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Suffètes
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Suffètes Shophtîm Juges
Liminaire pour Suffètes
De la mort de Iehoshoua‘ (Josué) à l’avènement de Shaoul (Saül) s’étend une période de presque deux siècles (de 1200 à 1025 environ), qu’on appelle généralement l’époque des Juges, parce que les chefs militaires et spirituels d’Israël qui se sont succédés pendant ces générations portaient le titre de « juges »; en hébreu, shophetîm. Le livre biblique qui relate les principaux événements de cette période et en tire la leçon théologique porte le même nom. Nous l’avons traduit par « suffètes », terme hérité du carthaginois.
Après la mort de Iehoshoua‘, le peuple se trouva dépourvu d’organisation politique. En effet, les « anciens », qui s’occupaient des affaires courantes, n’avaient aucune autorité au-delà du cercle des gens qu’ils connaissaient personnellement. Dans ces conditions, Israël pouvait difficilement résister à la pression des Cananéens et des Philistins qui restaient maîtres d’une grande partie du pays. En fait, les Hébreux n’étaient solidement installés que dans les régions montagneuses, alors que les riches vallées et la plaine côtière restaient aux mains d’autres peuples.
D’où venait la force des Cananéens et des Philistins face aux Hébreux? Essentiellement de leur équipement, moderne pour l’époque, en armes de fer et en chars. Les Hébreux étaient incapables de résister à la cavalerie ennemie en rase campagne. Ils ne savaient pas non plus organiser le siège d’une place forte. Mais, pour les Benéi Israël, le plus grand danger ne venait pas de la guerre; il les menaçait en temps de paix.
L’influence des moeurs cananéennes en général et de l’idolâtrie en particulier se révélait fort pernicieuse. C’est un des thèmes permanents de la Bible que de dénoncer la tendance des Hébreux à imiter les moeurs de leurs voisins et à adopter leurs cultes. Mais l’unité du peuple d’Israël fut également mise à rude épreuve à l’époque des Juges. Les conditions géographiques et géopolitiques étaient défavorables à la solidarité entre tribus. Celles de Transjordanie étaient isolées et refusèrent plusieurs fois de porter secours à leurs frères de Cisjordanie, même en des cas d’extrême détresse.
Dans ces conditions, seule la personnalité de quelques chefs improvisés put sauver les Hébreux de l’anéantissement.
Le livre des Juges n’est pas un livre historique au sens où nous entendons aujourd’hui ce mot. Le but premier du ou des rédacteurs n’était pas de raconter les événements du passé afin de les faire connaître à un large public et de leur assurer ainsi une consécration culturelle. L’intention principale, sous-jacente à ces récits, est toujours édifiante. Il s’agit de souligner une dialectique historique qui se répète à plusieurs reprises entre deux temps forts: l’oeuvre politique et spirituelle de Iehoshoua‘, d’une part, l’institution de la royauté, d’autre part. La dialectique des récits du livre des Juges est très simple: le peuple d’Israël se détache de plus en plus de l’idéal de la Tora, se voue à l’idolâtrie et fraternise avec les Cananéens; les peuples voisins persécutent les Hébreux, qui finissent par appeler au secours; IHVH-Adonaï lui-même envoie un héros charismatique, qui, après avoir cherché à rassembler quelques tribus, réussit à les galvaniser et conduit le peuple d’Israël à la victoire; viennent quelques dizaines d’années de paix et de prospérité, mais, rapidement, la situation se dégrade et le cycle recommence.
Le livre des Juges baigne dans une ambiance qu’on a souvent qualifiée de « primitive ». On veut dire par là que ces textes nous font assister à l’émergence d’une nation à un moment de son histoire où elle vit par elle-même, dans sa juvénile spontanéité. Les hautes exigences de la morale des patriarches, de la théophanie du Sinaï et de l’organisation imposée par Iehoshoua‘ ne sont pas vraiment oubliées: bien au contraire, on s’y réfère souvent. Néanmoins, le peuple d’Israël, apparemment livré à lui-même, s’essaie à voler de ses propres ailes et fait seul le dur apprentissage de sa maturité et de son indépendance. Confronté à une réalité hostile, il puise en lui-même un dynamisme qui oscille entre le désespoir et l’action héroïque. Les récits du livre des Juges sont extrêmement circonstanciés. Nous y trouvons des paysages, des couleurs et du panache. L’enthousiasme vécu des Benéi Israël à cette époque, et revécu par l’auteur au moment où il en consigne le récit, se traduit par un souffle épique empreint de poésie spontanée.
Le cantique de Debora (Débora) en est l’expression la plus célèbre; mais bien des pages de ce que nous appelons « prose » ne sont pas moins emportées par ce courant si vivace. Formée à l’école de la littérature grecque, notre sensibilité moderne retrouve dans les récits du livre des Juges des tragédies à l’état pur: Iphtah (Jephté) sacrifie sa fille comme le fit Agamemnon; Shimshôn (Samson) met fin à ses jours dans un acte où s’unissent l’héroïsme et le désespoir.
Ce volume ne contient que des récits. On n’y trouve ni lois ni discours. Par contre, le compte rendu des faits est émaillé de touches poétiques ou proverbiales. Le cantique de Debora, l’apologue de Iotâm, les énigmes de Shimshôn, et bien d’autres passages expressifs, lui donnent une coloration littéraire caractéristique. L’ensemble du livre baigne dans une ambiance typique qui lui confère une certaine unité de ton.
L’analyse critique, cependant, nous permet de trouver dans ce livre plusieurs traditions qui ont manifestement été fondues en un seul texte par un rédacteur postérieur. Les deux grands récits de la fin du livre se présentent comme des appendices.
Chapitre 1.
L’incendie de Ieroushalaîm
1. Et c’est après la mort de Iehoshoua‘,
les Benéi Israël questionnent IHVH-Adonaï pour dire:
« Qui montera pour nous vers le Kena‘ani, au commencement,
pour guerroyer contre lui ? »
2. IHVH-Adonaï dit: « Iehouda montera. Voici, j’ai donné la terre en sa main. »
3. Iehouda dit à Shim‘ôn, son frère: « Monte avec moi selon mon sort;
guerroyons contre le Kena‘ani.
J’irai moi aussi avec toi selon ton sort. » Shim‘ôn va avec lui.
4. Iehouda monte. IHVH-Adonaï donne le Kena‘ani et le Perizi en leurs mains.
Il les frappe à Bèzèq, dix mille hommes.
5. Ils trouvent Adoni-Bèzèq à Bèzèq. Ils guerroient contre lui.
Ils frappent le Kena‘ani et le Perizi.
6. Adoni-Bèzèq s’enfuit. Ils le poursuivent et le saisissent.
Ils lui cisaillent les pouces des mains et des pieds.
7. Adoni-Bèzèq dit: « Soixante-dix rois,
les pouces de leurs mains et de leurs pieds cisaillés,
étaient à récolter sous ma table.
Elohîms m’a payé selon ce que j’avais fait. »
Ils le font venir à Ieroushalaîm où il meurt.
8. Les Benéi Iehouda guerroient contre Ieroushalaîm.
Ils l’investissent, la frappent à bouche d’épée
et, la ville, ils l’ont envoyée au feu.
‘Akhsa se marie
9. Après, les Benéi Iehouda sont descendus
pour guerroyer contre le Kena‘ani
habitant de la montagne, du Nèguèb et de la plaine.
10. Iehouda va vers le Kena‘ani qui habite Hèbrôn.
Le nom de Hèbrôn était jadis Qiriat-Arba‘.
Ils frappent Shéshaï, Ahimân et Talmaï.
11. Il va de là vers les habitants de Debir.
Le nom de Debir était jadis Qiriat-Séphèr.
12. Kaléb dit: « Qui frappera Qiriat-Séphèr et l’investira,
je lui donne ‘Aksha, ma fille, pour femme.
13. ‘Otniél bèn Qenaz, frère de Kaléb, plus petit que lui, l’investit.
Il lui donne ‘Aksha, sa fille, pour femme.
14. Et c’est à sa venue, elle l’incite à demander à son père le champ.
Elle saute de l’âne. Kaléb lui dit: « Qu’as-tu ? »
15. Elle lui dit: « Offre-moi une bénédiction;
oui, tu m’as donné la terre du Nèguèb;
donne-moi donc des vasques d’eau. »
Kaléb lui donne les vasques hautes et les vasques basses.
16. Les fils du Qéini, le beau-père de Moshè,
montent de la ville des Dattiers avec les Benéi Iehouda
au désert de Iehouda, qui est au Nèguèb d’‘Arad.
Il va et habite avec le peuple.
17. Iehouda va avec Shim‘ôn, son frère.
Ils frappent le Kena‘ani, l’habitant de Sephat.
Ils l’interdisent. Il crie le nom de la ville, Horma, Interdite.
Le Ieboussi à Ieroushalaîm
18. Iehouda investit ‘Aza et sa frontière,
Ashquelôn et sa frontière, ‘Èqrôn et sa frontière.
19. Et c’est IHVH-Adonaï avec Iehouda. Il hérite de la montagne,
car il ne peut déshériter les habitants de la vallée,
oui, ils ont des chars de fer.
20. Ils donnent Hèbrôn à Kaléb, comme Moshè avait parlé.
Il déshérite là les trois fils du Géant.
21. Mais le Ieboussi, l’habitant de Ieroushalaîm,
les Benéi Biniamîn ne le déshéritent pas.
Le Ieboussi habite avec les Benéi Biniamîn à Ieroushalaîm jusqu’à ce jour.
Conquête de Béit-Él
22. La maison de Iosseph, ils montent, eux aussi, contre Béit-Él:
IHVH-Adonaï est avec eux.
23. La maison de Iosseph prospecte Béit-Él. Le nom de la ville était jadis Louz.
24. Les gardes voient un homme sortir de la ville. Ils lui disent:
« Fais-nous donc voir l’accès de la ville.
Nous te ferons une faveur. »
25. Il leur montre l’accès de la ville. Ils frappent la ville à bouche d’épée.
Ils avaient renvoyé l’homme avec tout son clan.
26. L’homme va en terre des Hitîm et bâtit une ville.
Il crie son nom, Louz. C’est son nom jusqu’à ce jour.
Échecs
27. Menashè n’a pas déshérité Béit-Sheân et ses essaims, ni Ta‘nakh et ses essaims,
ni les habitants de Dor et ses essaims,
ni les habitants d’Ible‘am et ses essaims,
ni les habitants de Meguido et ses essaims.
Le Kena‘ani se résout à habiter cette terre.
28. Et c’est quand Israël se renforce, il met le Kena‘ani à la corvée,
mais il ne le déshérite pas, il ne le déshérite pas.
29. Èphraîm n’a pas déshérité le Kena‘ani qui habite Guèzèr.
Le Kena‘ani habite en son sein à Guèzèr.
30. Zebouloun n’a pas déshérité les habitants de Qitrôn,
ni les habitants de Nahalal;
le Kena‘ani habite en son sein, ils sont pour la corvée.
31. Ashér n’a pas déshérité les habitants d’‘Ako,
ni les habitants de Sidôn, d’Ahlab, d’Akhzib,
ni de Hèlba, ni d’Aphéq, ni de Rehob.
32. L’Ashéri habite au sein du Kena‘ani, habitants de la terre,
non, ils ne l’ont pas déshérité.
33. Naphtali n’a pas déshérité les habitants de Béit-Shèmèsh
ni les habitants de Béit-‘Anat.
Il habite au sein du Kena‘ani, habitants de la terre.
Les habitants de Béit-Shèmèsh et de Béit-‘Anat
étaient à eux pour la corvée.
La frontière de l’Emori
34. Les Emori pressent les Benéi Dân contre la montagne:
non, ils ne leur donnent pas de descendre dans la vallée,
35. L’Emori se résout à habiter au mont Hèrès, à Ayalôn et Sha‘alebîm.
La main de la maison de Iosseph s’alourdit: ils sont pour la corvée.
36. Frontière de l’Emori: de la montée des ‘Aqrabîm depuis Sèla‘ et en haut.
Chapitre 2.
Les pleurs d’Israël
1. Un messager de IHVH-Adonaï monte de Guilgal à Bokhîm et dit:
« Je vous ferai monter de Misraîm
et vous ferai venir vers la terre que j’ai jurée à vos pères.
Je dis: ‹ Je n’annulerai pas mon pacte avec vous, en pérennité.
2. Vous, vous ne trancherez pas de pacte avec les habitants de cette terre.
Leurs autels, vous les démantèlerez ! ›
Vous n’avez pas entendu ma voix. Qu’avez-vous fait ?
3. J’ai dit aussi: ‹ Je ne les expulserai pas en face de vous;
ils seront pour vous des harceleurs.
Leurs Elohîms seront pour vous un piège ›. »
4. Et c’est quand le messager de IHVH-Adonaï parle ces paroles
à tous les Benéi Israël, le peuple porte sa voix; ils pleurent.
5. Ils crient le nom de ce lieu: Bokhîm, Pleurs.
Ils sacrifient là à IHVH-Adonaï.
Mort de Iehoshoua‘
6. Iehoshoua‘ renvoie le peuple. Les Benéi Israël vont,
chacun à sa possession, pour hériter la terre.
7. Le peuple sert IHVH-Adonaï tous les jours de Iehoshoua‘
et tous les jours des anciens qui avaient prolongé les jours après Iehoshoua‘
et qui avaient vu le grand oeuvre de IHVH-Adonaï, qu’il avait fait pour Israël.
8. Iehoshoua‘ bîn Noun, le serviteur de IHVH-Adonaï, meurt à l’âge de cent dix ans.
9. Ils l’ensevelissent dans la frontière de sa possession,
à Timnat-Hèrès, au mont Èphraîm, au septentrion du mont Ga‘ash.
10. Tout cet âge aussi est ajouté à ses pères.
Un autre âge se lève après eux, qui n’avait pas connu IHVH-Adonaï,
ni même l’oeuvre qu’il avait faite pour Israël.
Ils servent Ba‘al
11. Les Benéi Israël font le mal aux yeux de IHVH-Adonaï.
Ils servent les Ba‘alîm.
12. Ils abandonnent IHVH-Adonaï, l’Elohîms de leurs pères,
qui les a fait sortir de la terre de Misraîm.
Ils vont derrière d’autres Elohîms,
parmi les Elohîms des peuples de leur entourage.
Ils se prosternent devant eux. Ils irritent IHVH-Adonaï.
13. Ils abandonnent IHVH-Adonaï, ils servent Ba‘al et les ‘Ashtarot.
14. La narine de IHVH-Adonaï brûle contre Israël.
Il les donne en main des spoliateurs et ils les spolient.
Il les vend en main de leurs ennemis alentour.
Ils ne peuvent plus tenir en face de leurs ennemis.
15. Partout où ils sortaient, la main de IHVH-Adonaï était contre eux
pour le malheur, comme IHVH-Adonaï avait parlé
et comme IHVH-Adonaï le leur avait juré; cela les angoisse fort.
16. IHVH-Adonaï suscite des suffètes.
Ils les sauvent de la main de leurs spoliateurs.
17. Mais ils n’ont même pas entendu leurs suffètes:
oui, ils ont putassé derrière d’autres Elohîms;
ils se sont prosternés devant eux,
ils se sont vite écartés de la route où allaient leurs pères
pour entendre les ordres de IHVH-Adonaï. Ils n’ont pas fait ainsi.
18. Oui, IHVH-Adonaï leur a suscité des suffètes, et IHVH-Adonaï est avec le suffète,
il les sauve de la main de leurs ennemis tous les jours du suffète.
Oui, IHVH-Adonaï compatit à leur grogne,
en face de leurs oppresseurs et de ceux qui les bousculent.
Les peuples et Israël
19. Et c’est à la mort du suffète, ils retournent
et détruisent plus que leurs pères, pour aller derrière d’autres Elohîms,
les servir et se prosterner devant eux.
Ils n’ont rien fait tomber de leurs sévices ni de leur route dure.
20. La narine de IHVH-Adonaï brûle contre Israël. Il dit:
« Parce que cette nation a transgressé mon pacte
que j’ai ordonné à leurs pères, et n’a pas entendu ma voix,
21. moi non plus je ne continuerai pas à déshériter l’homme en face d’eux,
parmi les nations que Iehoshoua‘ a abandonnées avant de mourir,
22. afin d’éprouver par elles Israël. Gardent-ils la route de IHVH-Adonaï
pour y aller comme leurs pères l’avaient gardée, ou non ? »
23. IHVH-Adonaï repose ces nations et ne les déshérite pas vite:
il ne les a pas données en main de Iehoshoua‘.
Chapitre 3.
Les peuples épargnés
1. Voici les nations que IHVH-Adonaï repose afin d’éprouver par elles Israël,
tous ceux qui ne connaissaient pas toutes les guerres de Kena‘ân,
2. seulement pour que les âges des Benéi Israël les connaissent,
pour leur apprendre la guerre,
seulement à ceux qui ne les connaissaient pas auparavant:
3. les cinq tyrans des Pelishtîm et tout le Kena‘ani,
le Sidoni, le Hivi, qui habite le mont du Lebanôn,
du mont Ba‘al-Hèrmôn jusqu’à l’entrée de Hamat.
4. Et ils sont à éprouver par eux Israël, pour savoir s’ils entendront
les ordres que IHVH-Adonaï avait ordonnés à leurs pères, par la main de Moshè.
5. Les Benéi Israël habitaient au sein du Kena‘ani,
du Hiti, de l’Emori, du Perizi, du Hivi, du Ieboussi.
6. Ils prennent leurs filles à eux pour femmes,
ils donnent leurs filles à leurs fils, ils servent leurs Elohîms.
‘Otniél
7. Les Benéi Israël font le mal aux yeux de IHVH-Adonaï.
Ils oublient IHVH-Adonaï, leur Elohîms, et servent les Ba‘alîm et les ‘Ashtarot.
8. La narine de IHVH-Adonaï brûle contre Israël.
Il les vend en main de Koushân Rish‘ataîm, roi d’Arâm Naaraîm.
Les Benéi Israël servent Koushân Rish‘ataîm huit ans.
9. Les Benéi Israël clament vers IHVH-Adonaï.
IHVH-Adonaï suscite un sauveur aux Benéi Israël. Il les sauve,
‘Otniél bèn Qenaz, le frère de Kaléb, plus petit que lui.
10. Et c’est lui le souffle de IHVH-Adonaï, il est suffète en Israël.
Il sort en guerre.
IHVH-Adonaï donne en sa main Koushân Rish‘ataîm, roi d’Arâm.
Sa main rudoie Koushân Rish‘ataîm.
11. La terre se calme quarante ans. ‘Otniél bèn Qenaz meurt.
Ehoud et ‘Èglôn
12. Les Benéi Israël ajoutent à faire le mal aux yeux de IHVH-Adonaï.
IHVH-Adonaï renforce ‘Èglôn, roi de Moab, contre Israël;
oui, ils faisaient le mal aux yeux de IHVH-Adonaï.
13. Il ajoute à lui les Benéi ‘Amôn et ‘Amaléq.
Il va et frappe Israël. Ils héritent de la ville des Dattiers.
14. Les Benéi Israël servent ‘Èglôn, roi de Moab, dix-huit ans.
15. Les Benéi Israël clament vers IHVH-Adonaï.
Il suscite pour eux un sauveur,
Éhoud bèn Guéra, le Iemini, homme gauche de sa main droite.
Les Benéi Israël envoient, par sa main,
une offrande pour ‘Èglôn, roi de Moab.
16. Éhoud se fait une épée qui a deux bouches; sa longueur, une brasse.
Il la ceinture sous son uniforme, sur sa cuisse droite.
17. Il présente l’offrande à ‘Èglôn, roi de Moab.
‘Èglôn est un homme fort replet.
18. Et c’est quand il a achevé de présenter l’offrande,
il renvoie le peuple, les porteurs de l’offrande.
19. Il était retourné de chez les idoles qui sont sur le Guilgal.
Il dit: « J’ai pour toi une parole secrète, roi ! »
Il dit: « Chut ! » Tous les présents sortent de là.
20. Éhoud vient à lui: il est assis seul à l’étage rafraîchi qui est à lui.
Éhoud lui dit: « Parole d’Elohîms, de moi à toi ! »
Il se lève de son siège.
21. Éhoud envoie sa main gauche, prend l’épée sur sa cuisse droite
et la lui enfonce dans le ventre.
22. La poignée même pénètre après la lame et la graisse se referme sur la lame.
Non, il ne retire pas l’épée de son ventre; des excréments en sortent.
23. Éhoud sort par le vestibule.
Il referme derrière lui les portails de l’étage. Il les verrouille.
24. Il est sorti. Ses serviteurs viennent et voient,
voici, les portails de l’étage sont clos.
Ils disent: « Ah ! il recouvre ses pieds à l’étage rafraîchi. »
25. Ils languissent jusqu’à en être confondus.
Mais voici, il n’ouvre pas les portails de l’étage.
Ils prennent la clé, ouvrent et voici, leur maître gît à terre, mort !
26. Éhoud s’était échappé tandis qu’ils tardaient.
Il a dépassé les idoles et s’échappe vers Se‘ira.
27. Et c’est à sa venue, il sonne du shophar au mont Èphraîm.
Les Benéi Israël descendent avec lui de la montagne, lui en face d’eux.
28. Il leur dit: « Suivez-moi !
Oui, IHVH-Adonaï a donné vos ennemis, Moab, en vos mains ! »
Ils descendent derrière lui.
Ils investissent les passes du Iardèn vers Moab. Ils ne donnent à personne de passer.
29. Ils frappent Moab en ce temps, environ dix mille hommes,
tous gras, tous hommes de valeur. Pas un homme n’échappe.
30. Moab est maté, ce jour-là, sous la main d’Israël.
La terre se calme quatre-vingts ans.
31. Après lui, c’est Shamgar, fils d’‘Anat.
Il frappe les Pelishtîm, six cents hommes, avec un aiguillon de bovins.
Il sauve, lui aussi, Israël.
Chapitre 4.
Une inspirée, Debora
1. Les Benéi Israël ajoutent à faire le mal aux yeux de IHVH-Adonaï.
Éhoud meurt.
2. IHVH-Adonaï les vend en main de Iabîn, roi de Kena‘ân, qui règne à Hasor.
Le chef de son armée, Sissera, habite à Haroshèt-ha-Goîm.
3. Les Benéi Israël vocifèrent contre IHVH-Adonaï, oui, il a neuf cents chars de fer;
il opprime les Benéi Israël, avec force, vingt ans.
4. Debora, une femme, une inspirée, la femme de Lapidot,
est suffète d’Israël en ce temps-là.
5. Elle siège sous le dattier de Debora,
entre Ha-Rama et Béit-Él, au mont Èphraîm.
Les Benéi Israël montent vers elle pour le jugement.
6. Elle envoie crier Baraq bèn Abino‘âm, de Qèdèsh-Naphtali.
Elle lui dit: « IHVH-Adonaï, l’Elohîms d’Israël, n’a-t-il pas ordonné:
‹ Va ! Tire au mont Tabor et prends avec toi dix mille hommes
des Benéi Naphtali et des Benéi Zebouloun.
7. Je tire vers toi au torrent de Qishôn Sissera, le chef de la milice de Iabîn,
avec son char et sa cohue, je le donne en ta main ›. »
8. Baraq lui dit: « Si tu vas avec moi, je vais.
Si tu ne vas pas avec moi, je ne vais pas. »
9. Elle dit: « J’irai, j’irai avec toi.
Seulement ta splendeur ne sera pas sur la route où tu iras:
oui, dans la main d’une femme, IHVH-Adonaï vendra Sissera. »
Debora se lève et va avec Baraq à Qèdèsh.
L’épouvante de Sissera
10. Baraq alerte Zebouloun et Naphtali à Qèdèsh.
Il monte à pied avec dix mille hommes. Debora monte avec lui.
11. Hèbèr le Qéini s’était séparé de Caïn
et des fils de Hobab, beau-père de Moshè.
Il tend sa tente jusqu’à Élôn, à So‘ananîm, qui est à Qèdèsh.
12. Ils rapportent à Sissera que Baraq bèn Abino‘âm est monté au mont Tabor.
13. Sissera alerte toute sa charrerie: neuf cents chars de fer,
et tout le peuple avec lui, de Haroshèt-ha-Goîm au torrent de Qishôn.
14. Debora dit à Baraq: « Lève-toi ! Oui, voici le jour
où IHVH-Adonaï a donné Sissera en ta main !
IHVH-Adonaï n’est-il pas sorti en face de toi ? »
Baraq descend du mont Tabor, avec dix mille hommes derrière lui.
15. IHVH-Adonaï bouleverse Sissera, tous ses chariots, tout le camp,
à bouche d’épée, face à Baraq.
Sissera descend de son char et s’enfuit à pied.
16. Baraq poursuit les chars et le camp jusqu’à Haroshèt-ha-Goîm.
Tout le camp de Sissera tombe à bouche d’épée.
Il n’en reste pas même un.
17. Sissera s’enfuit à pied vers la tente de Ia‘él, la femme de Hèbèr le Qéini.
Oui, c’était la paix entre Iabîn, roi de Hasor,
et la maison de Hèbèr le Qéini.
18. Ia‘él sort à l’abord de Sissera et lui dit:
« Écarte-toi, mon maître, écarte-toi vers moi ! Ne frémis pas ! »
Ia‘él tue Sissera
Il s’écarte vers elle, vers la tente.
Elle le couvre d’une couverture.
19. Il lui dit: « Abreuve-moi donc, un peu d’eau ! Oui, j’ai soif. »
Elle ouvre l’outre de lait, l’abreuve et le couvre.
20. Il lui dit: « Tiens-toi à l’ouverture de la tente !
Et c’est, si un homme vient, te questionne et dit:
‹ Y a-t-il un homme ici ? › Dis-lui: ‹ Non ›. »
21. Ia‘él, la femme de Hèbèr, prend le piquet de la tente,
met en sa main le maillet, vient vers lui en tapinois,
plante le piquet dans sa tempe et saute à terre.
Lui, endormi, fatigué, meurt.
22. Et voici, Baraq poursuit Sissera. Ia‘él sort à son abord.
Elle lui dit: « Va ! Je te ferai voir l’homme que tu cherches. »
Il vient vers elle et voici Sissera, tombé, mort, le piquet dans sa tempe.
23. Ce jour-là, Elohîms mate Iabîn, roi de Kena‘ân, face aux Benéi Israël.
24. La main des Benéi Israël va et se durcit contre Iabîn, roi de Kena‘ân,
jusqu’à ce qu’il ait tranché Iabîn, roi de Kena‘ân.
Chapitre 5.
Le poème de Debora
1. Debora poétise avec Baraq bèn Abino‘âm, ce jour-là, pour dire:
2. « Aux échevellements des échevellements d’Israël,
quand un peuple gratifie, bénissez IHVH-Adonaï !
3. Entendez, rois ! Écoutez, potentats !
Moi-même pour IHVH-Adonaï, moi-même je poétise !
Je chante pour IHVH-Adonaï, l’Elohîms d’Israël !
4. IHVH-Adonaï, à ta sortie de Sé‘ir, à ton défilé au camp d’Edôm, la terre a trépidé,
les ciels ont aussi dégouliné, les nuages même ont dégouliné d’eaux.
5. Les montagnes se sont liquéfiées en face de IHVH-Adonaï;
le Sinaï ruisselle en face de IHVH-Adonaï, l’Elohîms d’Israël.
6. Aux jours de Shamgar, fils d’‘Anat, aux jours de Ia‘él,
les caravanes avaient cessé,
les marcheurs des chemins allaient par des sentiers tortueux.
7. Les commanderies avaient cessé en Israël, avaient cessé,
jusqu’à ce que je me sois levée, Debora,
que je me sois levée, mère en Israël.
8. Il choisit de nouveaux Elohîms.
Alors, la guerre est aux portes.
Bouclier n’est vu, ni javelot, parmi les quarante mille d’Israël.
9. Mon coeur aux exarques d’Israël,
ô vous, gratificateurs du peuple, bénissez IHVH-Adonaï !
10. Chevaucheurs d’ânesses basanées, méharistes sur vos tapis,
marcheurs de la route, épanchez-vous !
11. À la voix des répartiteurs entre les norias,
là, ils proclament les justifications de IHVH-Adonaï,
les justifications de sa commanderie en Israël.
Alors ils descendent aux portes, peuples de IHVH-Adonaï !
12. Éveille-toi, éveille-toi, Debora !
Éveille-toi, éveille-toi, parle, un poème !
Lève-toi, Baraq ! Capture tes captifs, fils d’Abino‘âm !
13. Alors un fugitif domine les majestueux.
Peuple ! IHVH-Adonaï, pour moi, domine les héros.
14. Èphraîm aux racines en ‘Amaléq;
derrière toi Biniamîn, en tes populaces !
De Makhir descendent les exarques;
de Zebouloun, ils tirent le rameau de l’actuaire !
15. Les chefs d’Issaskhar avec Debora !
Issaskhar, certes ! Baraq, dans la vallée, envoyé à ses pieds !
Aux canaux de Reoubén grands sont les soucis du coeur !
16. Pourquoi habitais-tu entre les parcs ?
Pour entendre les sifflements des troupeaux ?
Aux canaux de Reoubén grandes sont les ondes du coeur !
17. Guil‘ad embusqué au passage du Iardèn;
et Dân, pourquoi résidera-t-il dans des navires ?
Ashér habitait le rivage des mers, il demeurera dans ses criques.
18. Zebouloun ! Peuple dont l’être a défié la mort !
Naphtali, aux altitudes du champ !
19. Des rois sont venus, ils guerroyèrent;
alors les rois de Kena‘ân guerroyèrent
à Ta‘nakh, sur les eaux de Meguido,
mais rognure d’argent ne prirent.
20. Des ciels elles guerroyèrent,
les étoiles, de leurs orbites, guerroyèrent contre Sissera.
21. Le torrent de Qishôn les charrie.
Torrent antique, torrent de Qishôn !
Et toi, mon être, tu le foules avec rudesse !
22. Alors les sabots des chevaux martelèrent
aux galops, aux galops de ses meneurs.
23. Exécrez Méroz ! dit le messager de IHVH-Adonaï.
Exécrez l’exécrable, ses habitants !
Non, ils ne sont pas venus à l’aide de IHVH-Adonaï,
à l’aide de IHVH-Adonaï, avec les héros !
24. Sois bénie plus que les femmes, Ia‘él,
la femme de Hèbèr le Qéini;
plus que les femmes dans la tente, sois bénie !
25. Il demande de l’eau, elle lui donne du lait.
Dans le bol des majestueux, elle lui présente le babeurre.
26. Elle lance sa main sur le piquet,
sa droite au martèlement des trimards,
et elle martèle Sissera, elle lui fracture la tête;
elle le mutile, elle lui troue la tempe.
27. Entre ses jambes, il ploie, il tombe, se couche.
Entre ses jambes, il ploie, il tombe,
et là où il ploie, là il tombe, razzié !
28. Par la fenêtre, elle observait, elle s’égosillait,
la mère de Sissera, par la lucarne:
‹ Pourquoi son chariot tarde-t-il à venir ?
Pourquoi les pas de ses chars sont-ils retardés ? ›
29. Les sages, ses cheftaines, lui répondront;
elle répliquera de ses dires même, pour elle:
30. ‹ Ils trouvent et partagent le butin, n’est-ce pas ?
Une matrice, deux matrices par tête de brave !
Butin bigarré pour Sissera,
butin bigarré de broderies,
à la couleur des doubles broderies, pour le cou, du butin. ›
31. Ainsi perdront tous tes ennemis, IHVH-Adonaï !
Ses amants sont comme le jaillissement du soleil en son héroïsme ! »
Et la terre se calma quarante ans.
Chapitre 6.
Guid‘ôn
1. Les Benéi Israël font le mal aux yeux de IHVH-Adonaï.
IHVH-Adonaï les donne en main de Midiân sept ans.
2. La main de Midiân rudoie Israël.
Face à Midiân, les Benéi Israël se sont fait
les tunnels qui sont dans les montagnes, les grottes et les trappes.
3. Et c’est quand Israël a semé,
Midiân, ‘Amaléq et les Benéi Qèdèm, montent contre lui.
4. Ils campent contre eux,
ils détruisent la récolte de la terre, jusqu’en l’entrée d’‘Aza.
Ils ne laissent pas de vivres en Israël, agneau, boeuf ni âne.
5. Oui, ils montent, eux, avec leurs cheptels et leurs tentes,
multiples comme les criquets, et ils ont des chameaux sans nombre.
Ils viennent sur la terre pour la détruire.
6. Israël s’appauvrit fort en face de Midiân.
Les Benéi Israël clament vers IHVH-Adonaï.
7. Et c’est quand les Benéi Israël ont clamé vers IHVH-Adonaï au sujet de Midiân,
8. IHVH-Adonaï envoie un homme, un inspiré, aux Benéi Israël. Il leur dit:
« Ainsi a dit IHVH-Adonaï l’Elohîms d’Israël:
‹ Moi-même je vous ai fait monter de Misraîm.
Je vous ai fait sortir de la maison des serfs.
9. Je vous secours de la main de Misraîm, de la main de tous vos oppresseurs.
Je les expulse en face de vous et je vous donne leur terre.
Guid‘ôn voit un messager
10. Je vous dis: Moi, IHVH-Adonaï, votre Elohîms;
vous ne frémirez pas des Elohîms de l’Emori, dont vous habitez la terre. ›
Mais vous n’avez pas entendu ma voix. »
11. Le messager de IHVH-Adonaï vient; il s’assoit sous le pistachier
qui est à ‘Ophra, qui est à Ioash, le père de l’‘Èzri.
Guid‘ôn, son fils, effruite les blés dans le pressoir,
pour les soustraire en face de Midiân.
12. Le messager de IHVH-Adonaï se fait voir à lui. Il lui dit:
« IHVH-Adonaï est avec toi, héros de valeur ! »
13. Guid‘ôn lui dit: « Plaise, mon Adôn ! IHVH-Adonaï existe-t-il avec nous ?
Pourquoi tout cela nous a-t-il trouvés ?
Où sont donc toutes ses merveilles que nous racontèrent nos pères
pour dire: ‹ N’est-ce pas de Misraîm que IHVH-Adonaï nous a fait monter ? ›
Maintenant IHVH-Adonaï nous a lâchés.
Il nous donne dans la paume de Midiân ! »
14. IHVH-Adonaï lui fait face et dit: « Va ainsi, dans ta force, celle-ci;
sauve Israël de la paume de Midiân. Ne t’ai-je pas envoyé ? »
15. Il lui dit: « Plaise, Adonaï ! En quoi sauverai-je Israël ?
Voici, ma famille est la plus chétive de Menashè,
et moi-même le cadet de la maison de mon père. »
16. IHVH-Adonaï lui dit: « Oui, je serai avec toi.
Frappe Midiân comme un seul homme. »
17. Il lui dit: « Si j’ai trouvé grâce à tes yeux,
fais-moi un signe de ce dont, toi, tu me parles.
18. Ne te retire donc pas d’ici avant ma venue vers toi.
Je fais sortir mon offrande, je la pose en face de toi ! »
Il dit: « Moi-même, je resterai jusqu’à ton retour. »
19. Guid‘ôn vient.
Il fait un biquet de chèvre, un épha de mouture azyme.
Il avait mis la chair dans une corbeille.
Il met la sauce dans un pot.
Il sort vers lui sous le pistachier et les lui avance.
20. Le messager d’Elohîms lui dit: « Prends la chair et les azymes.
Dépose-les sur le rocher que voici. La sauce, répands-la. » Il fait ainsi.
21. Le messager de IHVH-Adonaï tend le bout de la houlette qui est en sa main.
Il touche la chair et les azymes.
Le feu monte du roc. Il mange la chair et les azymes.
Le messager de IHVH-Adonaï s’en va loin de ses yeux.
22. Guid‘ôn voit: oui, c’est un messager de IHVH-Adonaï.
Guid‘ôn dit: « Aha, Adonaï IHVH-Elohîms !
Ainsi donc, oui, j’ai vu un messager de IHVH-Adonaï, faces à faces ! »
23. IHVH-Adonaï lui dit: « Paix à toi. Ne frémis pas, tu ne mourras pas. »
24. Guid‘ôn bâtit là un autel à IHVH-Adonaï. Il le crie: « Paix de IHVH-Adonaï. »
Jusqu’à ce jour, il est encore à ‘Ophra d’Abi-ha-‘Èzri.
25. Et c’est en cette nuit-là, IHVH-Adonaï lui dit:
« Prends le bouvillon du boeuf de ton père,
un deuxième bouvillon de sept ans. Casse l’autel du Ba‘al de ton père;
et l’Ashéra qui est au-dessus, tu la trancheras.
26. Bâtis un autel pour IHVH-Adonaï ton Elohîms, sur la tête de ce pic, en rang.
Prends le deuxième bouvillon, monte une montée
avec le bois de l’Ashéra que tu auras tranchée. »
27. Guid‘ôn prend dix hommes de ses serviteurs.
Il fait comme IHVH-Adonaï lui avait parlé.
Et c’est, comme il frémit
avec la maison de son père et les hommes de la ville
de le faire de jour, il le fait de nuit.
28. Les hommes de la ville se lèvent de grand matin.
Voici, l’autel du Ba‘al est démantelé,
l’Ashéra, qui était dessus, tranchée.
Et le deuxième bouvillon de la montée monte sur l’autel bâti.
Guid‘ôn devient Ierouba‘al
29. Ils disent, chacun à son compagnon: « Qui a fait cette parole ? »
Ils consultent, demandent et disent:
« Guid‘ôn bèn Ioash a fait cette parole ! »
30. Les hommes de la ville disent à Ioash:
« Fais sortir ton fils, qu’il meure !
Oui, il a démantelé l’autel de Ba‘al,
oui, il a tranché l’Ashéra qui était dessus. »
31. Ioash dit à tous ceux qui se tenaient près de lui:
« Est-ce vous qui combattrez pour Ba‘al ? Est-ce vous qui le sauverez ?
Qui combattra pour lui sera mis à mort avant le matin.
S’il est un Elohîms, qu’il combatte pour lui.
Oui, il a démantelé son autel ! »
32. Il crie pour lui ce jour-là: Ierouba‘al, pour dire:
« Ba‘al combattra contre lui. Oui, il a démantelé son autel. »
33. Tout Midiân, ‘Amaléq et les Benéi Qèdèm se sont ajoutés ensemble.
Ils passent et campent dans la vallée d’Izre‘èl.
34. Le souffle de IHVH-Adonaï revêt Guid‘ôn. Il sonne du shophar.
Il clame Abi‘èzèr; il se regroupe derrière lui.
35. Il avait envoyé des messagers dans tout Menashè.
Il se regroupe, lui aussi, derrière lui.
Il avait envoyé des messagers à Ashér, à Zebouloun, à Naphtali.
Ils montent à leur abord.
36. Guid‘ôn dit à l’Elohîms:
« Si tu vas sauver Israël par ma main, comme tu l’as parlé,
37. eh bien, j’expose moi-même la toison de laine dans l’aire:
si la rosée se trouve sur la toison seule, toute la terre étant sèche,
je saurai que tu sauveras par ma main Israël, comme tu l’as parlé. »
38. Et c’est ainsi. Il se lève le lendemain de grand matin.
Il presse la toison et exprime la rosée de la toison, un plein bol d’eau.
39. Guid‘ôn dit à l’Elohîms: « Que ta narine ne brûle pas contre moi !
Je parlerai une seule fois, j’éprouverai donc cette seule fois
avec la toison que le sec soit sur la toison seule,
et que sur toute la terre il y ait de la rosée. »
40. Elohîms fait ainsi cette nuit-là.
Le sec est sur la toison seule.
Sur toute la terre, c’était la rosée.
Chapitre 7.
Guid‘ôn épure sa milice
1. Ierouba‘al, lui, Guid‘ôn, se lève de grand matin
avec tout le peuple qui est avec lui. Ils campent à ‘Éïn Harod.
Le camp de Midiân était pour lui au septentrion
de la colline de Morè, dans la vallée.
2. IHVH-Adonaï dit à Guid‘ôn: « Il est trop de peuple avec toi
pour que je donne Midiân en leur main,
qu’Israël ne s’en flatte devant moi pour dire: Ma main m’a sauvé. »
3. Maintenant crie donc aux oreilles du peuple pour dire:
« Que celui qui frémit et tremble s’en retourne et observe du mont Guil‘ad. »
Vingt-deux mille hommes parmi le peuple partent. Dix mille restent.
4. IHVH-Adonaï dit à Guid‘ôn: « Le peuple est encore nombreux.
Fais-les descendre vers les eaux. Là, je l’épurerai pour toi.
Et c’est de qui je te dirai: ‹ Celui-là ira avec toi ›, il ira avec toi.
Et de qui je te dirai: ‹ Celui-là n’ira pas avec toi ›, il n’ira pas. »
5. Il fait descendre le peuple vers les eaux. IHVH-Adonaï dit à Guid‘ôn:
« Tout homme qui lapera l’eau de sa langue comme lape le chien,
tu l’exposeras à part, et tous ceux qui plieront genoux pour boire. »
Guid‘ôn et les lapeurs
6. Et c’est le nombre de ceux qui lapent,
de leur main à leur bouche, trois cents hommes.
Tout le reste du peuple plie genoux pour boire l’eau.
7. IHVH-Adonaï dit à Guid‘ôn: « Avec les trois cents hommes qui ont lapé
je vous sauverai: je donne Midiân en ta main.
Tout le peuple ira, l’homme à son lieu. »
8. Ils prennent des provisions du peuple en leur main et leurs shophars.
Il envoie tout homme d’Israël vers ses tentes.
Il retient les trois cents hommes.
Le camp de Midiân était en dessous, dans la vallée.
9. Et c’est en cette nuit-là, IHVH-Adonaï lui dit: « Lève-toi !
Descends au camp. Oui, je l’ai donné en ta main !
10. Si tu frémis de descendre,
descends, toi, avec Poura, ton adolescent, vers le camp.
11. Tu entendras ce qu’ils diront. Ensuite tes mains se raffermiront.
Descends contre le camp. »
Il descend, lui, avec Poura,
son adolescent, au bout des avant-postes du camp.
12. Midiân, ‘Amaléq et tous les Benéi Qèdèm sont déployés dans la vallée,
comme des criquets, en multitude, avec leurs chameaux sans nombre,
comme le sable sur la lèvre de la mer, en multitude.
La ruse de Guid‘ôn
13. Guid‘ôn vient et, voici, un homme raconte à son compagnon un rêve.
Il dit: « Voici, j’ai rêvé un rêve.
Voici, une fouasse de pain d’orge se renverse dans le camp de Midiân.
Elle vient jusqu’à la tente, elle la frappe et tombe.
Elle la renverse par le haut et la tente tombe. »
14. Son compagnon répond et dit: « Ce n’est rien d’autre que l’épée
de Guid‘ôn bèn Ioash, l’homme d’Israël.
Elohîms a donné en sa main Midiân et tout le camp. »
15. Et c’est quand Guid‘ôn entend le récit du rêve et son explication,
il se prosterne, retourne au camp d’Israël et dit:
« Levez-vous ! Oui, IHVH-Adonaï donne en vos mains le camp de Midiân. »
16. Il divise les trois cents hommes en trois têtes.
À tous, il donne un shophar en main,
des cruches vides avec des torches au milieu des cruches.
17. Il leur dit: « Vous me verrez et vous ferez comme moi.
Voici, je viendrai moi-même au bout du camp.
Et c’est à vous, vous ferez comme je ferai.
18. Je sonne du shophar, moi-même et tous ceux qui sont avec moi.
Vous sonnez du shophar, vous aussi, aux alentours de tout le camp
et vous dites: ‹ Pour IHVH-Adonaï et pour Guid‘ôn ›. »
19. Guid‘ôn vient avec les cent hommes qui sont avec lui,
au bout du camp, en tête de la garde médiane,
alors qu’ils avaient fait lever, lever les gardes.
Ils sonnent du shophar et fracassent les cruches qui sont en leurs mains.
20. Les trois têtes sonnent du shophar. Ils brisent les cruches,
brandissent de leur main gauche les torches,
et de leur main droite, les shophars, pour sonner.
Et ils crient: « L’épée pour IHVH-Adonaï et pour Guid‘ôn ! »
21. Ils se tiennent, l’homme à sa place autour du camp.
Tout le camp court: ils s’exclament, et s’enfuient.
22. Ils sonnent de trois cents shophars.
IHVH-Adonaï met l’épée de l’homme contre son compagnon, dans tout le camp.
Le camp s’enfuit jusqu’à Béit-ha-Shitîm
vers Seréra, jusqu’à la lèvre d’Abél Mehola, en face de Tabat.
23. L’homme d’Israël est alerté de Naphtali, d’Ashér et de tout Menashè.
Ils poursuivent Midiân.
24. Guid‘ôn envoie des messagers dans tout le mont d’Èphraîm:
« Descendez à l’abord de Midiân !
Investissez leurs eaux, jusqu’à Béit Bara et au Iardèn. »
Tout homme d’Èphraîm est alerté.
Ils investissent les eaux jusqu’à Béit Bara et au Iardèn.
25. Ils investissent deux chefs de Midiân, ‘Oréb et Zeéb.
Ils tuent ‘Oréb au Roc d’‘Oréb, et tuent Zeéb au Pressoir de Zeéb.
Ils poursuivent Midiân, puis font venir les têtes d’‘Oréb et de Zeéb,
à Guid‘ôn, au passage du Iardèn.
Chapitre 8.
Guid‘ôn et ses ennemis
1. L’homme d’Èphraîm lui dit: « Quel propos nous as-tu fait,
de ne pas nous appeler quand tu es allé guerroyer contre Midiân ? »
Ils le combattent avec force.
2. Il leur dit: « Qu’ai-je fait maintenant de tel avec vous ?
Le grappillage d’Èphraîm ne vaut-il pas mieux que la vendange d’Abi‘èzèr ?
3. Elohîms a donné en vos mains les chefs de Midiân, ‘Oréb et Zeéb.
Qu’ai-je pu faire de tel que vous ? »
Alors leur souffle se relâche contre lui, quand il parle cette parole.
4. Guid‘ôn vient au Iardèn. Il passe lui-même,
et les trois cents hommes qui sont avec lui, fatigués et pourchassant.
5. Il dit aux hommes de Soukot: « Donnez donc des miches de pain
au peuple qui est sur mes pas; oui, ils sont fatigués.
Moi-même je poursuis Zèbah et Salmouna‘, rois de Midiân. »
6. Les chefs de Soukot disent:
« La paume de Zèbah et de Salmouna‘ est-elle maintenant en ta main,
pour que nous donnions du pain à ta milice ? »
7. Guid‘ôn dit:
« Ainsi, quand IHVH-Adonaï donnera Zèbah et Salmouna‘ en ma main,
je rouerai votre chair de coups avec des carthames du désert,
avec des cardères. »
Victoires de Guid‘ôn
8. Il monte de là à Penouél et leur parle ainsi.
Les hommes de Penouél lui répondent
comme avaient répondu les hommes de Soukot.
9. Il dit aussi aux hommes de Penouél pour dire:
« À mon retour en paix, je démantèlerai cette tour. »
10. Zèbah et Salmouna‘ sont à Qarqor avec leurs camps:
environ quinze mille hommes,
tous les restants de tous les camps des Benéi Qèdèm.
Les tombés, cent vingt mille hommes dégaineurs d’épée.
11. Guid‘ôn monte par la route des habitants des tentes,
au levant de Nobah et de Iagbeha.
Il frappe le camp; le camp était en sécurité.
12. Zèbah et Salmouna‘ s’enfuient. Il les poursuit et prend
les deux rois de Midiân, Zèbah et Salmouna‘. Tout le camp tressaille.
13. Guid‘ôn bèn Ioash retourne de la guerre, par la montée de Hèrès.
14. Il prend un adolescent parmi les hommes de Soukot et le questionne.
Il inscrit pour lui les chefs de Soukot et ses anciens:
soixante-dix-sept hommes.
15. Il vient vers les hommes de Soukot et dit:
« Voici Zèbah et Salmouna‘ par lesquels vous m’avez outragé pour dire:
‹ La paume de Zèbah et de Salmouna‘ est-elle dès maintenant dans ta main,
pour que nous donnions du pain à tes hommes fatigués › ? »
16. Il prend les anciens de la ville,
et, avec les carthames du désert et les cardères,
les fait connaître aux hommes de Soukot.
17. La tour de Penouél, il la démantèle et tue les hommes de la ville.
18. Il dit à Zèbah et Salmouna‘:
« Où sont les hommes que vous avez tués au Tabor ? »
Ils disent: « Ils étaient comme toi, chacun ressemblait au fils du roi. »
19. Il dit: « Ils étaient mes frères, les fils de ma mère.
Vive IHVH-Adonaï ! Si vous les aviez laissés vivre, je ne vous tuerais pas. »
20. Il dit à Iètèr, son aîné: « Lève-toi ! Tue-les ! »
Mais l’adolescent ne dégaine pas son épée.
Oui, il frémissait, car c’était encore un adolescent.
21. Zèbah et Salmouna‘ disent: « Lève-toi toi-même et frappe nous.
Oui, tel homme, tel héroïsme ! »
Guid‘ôn se lève et tue Zèbah et Salmouna‘.
Il prend les lunules du cou de leurs chameaux.
22. L’homme d’Israël dit à Guid‘ôn:
« Gouverne-nous, toi, ton fils et ton petit-fils aussi;
oui, tu nous as sauvés de la main de Midiân. »
Guid‘ôn fait un éphod
23. Guid‘ôn leur dit: « Je ne vous gouvernerai pas,
et mon fils ne vous gouvernera pas; IHVH-Adonaï vous gouvernera. »
24. Guid‘ôn leur dit: « Je vous demanderai une demande.
Donnez-moi, chaque homme, une narinière de son butin. »
Oui, ils avaient des narinières d’or: c’étaient des Ishme‘élîm.
25. Ils disent: « Nous donnerons, nous donnerons. »
Ils déploient la tunique,
et y jettent, chaque homme, une narinière de son butin.
26. Le poids des narinières d’or qu’il avait demandées,
mille sept cents sicles d’or, hormis les lunules, les pendentifs,
les habits pourpres qui sont sur les rois de Midiân,
et hormis les colliers du cou de leurs chameaux.
27. Guid‘ôn en fait un éphod et l’expose en sa ville, à ‘Ophra.
Tout Israël putasse derrière lui, là.
C’est pour Guid‘ôn et sa maison un piège.
28. Midiân est maté face aux Benéi Israël. Ils ne relèvent plus la tête.
La terre se calme quarante ans aux jours de Guid‘ôn.
29. Ierouba‘al bèn Ioash va. Il habite sa maison.
30. Guid‘ôn a soixante-dix fils issus de sa cuisse;
oui, il avait des femmes multiples.
31. Sa concubine, à Shekhèm, lui enfante, elle aussi, un fils.
Il lui met son nom: Abimèlèkh.
32. Guid‘ôn bèn Ioash meurt en bonne sénescence.
Il est enseveli dans le sépulcre de Ioash son père, à ‘Ophra d’Abi-ha-‘Èzri.
33. Et c’est quand Guid‘ôn meurt, les Benéi Israël retournent et putassent
derrière les Ba‘alîm. Ils se mettent Ba‘al Berit pour Elohîms.
34. Les Benéi Israël ne se sont plus souvenus de IHVH-Adonaï, leur Elohîms,
qui les avait secourus de la main de tous leurs ennemis alentour.
35. Et ils ne font pas de faveur à la maison de Ierouba‘al-Guid‘ôn,
pour tout le bien qu’il avait fait à Israël.
Chapitre 9.
Abimèlèkh
1. Abimèlèkh bèn Ierouba‘al va à Shekhèm vers les frères de sa mère.
Il leur parle ainsi qu’à tout le clan
de la maison du père de sa mère pour dire:
2. « Parlez donc aux oreilles de tous les maîtres de Shekhèm:
‹ Qu’est-ce qui est bien pour vous ?
Être gouvernés par soixante-dix hommes, tous fils de Ierouba‘al,
ou être gouvernés par un seul homme ?
Souvenez-vous, oui, moi, je suis votre os et votre chair ›. »
3. Les frères de sa mère parlent de lui toutes ces paroles
aux oreilles de tous les maîtres de Shekhèm.
Leur coeur tend vers Abimèlèkh; oui, ils disent: « C’est notre frère. »
4. Ils lui donnent soixante-dix sicles d’argent, de la maison de Ba‘al Berit,
avec lesquels Abimèlèkh salarie des hommes vides et impétueux.
Ils vont derrière lui.
5. Il vient à la maison de son père à ‘Ophra et tue ses frères,
les fils de Ierouba‘al, soixante-dix hommes, sur une pierre.
Reste Iotâm, le fils cadet de Ierouba‘al, oui, il s’était diss |