dès l'ancien empire «  tourne ta face vers moi soleil levant disque étincelant parmi les hommes qui chasse les ténèbres de l'Egypte . »
Course du temps : inexorablement le passage du jour à la nuit, d'une saison à une année, d'une crue à une autre, que le pharaon est censé représenter, incarner dont il est aussi le garant, le responsable devant les dieux et devant les hommes.

    La contre partie de cette filiation extrêmement prestigieuse, le Pharaon doit préserver la pureté du sang solaire qui coule dans ces veines et constitue l'élément essentiel de sa légitimité, c'est donc la raison pour laquelle le Pharaon au moyen et ancien empire devait impérativement épouser sa sœur.
Ce mariage repose fondamentalement sur la constitution de la légitimité du Pharaon. C'est la pureté du sang solaire qui constitue l'élément essentiel de la légitimité du pouvoir duPharaon.
Lors de la 1ère période, cette nécessité est absolue. Les dieux sont associés à des déesses qui sont leur femme et sœur. S'ils n'ont pas de sœur ? pas de réponse.
Sous l'ancien empire cette exigence est absolue, mais on peut émettre une hypothèse : il est possible (car précisément pendant tout l'ancien empire)  queles Pharaons aient eu des sœurs ce que nous voyons traduits donc dans les textes ; cette exigence, on l'explique donc à posteriori comme quelque chose qui s'est  produit. Mais on s'aperçoit que cette exigence absolue commence à partir du moyen empire et dans le nouvel empire va être atténuée, il est possible que si la reine en titre n'ait pas eu de fille, que la fille de la concubine serve de substitue.

    A partir du nouvel empire, l'idée domine que se sont les femmes qui transmettent la légitimité du pouvoir. Il n'est pas sûr que le caractère fondamentalement divin du souverain et la toute puissance qui en découle en aient été véritablement renforcés. Il est à côté du dieu solaire RE une autre divinité, a laquelle Pharaon va emprunter l'histoire de cette divinité fondamental en Egypte, qui est inséparable de l'histoire de l'Egypte elle-même.
Et cette divinité est le dieu OSIRIS, autour duquel s'est forgé un des mythes les plus fondateurs et qui permet de comprendre et d'expliquer toute l'idéologie royale chez les égyptiens. Selon le mythe d'OSIRIS, il existait, il y a très longtemps, quand les dieux vivaient sur la terre avec les hommes ; parmi ces dieux il en était un Osiris. Celui-ci est le modèle par excellence de ce que l'on appelle le bon roi, il a enseigné à son peuple, l'écriture, l'agriculture, l'architecture et la loi.
Tout ce qui fait la force, la puissance et le rayonnement de toute l'Egypte antique. Autant de qualité ne pouvait que susciter des jalousie. Est devenu jaloux de son frère le dieu SETH. Il va conspirer pour s'emparer du trône de son frère. Il va monter une scène affreuse et macabre ; il va profiter d'un repas entre les dieux, il va mesurer le corps d'OSIRIS, il va faire fabriquer un coffret et va au milieu du festin apporter le coffret et proposer à tous les convives de s'allonger dedans et seul OSIRIS pourra s'y allonger et SETH ferme le coffret et le jette dans le Nil. LA femme d'OSIRIS (sa sœur ISIS) va partir à la recherche de son mari, elle sera aidé par le grand dieu RE, mais elle va arriver trop tard car SETH aura retrouver le corps d'OSIRIS et va couper en morceaux et disperser les morceaux partout. ISIS va rechercher les morceaux de son mari, elle retrouve tous les morceaux et reconstitue le corps, elle entoure le corps de bandelettes, elle parvient à lui redonner la vie, elle le transporte dans l'au-delà et fait de lui le roi des morts. OSIRIS meurt mais revit d'une vie qui n'est plus celle d'avant. Du temps où il vivait sur terre comme un mortel.
     Donc à partir de là Osiris est prémuni contre la vieillesse et contre la mort, il atteint à l'éternité et il va être celui qui répandra sur toute l'Egypte tout ses bienfait. Après la vie, il y a une autre vie qui continue de la même façon que sur terre avec des potentialité que l'on ne trouve pas ici bas. Ce mythe comprend toute la symbolique que la métaphysique, la morale et la religion et toute l'expression de droit et de la justice.

    Lui aussi Pharaon se voulait immortel et on constate à la lecture de tout les textes, sous l'ancien empire, Pharaon est le seul à bénéficier de cette immense privilège : accéder à l'immortalité.
Il est vrai que selon son bon plaisir, il en a fait profiter quelques uns, on a pu observer notamment dans les sépultures royales seulement quelques personnse avaient bénéficier de ces rites funéraires, les autres (vulgus pecom) étaient abandonnés dans le désert, étendu sur le sol sans être momifiés.

    Pharaon apparaît de son vivant comme une personne divine sinon un dieu proprement dit du moins comme un être divinisé et qui fait l'objet d'un culte, d'ailleurs lors de son couronnement, intronisation, le Pharaon reçoit des insignes qui sont symboliques à la fois de sa fonction et de son autorité. D'ailleurs se sont les mêmes insignes avec lesquels les dieux sont représentés, se sont la double couronne : haute (blanche) et basse (rouge) Egypte : le pschent.

Le Pharaon est souvent appelé le seigneur de la double couronne, celle-ci est orné d'une pierre précieuse, un cobra, qui est chargé de repousser les ennemis de l'Egypte et toutes les forces du mal. Ce que pharaon reçoit aussi ,c'est le sceptre et un fouet qui sont les symboles de son pouvoir de commandement. Le Pharaon porte la barbe, c'est la marque du divin.

    L'accès à la vie éternelle (immortalité) qui n'était réservé qu'au Pharaon va être accordé à tous les égyptiens, à condition de rendre compte de leur action sur terre. Il apparaît aussi que Pharaon à partir du début du moyen empire, quelque soit son caractère divin,a lui aussi des comptes à rendre au dieu Osiris, de la façon et de la manière dont il a réalisé ce qu'il devait au dieu. Pharaon n'est pas seulement un dieu, mais aussi un prêtre, de ce fait il doit s'acquitter en tant que prêtre, d'un certain nombre de devoir à l'égard de dieu.

2 : pharaon dieu et prêtre

Il faut toujours repartir du fonctionnement de l'idéologie royale.
    Roi divin : le Pharaon est le prêtre par excellence en raison de sa filiation divine. Il doit donc rendre à ces ancêtre les dieux, ce qui leur revient et le culte qu'il leur rendra renforcera d'autant la légitimité du pouvoir de Pharaon. Le Pharaon est le grand prêtre dont le reste du clergé ne devait être que des auxiliaires (du roi dieu, grand prêtre).

    C'est en qualité de prêtre que Pharaon doit faire construire des temples qui sont grandiose, à la mesure de cette toute puissance et immortalité, l'architecture est au service de cette royauté (OSIRIS leur appris) les temples sont fabuleux car à la fois il représentent la maison des dieux, mais sont aussi à l'image de l'univers. Chaque jour des offrandes sont offertes, un culte est rendue de manière à ce que rien ne viennent troubler l'ordre du monde. Raison pour laquelle les temples sont tous bâtis sur le même modèle (identique, unique) car l'architecture est au service de la conception divine de l'univers.
    Ainsi il y a une allée qui est bordée de petits sphinx protecteurs qui conduits au temple, à l'édifice principal et un immense pilonne précédé d'une paire d'obélisque, marque la porte. Le pilonne est énorme alors que la porte est toute petite. Le temple représente l'univers et reproduit la hiérarchie sociale en Egypte. Seules peuvent avoir accès au temple, les grands du royaume, les prêtre et le Pharaon. La raison pour un énorme pilonne et une petite porte. Une fois que l'on a pénétré dans le temple, les nobles n'ont pas le droit d'aller dans les autre salles et le sanctuaire où se trouve la statut du dieu ( appelé aussi appartement du dieu). Du pilonne au sanctuaire, le sol s'élève car il représente l'univers. Le sol s'élève comme la terre dans le mythe fondateur où la terre émerge des eaux au moment de la création du monde, le plafond du temple est parsemé d'étoile : voûte céleste.
Alors que le sol s'élève le plafond baisse celui-ci est soutenu par des colonnes en forme de lotus ou papyrus qui évoquent la végétation de haute et basse Egypte et la réunion sous l'unique autorité religieuse du roi prêtre de la haute et basse Egypte. Au fur et à mesure que le Pharaon va vers le sanctuaire la lumière est de plus en plus diffuse et le Pharaon rendra le culte au dieu à partir du moment où il est dans le sanctuaire.

    Le Pharaon va lui restituer ses insignes : le sceptre, le fouet.
Pharaon ne peut assurer dans tous les temples au quotidien qu'il doit au dieu, il est obligeé de déléguer ses pouvoirs à des substitues spécialisés : le clergé. En Egypte : l'existence de ce clergé repose sur une délégation des pouvoirs royaux, pouvoirs qui eux appartiennent à la fonction religieuse du Pharaon. En Egypte les prêtres sont remplaçant du roi et n'ont pas de pouvoir propres, car seul le roi est prêtre, donc à ce titre il est le seul garant de l'univers. Par conséquent chaque jour quand le Pharaon vient rendre son culte au dieu, le temple s'anime, ce qui est la reproduction de cet ordre cosmique où les dieux manifestent leur reconnaissance au roi et aussi répendre sur l'Egypte et les égyptiens leur bienfait (comme en Mésopotamie). Chaque jour à travers le service du culte, le pouvoir divin du roi est confirmé, par conséquent sa légitimité est renforcé chaque jour à la fois au regard des dieux et des hommes. Cette une légitimité de roi et de prêtre : roi-prêtre qui est le médiateur, intercesseur unique. Il est le seul a pouvoir établir le lien entre le divin et l'humain.

B : la fonction royale

    En Egypte, on peut à peu près tout ramener au mythe d'Osiris, le modèle royal que représente le dieu Osiris, c'est avec lui que ,et par rapport à ce que représente le dieu roi OSIRIS, le jour venu Pharaon aura à rendre compte de son gouvernement.
    Cela signifie là encore que la fonction royale est ordonnée à une finalité supérieure et que son action s'inscrit dans la bonne marche, beaucoup plus générale de l'univers, pour que d'abords et avant tout triomphe l'ordre des dieux, l'ordre voulu par les dieux.

     De fait si sous l'ancien empire et le moyen empire, l'Egypte a connu une politique essentiellement défensive, destinée à préserver le pays et les hommes, des menaces, une fois chassés les envahisseurs, les Pharaons dans le nouvel empire vont le lancer dans une politique de conquête (extension territoriale) et ils vont d'ailleurs utiliser certains apports techniques et en particuliers le cheval, ce qui leur conférera une supériorité sur les pays qu'ils veulent vaincre.
    Ainsi les égyptiens ont pu se tailler un empire qui était aux dimensions d'un pouvoir, qui se voulait un pouvoir universelle conformément à la représentation du pouvoir du Pharaon en Egypte. On ne peut pas dire que c'est dans cette politique que réside l'essentielle de la fonction royale, telle qu'elle est exprimée dans les temples ou manuscrits.

    La fonction 1ère est de veiller sur la paix et la prospérité du peuple égyptien et d'y veiller en répercutant sur celui-ci les biens fait des dieux et aussi, voir surtout, en assurant à chacun la part de D et de justice qui lui revient à la fois pendant sa vie sur terre mais aussi dans l'au-delà. Donc Pharaon est à la fois ce que l'on pourrait appeler le grand nourricier et le grand justicier.

1 : le grand nourricier

    Le point le plus important est que c'est le Nil qui fait réaliser, est à l'origine de l'unité naturelle de l'Egypte, donc c'est au Nil que l'Egypte doit son existence, une existence qui serait restée virtuelle si, très tôt, n'avait pas été réalisé l'unité politique qui a conduit à soumettre sous l'autorité d'un seul (Pharaon) les 2 régions et unité politique qui marque les débuts d'une royauté unitaire, d'une monarchie unitaire. Ainsi l'unification politique était le seule réponse au bon fonctionnement de l'agriculture, d'une économie agraire qui ne pouvait laisser place à l'initiative privée.
Quand on réfléchit : comment peut on envisager que chaque égyptien au gré de ses besoins, caprices, puissent s'approprier certaines terres : inenvisageable en Egypte ?
Comment certains puissent détourner une partie des eaux ?

    Très tôt, pour toute ses raisons, l'individus a été obligé par la force de la nature d'être au service du groupe, par conséquent tous ont dû accepter que l'économie agraire fut organisée, planifiée et dirigée par un seul : Pharaon.
Mais à partir de là, il revenait à Pharaon en retour d'assurer l'ordre économique ? c'est à dire la prospérité et la fertilité. De fait ce dirigisme économique qui s'étend à tous les domaines de la vie agricole est lié par essence, au monopole qu'a le roi sur tout le sol égyptien.
    Si donc Pharaon apparaît comme le maître de tout pays, le seigneur de ce vaste domaine, voir comme le propriétaire  des terres d'Egypte, il ne faut en revanche en aucun cas voir en cette domination et en cette appropriation absolue un droit abusif qu'exercerait le souverain. Bien au contraire il faut voir dans cette domination et appropriation absolue, l'expression d'un devoir car il revient exclusivement et totalement à Pharaon de faire fructifier les sols, de préserver le fonctionnement naturel de l'écoulement des eaux, il lui revient aussi d'assurer à chacun sa part de récoltes, de contrôler la gestion et la bonne organisation des greniers royaux. C'est la raison pour laquelle par un ensemble de geste et de rite très précis, le roi égyptien s'appropriait la maîtrise de la crue du Nil
    .
    Le Nil et Pharaon se confondaient en un seul dieu bienfaiteur et derrière ce dieu Pharaon-Nil, se profilait la figure du dieu OSIRIS (le dieu des puissances de la terre). A ce moment Pharaon devenait OSIRIS et apparaissait aux yeux de son peuple comme l'incarnation mais aussi comme la personnification de cette végétation à laquelle il redonnait la vie. Le berger à la fois guide et protecteur du troupeau, le berger roi qui avait assurer la fertilité des champs et le bonheur du peuple.

    Mais si cette vision, cette représentation est un peu idyllique, elle est en tout cas conforme au niveau où les égyptiens situaient et leur pensées et leurs actions. Au niveau du mythe et de la réalité tant en Egypte et l'influence de l'un sur l'autre sont très fort, très puissant. Ainsi donc, comme le roi mésopotamien, le roi égyptien méritait alors de tenir dans sa main le sceptre et le fouet, méritait d'avoir été désigné roi puisque en Egypte c'était du choix du bon souverain que dépendait la prospérité : par exemple de l'enseignement d'un roi de la 18ème dynastie (nouvel empire) à son fils “ fait prospérer ton peuple et tant que durera sur la terre accompli la justice ”, on ne peut mieux souligner le lien entre fertilité et justice.

2 : le grand justicier

La justice est étroitement liée à la morale tant à l'égards de son peuple que du peuple soumis.

a : l'expression de la justice à l'égards des égyptiens

    Cette représentation du roi justicier se retrouve à travers toutes les époques, aussi à travers les textes, très clairs et qui désignentla fonction législative de Pharaon comme un de ses devoirs essentiels et qui désigne donc le souverain égyptien comme le législateur suprême, comme celui qui dit le D. Pour autant et comme précédemment dans le cadre de sa fonction de nourricier, cette puissance royale n'est pas source d'arbitraire.
    La loi n'est en aucun cas l'expression de la volonté personnel de Pharaon...La loi doit être conforme à 2 principes fondamentaux : à la justice et à la vérité. Quand le roi-législateur dit le D, c'est pour faire régner la justice, cette obligation juridique très ancienne, que l'on retrouve dès -3200 av JC, découle une fois de plus du fait que le roi est à la fois dieu et fils de dieu. L'idée en Egypte est apparue très tôt en raison justement de sa filiation divine, l'ensemble du cosmos, de l'univers c'est à dire l'ensemble des terres et des hommes sont juridiquement directement soumis au souverain absolu : Pharaon. Donc Pharaon doit prolonger par la parole législative sur terre l'œuvre divine et il doit maintenir cet ordre universel dont les dieux sont les investigateurs.

    Or la divinité (une femme) qui représente cet ordre universel, qui est la fille du dieu solaire RE : Mâat, est le principe même, l'essence de la vérité et de la justice, c'est par conséquent sur cette déesse principe de vérité et de justice, que repose toutes les conceptions morales et philosophiques qui se sont établies en Egypte dès l'ancien empire et qui s'est poursuivi .
    Mâat symbolise cet ordre universel dont les égyptiens étaient conscient dans la fragilité (menace de force mauvaise) et donc l'équilibre qu'il fallait maintenir pour éviter le chaos .
Les égyptiens disaient que l'équilibre ne se réalise, ne s'obtient que par l'obéissance à Mâat, lui obéir c'est obéir à la justice et à la vérité . L'équilibre cosmique, mais aussi et surtout l'équilibre social, c'est la justice et la vérité . C'est pourquoi Pharaon doit s'appuyer sur Mâat qui est la norme vers laquelle le roi législateur doit marcher. Ce qui explique que la loi en Egypte doit être toujours conforme à la justice et à la vérité ; à la justice sociale et à la vérité morale, tel est le D pour les égyptiens.

    On  ne peut qu'être frappé par une originalité, c'est de voir le soucis de protéger l'individus, homme ou femme, et de garantir à ces individus ,en tant que tel, des D dans leur relation avec autrui. De la même façon on peut citer de très grands Pharaons législateurs (en particulier au nouvel empire) qui ainsi qu'ils l'ont dit, on fait adopter des mesures, des réformes en vue d'améliorer le sort, les conditions de vie des sujets. Donc il apparaît très clairement en Egypte que la fonction législative du roi s'inscrit dans un ensemble de règles, de normes supérieures à des normes normales et religieuses que Pharaon est tenu d'observer.
    Par conséquent ces limites institutionnelles prouvent (avec certitude au moyen et nouvel empire) que l'on est bien dans ce que l'on peut appeler un régime de D qui garantie à chacun sa part de justice et de bonheur, de bien être ici-bas et dans l'au-delà car le roi doit à tous le bonheur après la mort. Mais ce bonheur ne s'obtient pas facilement, il se mérite et s'obtient à condition pour chacun et avant tout pour le Pharaon, de respecter le D indissociable en Egypte de l'existence de la justice, celle-ci est une exigence morale. Nous sommes ramenés au débat éternel entre D et morale, de très nombreux auteurs ont dégagé les différences entre règles de D et règles morales, ces différences, on peut les ramener à 4 propositions possible :
    *La règle de droit est un instrument de réalisation du bien personnel, en revanche la règle morale n'a pas de fonction instrumentale.
    *La règle de droit a pour mesure le bien public dans tous les domaines de l'ordre temporel, en revanche la règle morale exprime le bien et le mal par référence à la vocation de l'homme individuel et par référence à l'accomplissement de ces fins naturels.
    *La règle de droit, pour être applicable, doit être assujettie à une technique de formulation alors que la règle morale n'a pas besoin de sources formelles.
    *La transgression de la règle de droit implique une sanction extérieure (autorité) en revanche la règle morale n'en implique pas, sauf sanction intérieure.

    Ces 4 proposition résument ce que avance aujourd'hui un certain nombre d'auteurs et de juristes , mais tout les modernes ne sont pas d'accords avec cette distorsion quasi absolu entre règle de D et règle morale.
    Si on s'en tient à une définition stricte de la règle de D, les propositions sont beaucoup plus catégoriques et rejettent cette séparation absolue entre le D et la morale car la morale n'est pas uniquement affaire individuelle et car le D est indissociable d'une exigence de justice et que cette exigence est morale. On peut s'appuyer sur une phrase “ il n'y a en réalité, entre la morale et le règle de droit, aucune différence de domaine, de nature, de but. Il n'y a qu'une différence de caractères écrits ” Georges Rippert
Michel Villey “ tout ce qui prétend diriger la conduite humaine et donc dicter à l'homme des actes absolument obligatoires, tout ceci est par définition morale ”.

    Le défunt va être conduit devant le symbole de la justice (balance) sur un des plateaux, on pose le cœur du défunt (Pharaon) et sur l'autre plateau on pose une plume, celle-ci étant le symbole de Mâat et quand le cœur et la plume sont posées, le défunt doit prononcer des paroles : la confession négative, cette confession consiste de la part du défunt à dire qu'il n'a pas commis un certain nombre d'acte, il doit dire “ je t'apporte (à Osiris) le bien et j'ai arrêté le mal, je n'ai pas commis l'iniquité contre les hommes, je n'ai pas blasphémé dieu, je n'ai pas affamé, je n'ai pas retenu l'eau, je n'ai pas menti, je n'ai pas tuer… ” il termine par “ je suis pur “ qu'il doit dire 10 fois.
    Après ces aveux, les dieux qui entourent OSIRIS vont inspecter ce qui se trouve sur les plateaux de la balance, si le cœur (siège de la conscience) est aussi léger que la plume (représentation de la justice et de la vérité), le Pharaon est alors reçu au royaume des morts et accède à la vie éternelle. Très souvent l'accession à la vie éternelle était assorti d'une phrase qui résume la fonction du roi «  celui qui a pratiquer la justice, quand il était sur terre est appelé au séjour de la joie du monde , palais où l'on vit de justice. »
Se sont ces mêmes idées qui infléchissent les rapports, les relations que le Pharaon va établir avec les peuples que l'on a soumis.

b :la conception impériale de la justice en Egypte

   Il a fallu l'invasion des hyksos pour que les Pharaons prennent conscience de la nécessité d'assurer la sécurité de leur état.
Ils vont abandonner la politique de l'ancien et du moyen empire (politique défensive).
A partir de -1550 les rois égyptiens vont s'engager dans une politique extension, cette politique donnera naissance à un empire dont l'apogée sera la 19ème dynastie, il y aura compris dans cette empire en partie la Palestine, le Frath...

   Cette politique est aussi la conséquence de certaines conceptions que nous venons de voir, en effet puisque Pharaon est le créateur et le maître du monde, propriétaire de tout, il est donc logique, naturel qu'il soit porté a affirmer et a exercer une domination qui se veut universelle, en tout cas sa domination universelle.
   Pour autant il ne pouvait être question de traiter soit brutalement, soit injustement les populations conquisent. De ce fait Pharaon reste fidèle à la mission divine qui lui a été assignée de faire régner la justice et le D. Ce qui est intéressant est que cette attitude vis à vis des peuples vaincus, n'est pas rapporté que par des textes égyptiens (ex :les textes des pays soumis).

   Nouvel empire : il est vrai que tout les peuples vaincus deviennent les sujets du roi égyptien et donc à ce titre bénéficient des mêmes protections et des mêmes D accordés aux égyptiens.
De la même façon, les Pharaons dans leurs relations avec les provinces conquisent, manifestent un certain libéralisme. Il manifestent aussi un certain, voir un grand respect d'autonomie qu'ils accordent aux populations et aux pays conquis.
   Certain de ces principes se retrouvent dans les relations que l'Egypte établie avec les autre grands états  de l'époque. Ce qui montre que l'Egypte avait su dégager une certaine idée des relations internationales, pour cela la documentation est importante. Beaucoup d'archives royales attestent de cette ampleur, de cette importance que l'Egypte avait entretenu (babylonie, syrie, hittite) ex : nous avons une lettre dans laquelle le roi de Babylone traite de mariage et d'affaire avec un Pharaon : Aménophis 3 : le roi de Babylone demande au Pharaon Amenophis 3 “ envoies moi une belle femme...et pour l'or à propos de quoi je t'écris, envoie moi encore de l'or. si tu m'envoies de l'or pour l'été, je te donnerai ma fille. ”
Des échanges diplomatiques entre les souverains des grands états : une lettre envoyée au successeur d'Aménophis 3 = Aménophis 4 (Akénaton) du roi hittite, il le félicitait d'être devenu roi : “ maintenant mon frère, tu es sur le trône de ton père et de même que nous faisions échange de cadeaux avec ton père, nous devons être d'excellents amis ”. A chaque changement de souverains sont poursuivies les relations diplomatiques.
On ne peut donc mieux souligner le rôle très important de Pharaon et le rôle pacifique des relations entre Etats.

   Traité qui a mis fin à la guerre ayant opposée l'Egypte dirigé par le Pharaon Ramses 2 et le royaume Hittite dirigé par le roi Hattousil 3. Ce texte est fondamental , c'est d'abord un document de 1ère ordre car nous possédons les 2 versions, l'un rédigé en égyptien et l'autre en akkadiens. Ce traité de paix a été gravé sur les parois du temple de Karnak et sur des tablettes hittites. Ce traité dit “ sous la protection et le regard de leur dieu respectif, les 2 grands états rédigent obligatoirement par écrit et signent les 2 textes qu'ensuite leur chancellerie respective expédie à chacune des parties.
Les 2 textes posent un certain nombre de règles qui sont celles qui régissent les rapports entre des Etats : par ex : sont très détaillées les règles qui vont s'appliquer aux égyptiens et aux habitants du royaume hittite (les ressortissants des 2 pays). Un passage important dit : “ si un homme fuit l'Egypte et qu'il vienne chez le grand chef hittite, le grand chef hittite le fera ramener au régent d'Egypte mais sa faute ne lui sera reprochée ”.
Cette règle pose très clairement la question de la protection des individus et introduit une notion qui est la clause d'extradition. De la même façon d'une autre partie du texte ressort un principe fondamental du D national : inviolabilité du territoire, celui-ci est limité par des frontières cadre des compétences pleinières d'un Etat souverain. il est dit “ le grand chef hittite ne pénétrera jamais dans le pays d'Egypte et le roi de la haute et basse Egypte ne pénétrera jamais dans le pays hittite. ” souveraineté nationale non ingérence, non inviolabilité des Etats. Une autre grande idée qui est : le traité institue entre l'Egypte et le royaume hittite ce que nous appellerions un pacte d'alliance, pacte d'assistance mutuel. De fait le traité comprend une clause en cas d'agression contre l'une ou l'autre partie où il est dit « si quelques ennemis viennent dans le royaume et si le grand roi du pays hittite m'envoie dire vient à moi pour m'aider alors le grand roi d'Egypte enverra ses soldats et ses chars (et l'inverse est vrai). »

   Ce que l'on peut dire : de traité de paix et d'assistance mutuelle est (dans l'état actuel des découvertes faites) l'un des plus anciens instruments diplomatiques connus. Il établi et inaugure une grande période, une grande ère de paix qui allait marquer le monde oriental antique : l'hégémonie des 2 Etats.
Il est donc une amorce, une ébauche de ce que l'on pourrait appeler un droit international qui fixe le D des personnes, le droit du territoire, le droit des Etats; ce traité s'inscrit dans la conception de la justice, qu'avait les Pharaons qui infligeait vers une certaine morale les relations entre les Etats (et pas seulement entre les personnes).

   Cette histoire de l'Egypte (ses institutions) est inséparable de celle du peuple hébreux puisque les hébreux ont trouvé refuge en Egypte y ont passé entre 3 et 4 siècle sous l'autorité du Pharaon. Néanmoins si les hébreux se sont, à l'évidence, inspirer des grandes royautés mésopotamiennes, il n'est pas évident de voir précisément ce qu'ils ont pu emprunter à l'Egypte sinon une part de leur propre histoire.

§3 : les hébreux

   Leur histoire est connu à travers la bible, mais ce sont les 5 1er livre de l'ancien testament et pour les hébreux ces 5 livres forment la Thora (loi) ou pentateuque : genèse, exode, le lévitique (code sacerdotal), les nombres, le deutéronome (2nde loi, loi civile et religieuse).
    Cette Thora est le livre fondateur et le fruit de rédactions successives dont, semble-t-il, les plus anciennes remonteraient au 10ème siècle av JC et les dernières du 1er siècle av JC.

   Ces 5 livres vont nous servir à retracer les pérégrinations du peuple hébreux depuis la Chaldée jusque en terre promise (Canaan) ou le peuple hébreux pourra s'installer . Mais ces textes nous racontent l'histoire de ce peuple particulier qui se veut le peuple élu, allié d'un dieu unique qui s'appelle Yahvé. Et la 1ère image des hébreux est celle d'une population nomade, idolâtre, errant dans le désert, descendant d'un lointain patriarche (Noé) et dont le peuple semble avoir un peu oublié qu'il fut le protégé de Yahvé.

   Vers -1750 av JC (Amourapi en Mésopotamie) on sait que le patriarche Abraham quitta la Chaldée (la ville d'Ur) sur l'investigation de Dieu, lui et sa famille, après avoir séjournés longtemps au pays d'Harran, Abraham quitte le pays d'Harran poursuit son voyage le long du croissant fertile et arrive au pays de Canaan.
Pendant un certain temps les hébreux vont mener une vie de pasteur nomade sous la direction des patriarches (le grand ancêtre du peuple d'Israël et le chef de famille, du clan, de la tribu) : Abraham, Isaac son fils, Jacob qui reçu le nom d'Israël ( fort devant dieu), lui transmettra la descendance à l'origine des 12 tribus d'Israël (12 fils). Certaines tribus vivant du fruit du pastorat vont quitter le pays de Canaan pour aller en Egypte. Cette émigration se fait à l'époque de la domination hyksos. Joseph près avoir été esclave deviendra le ministre du Pharaon (vizir) et fera venir en Egypte ses onze frères et leur famille. ils se multiplièrent et devinrent nombreux. Les Yksos seront chassés d'Egypte par les Pharaons, inaugurant le nouvel empire. A partir du moment où l'Egypte sera de nouveau gouverner par des Pharaon égyptiens, alors le sort des hébreux va se dégrader.
   Selon la Bible ils sont réduit en esclavage, se produit un évènement : sous la conduite inspirée de Moïse , les hébreux s'enfuirent d'Egypte.
Après des combats et péripéties, les hébreux arrivent en vue de la terre promise. La bible nous dit que leur installation ne se fit pas sans lutte très longues, confuses contre les populations alentours que se soient les autochtone de Canaan, les philistins, ou les égyptiens. Dans ces moments très durs, les hébreux s'unissent autour de chef militaires que l'on appellent juges et à cet occasion ils prennent conscience de leur force et de leur unité. Mais l'organisation des hébreux en tribu semblait mal adaptée à la lutte d'une part et aussi à un nouveau genre de vie : la sédentarisation , ainsi donc après beaucoup d'hésitation, les hébreux se donnent un roi, c'est alors que le dernier des juges et prophète (Samuel), c'est à lui que revient de désigner  le 1er roi d'Israël : Saül.
   Il sera sacré au nom de Dieu (Yahvé) dans les années -1444 av JC. Puis 2 rois vont lui succéder : David qui régnera de -1004 à -965 et Salomon. Ces 2 règnes sont les plus brillants du peuple hébreux car ils sont unitaires. Mais à la mort du roi Salomon en -950 av JC, l'unité qui avait marquée l'avènement de la royauté hébraïque se brise en 2 morceaux. Sur les ruines apparaissent au nord le royaume Israël et au sud le royaume de Judas. Qui très vite vont devenir ennemis, se font la guerre, s'affaiblissent et parviennent à un tel point de faiblesse qu'il en deviennent la proie de puissance extérieures.
Le royaume d'Israël en -700 tombera sous la domination des assyriens et en -587, le royaume de Judas tombera sous la domination du roi de Babylone : Nabuchodonosor.

   L'histoire telle qu'elle nous est racontée dans les textes sacrés, c'est d'abords des thèmes récurants : l'alliance associé à cet autre thème : le peuple élu de dieu. Alliance et peuple élu de dieu gouvernèrent toute la conduite religieuse, sociale politique des anciens hébreux. Le fait que compte tenu de leur rapport privilégié avec Yahvé, les formes de gouvernements que les anciens hébreux pouvaiet se donner et sous lequel ils vivaien,t n'avaient qu'une importance relative.

A : alliance et peuple de Dieu

   Toute la tradition biblique représente Yahvé comme Dieu unique, un Dieu jaloux, un Dieu qu'on ne doit pas représenter par des statuts, qui se révèle : il le fait sous la forme d'un buisson ardent : exode où Dieu dit “ moi je suis Yahvé ton Dieu et tu n'auras point d'autres Dieux que moi, tu ne feras point de statust, tu ne te prosterneras pas devant elle, je suis un  Dieu jaloux ”.

   Si donc certain traits de la religion d'Israël se retrouve dans d'autre religion orientale, ex : obéissance absolue à une volonté divine, la religion d'Israël ne ressemble à aucune autre religion de cette époque. Elle affirme d'abords le monothéisme absolu : Yahvé existe et c'est suffisant.
   Monothéisme total d'un Dieu qu,i lui, a choisit, a élu son peuple et avec lequel il a conclu une alliance. Toute l'histoire des hébreux repose sur cette alliance.

   Le thème de l'alliance apparaît une 1ère fois quand Dieu s'adresse à Noé et à ses fils, Dieu dit “ je vais établir mon alliance avec vous, avec votre descendance et avec tous les êtres vivants qui sont avec votre descendance “ , dieu met donc son arche dans la nuée pour se souvenir de cette alliance perpétuelle entre lui et les êtres vivants. Donc dans cette 1ère alliance apparaît l'idée que Dieu exclu tous ceux qui ne font pas parti de le descendance de Noé, apparaît aussi le thème du dieu guerrier qui protège les êtres vivants.
   Cette 1ère alliance est renouvelée avec Abraham quand Dieu dit “ quitte ton pays pour le pays que je t'indiquerai, je ferai de toi un grand peuple et j'instituerai mon alliance entre toi et moi, et ta race après toi ”. Ainsi donc Dieu dit à Abraham qui lui donnera une descendance et une terre. Cette alliance qui renouvelle celle de Noé, doit être marquée par le signe de la circoncision. Dieu dit “ tout mâle qui n'aura pas été circoncit celui-ci sera retranché d'entre les siens ” et Dieu ajoute-t-il “ il aura rompu une alliance.
Donc cette 2nde alliance conclue entre Dieu qui est le dieu de l'élection et qui aura élu Abraham comporte la différence de la 1ère.

   Une dimension supplémentaire de promesse de vie : c'est à dire promesse d'une descendance et d'une terre sur laquelle cette descendance pourra vivre et le circoncision est le sceau de cette alliance, le signe tout autant de la condition, de l'appartenance au peuple de dieu.
       
Cette alliance fut renouvellée une 3ème fois avec Moïse, c'est alors que Yahvé se présente comme le Dieu d'un seul peuple unique et dit à Moïse “ je suis Yahvé ton Dieu désormais Yahvé est le Dieu d'Israël et Israël est le peuple de Yahvé ”. Dès lors cette alliance implique un engagement mutuel, Dieu l'éterne,l protège et guide son peuple et, en contre-parti, ce peuple élu de Dieu, doit obéir aux volontés de Yahvé, aux commandements, aux lois qu'il a dicté à Moïse : les 10 commandements, le décalogue.
   L'alliance promise à Abraham fut-elle avec Moïse définitivement sceller entre Dieu et le peuple élu.. Mais à la différence des promesses faites à Abraham, Dieu promet non plus un espoir de terre mais il promet une terre précise, réelle : le pays de Canaan. Yahvé encourage son peuple à combattre à exterminer les ennemis de Canaans ; apparaissant sous les traits d'un dieu guerrier, mais qui combat pour Israël et lui donne la victoire.
Ainsi donc ces 2 thèmes dominent toute l'histoire du peuple hébreux, un peuple en marche et aux destiné sà la fois particulière et spécifique. C'est dans le cadre de cette alliance très privilégière qu'il convient d'examiner les formes successives de gouvernement.

B : forme de gouvernement

En effet la fidélité à Dieu, la fidélité à sa loi, la fidélité à l'alliance demeure, en principe, la donné à la fois intangible et immuable qui préside (en principe) à l'organisation politique que se donne les hébreux.

Les 3 fondements : dieu, alliance, la loi.
Ce que l'on constate c'est qu'il y a eu une évolution et celle-ci faîie en fonction du mode de vie et d'évolution qui retrace au fond l'histoire des hébreux. Celle d'un peuple nomade puis semi-nomade où va dominer une forme d'organisation qui est celle en tribu et qui quand ce peuple se fixe, alors va finir par se donner un et des rois.

2 étapes correspondantes à 2 grandes périodes de l'histoire de ce peuple: le temps des tribus et le temps des rois.

1: le temps des tribus

   C'est le livre de la Genèse qui nous relate le mieux possible ce type de régime sous lequel vivait les hébreux du temps où il était pasteur nomade. Cette forme d'organisation de régime était celle qui correspondait à leur vie de l'époque. Les hébreux sont constitués en tribu, une tribu est un groupe d'individu qui tous un ancêtre commun (réelle ou mythique) et qui comprend la famille au sens le plus large du terme (parents, enfant, animaux). chaque tribu est placée sous l'autorité d'un chef, celui-ci porte le nom de patriarche et précisément car il est le chef de la tribu, il exerce une autorité absolue (on y intègre le D de vie et de mort) sur les biens et les personnes car ce patriarche est tout à la fois juge, prêtre et chef de guerre.
Il lui revient aussi le D de désigner son successeur et il le désigne sous la forme d'une bénédiction qui est le 1er signe quasi  divin de transmission de pouvoir. La décision du patriarche est sans appel. Jacob va bénir Isaac qui deviendra chef de tribu, puis un patriarche, c'est ce régime que nous rapporte les textes sacrés, les récits qui relatent la vie d'Abraham, Isaac, Jacob. Un régime sans étape ce qui ne signifie pas un régime sans D.

   En ce qui concerne cette 1ère forme d'organisation qui a marquée le 1er temps de l'histoire des hébreux. C'est un régime sans Etat mais pas sans D, chaque tribu gardait son autonomie , gèrait ses propres affaires: économique , politique...Chaque tribu assurait son propre ordre intérieur et extérieur: Société sans Etat régie par un D: le décalogue.
Le régime appelé régime patriarcal des tribus, allait s'affaiblir puis totalement disparaître à partir du moment où les hébreux allait s'installer en terre promise, à partir du moment où les hébreux faisaient les 1er pas vers la sédentarisation et apparaissent des structures politiques plus élaborés que le régime des tribus.
    On s'aperçoit que les tribus vont mettre en place un autre système que l'on appelle le système de la confédération des tribus. En fait  une alliance est conclue, sceller entre les différents groupes, tribus (12), c'est donc cette alliance qui fonde, jette les bases de la confédération des tribus que certaines histoires appellent la ligue israélite.
   On s'aperçoit que cette alliance  leur permet surtout de se rassembler autour de la reconnaissance de Dieu, de Yahvé comme dieu unique d'un seul peuple. Il se réfère à un même D coutumier, et ce D coutumier correspond au décalogue primitif. Cette alliance conclue entre les tribus leur permet aussi de marquer leur propres unités, unité de nom pour l'ensemble de ces tribus sous le nom d'Israël. Il s'agit surtout quand on analyse ce régime de confédération des tribus, d'une unité religieuse et nationale puisqu'il ne s'agit pas encore d'un état.

   Alors même que ces tribus sont unies, chacune conserve sa propre autonomie, d'ailleurs on s'aperçoit que l'autorité de ces tribus semble avoir reposée entre les mains des anciens qui agissent en général en conseil (assemblée) et qui semble-t-il, délibéraient sur les affaires les plus importantes et parfois il arrivait que cette organisation politique assez lâche  qui est la confédération des tribus face à un danger, ait laisser place à la désignation provisoire d'un chef unique pour conduire la guerre.
   Ces chefs de guerre (provisoire), ils leur arrivaient parfois aussi d'exercer des attributions juridictionnelles mais ils restaient, d'abords et avant tout, ce pour quoi ils avaient été désignés: des chefs militaires, des juges. Les juges ont joué un rôle politique et militaire voir un rôle juridictionnel extrêmement restreint, limité car leur autorité dans la plupart des cas ne s'exerçait que sur une seule région, une petite partie du pays de Canaan, ou même que sur une seule tribu. Ce dont on s'aperçoit aussi c'est que leur autorité tient beaucoup plus à leur valeur personnelle et si les juges (en tout cas certain) se sont imposés aux autres c'est (dit la bible) par la peur, que leur apporte Yahvé, qui les guide, les inspire et en aucun cas par une institution qui résulterait soit d'une élection , soit de l'hérédité.

   Ainsi donc cette forme d'organisation politique, ce mode de gouvernement même s'il paraît plus élaboré que le précédent reste encore assez rudimentaire mais il est fidèle à la coutume, à cette coutume qui veut que la confédération des tribus, cette union des tribus autour d'un Dieu soit d'abords l'assemblé du peuple de bien, qui reconnaît en Yahvé non seulement son seul dieu mais aussi son seul chef. Son seul roi. Le seul roi que les hébreux puissent se donner est Yahvé.

D'un point de vue très institutionnelle: régime politique peu élaboré
D'un point de vue de la coutume: seule forme d'organisation politique conforme à la vocation  de ce peuple élu de dieu.

   Cette organisation devient difficile quand les hébreux se sédentarisaient .
La 2nde forme d'organisation politique allait disparaître pour laisser place sous l'empire d'interprétation, au système de la royauté et qui n'en eut pas moins des retentissements très important  car il fut le modèle dont s'inspirèrent les royautés des 1er temps de l'occident chrétien, médiéval.

2: le temps des rois

   L'introduction de la royauté chez les hébreux s'est faite avec beaucoup de difficultés, on peut comprendre ces réticences, hésitations; les oppositions qui se sont faites jour dans la mesure où l'introduction de la royauté apparait s'éloigner  voir ou plus correspondre à l'ancienne conception qui voulait que Yahvé fut le seul roi d'Israël.
    Les menaces constantes  que les philistins faisaient  poser à la fois sur le peuple et aussi sur la terre, se sont ces menaces qui ont rendu nécessaire un pouvoir moins exceptionnel que celui des juges (dieu déléguait son pouvoir en cas de danger).

   Quand Yahvé avait donné à son peuple la terre promise, il lui avait intimé l'ordre d'exterminer tout les ennemis , donc Yahvé encourageait de ce point de vue l'unité des tribus sous l'autorité d'un seul ce qui pouvait apparaître comme un impératif.
    Quand on regarde de plus près les textes, il n'est pas évident du tout que la royauté, en dehors de celle de Yahvé, soit représentée comme une sorte de modèle de gouvernement idéal.
   En revanche ce qui est très clair que se sont les hébreux qui veulent un roi et ils le veulent à l'imitation de ce qu'il voit autour d'eux, des autres peuples: les royaumes qui existaient, des grandes monarchie orientale : celles de Mésopotamie auxquels ils vont emprunter le sacre.

   Il apparaît très clairement dans le texte (Samuel), Yahvé met en garde les hébreux par l'intermédiaire de Samuel, contre ce roi, dont le pouvoir sera nécessairement un pouvoir tyrannique, oppresseur que ce roi qu'ils veulent se donner les écrasera sous l'impôt et le roi enverra leur fils à la guerre. Samuel (VIII-19). Les hébreux ne veulent rien savoir, rien écouter et ils répondent à Samuel (à Yahvé), c'est un roi que nous voulons. Alors Yahvé va leur donner un roi. Et c'est donc en ces termes que Yahvé s'adresse et il qu'il fait dire à Samuel "demain je t'enverrai un homme, tu lui donneras l'onction comme chef de mon peuple Israël, et il délivrera mon peuple de la main des philistins". C'est donc ce que va faire Samuel, il va prendre  la fiole d'huile, répandre cette huile sur la tête du roi que dieu avait désigné, il s'agit de Saül, et tandis que Samuel verse l'huile sur la tête de Saül "c'est Yahvé  qui l'a oint comme chef de son peuple".
    C'est donc bien l'onction d'huile sainte (le sacre) qui fait le roi, un roi choisit et élu par dieu par l'intersession de son prophète qui lui même est inspiré par dieu. Ce roi oint (le roi est l'oint du seigneur) dont la mission est de sauver le peuple de Dieu (corrélation entre le choix du roi et sa mission qui lui sera confié).
   Mais aussi le peuple intervient qui a son tour proclame Saül roi devant Yahvé et cette ratification du peuple au choix divin est en fait une ratification naturelle car Dieu reste le roi de tous son peuple et donc cette ratification populaire apparaît comme un nouveau pacte d'alliance entre dieu et son peuple.


   A l'époque du roi Saül, la royauté hébraïque  est une royauté sacrée, une royauté militaire conforme au choix et conforme au dessein de Yahvé, c'est à dire cette royauté est une forme d'organisation  politique où le roi sacré agit par délégation de Dieu pour donner à son peuple la victoire. Sous les successeurs du roi Saül, celle-ci allait évoluer et prendre des caractères un petit peu différent.
   David lui se fait reconnaître roi d'abords par la tribu de Judas et c'est la tribu de Judas qui d'abords va le sacré roi. Puis les autres tribus d'Israël vont à leur tour demander à David d'être leur roi et il sera alors sacré roi d'Israël. Par conséquent avec la royauté de David, le roi n'est plus sacré par un prophète mais par les anciens d'Israël et se sont eux qui l'ont choisit comme roi.
Dès lors c'est que la royauté tout en restant sacré devenait une royauté élective et là aussi à partir du moment où elle est devenu élective, elle va se transformer avec le successeur de David (Salomon  que David désigne) en royauté héréditaire. Ce qu'il faut dire et même si dans son organisation  l'ordre politique semblait au cour des règnes successifs s'éloigner  quelque peu de la coutume. De cette coutume qui vaut que Yahvé seul fut le roi unique d'Israël, si la royauté, à l'époque de Salomon semblait un peu éloigné du modèle de la royauté de Saül ; néanmoins, la royauté hébraïque conservera toujours un puissant caractère religieux et reste donc d'abords et avant tout le serviteur de Dieu, l'interprète de sa volonté comme de ses actes. Et ce que fait le roi hébraïque doit toujours être conforme à la volonté divine.

   Ce qu'il faut aussi  souligner c'est que le personnage sacré conformément à l'alliance, est comme tous les sujets soumis à la loi de Dieu (décalogue) et comme tel le roi hébraïque est là, certes pour défendre le peuple et terre de Dieu,et pour faire appliquer la loi sans pouvoir ni la modifier, ni la compléter, ni l'adapter car par nature, par essence  la loi divine est une loi immuable.
Par conséquent le roi hébraïque est là pour exécuter la loi, pour accomplir la loi en vue d'assurer comme tous les rois le bien -être et le bonheur de ce peuple dont il est responsable. Et donc à ce titre, le roi hébraïque est juge et uniquement juge, il doit faire régner la justice, sauvegarder le droit sous l'inspiration de Dieu.
Juge il est aussi le chef militaire, en cas de danger, il est accompagné de Yahvé qui lui donne la force, lui donne la victoire, le roi hébraïque mène alors une guerre qui ne peut-être que juste puisqu'elle est légitimée par Dieu lui même. Juge et justicier, le roi dont le modèle est le roi Salomon est le continuateur des rois orientaux, Mésopotamiens et égyptiens qui étaient aussi des juges et des justiciers et dont le pouvoir s'inspire du droit.
SECTION 2: les sources du droit


CHAPITRE 2: droit et ordre social


IIème PARTIE: la Grèce et le caractère humain du droit