home     |  La Bible et Le Coran D'André Chouraqui En Ligne
Iohanan

Annonce de Iohanân
Évangile de Jean

     L’identification de l’auteur du quatrième évangile fait problème. La plus ancienne tradition chrétienne l’attribuait à Iohanân bèn Zabdi, devenu en français Jean, fils de Zébédée, qui l’aurait écrit dans sa vieillesse à Éphèse. Mais à partir du XIXe siècle, même dans l’Église, des exégètes élèvent des doutes: le véritable auteur serait un certain Jean le Presbytre ou, pour d’autres, tout simplement un inconnu. Mais ces thèses ne sont pas sans se heurter à de graves objections. D’éminents critiques affirment l’existence d’une « école johannique » qui aurait recueilli les traditions de Iohanân et leur aurait donné la forme que nous leur connaissons aujourd’hui. Cette opinion tient compte des méthodes, courantes à l’époque, de transmission des textes; elle a l’avantage de sauver, pour l’essentiel, l’origine johannique de l’ouvrage, tout en expliquant certaines des difficultés que la critique biblique croit y déceler.

     Le lieu où Jean aurait rédigé son oeuvre serait, selon d’anciennes traditions transmises par le prologue antimarcionite, Jérôme et Épiphane, l’Asie Mineure; Irénée précise même: la ville d’Éphèse. Éphrem, lui, opte pour Antioche. Des exégètes concilient ces deux opinions en avançant que la rédaction se serait étendue sur une longue période, au cours de laquelle l’auteur aurait séjourné dans ces deux villes. Cet évangile est cité dès la première moitié du IIe siècle; les auteurs, selon leurs tendances, situent sa rédaction entre les années 60 et 100.

     Les exégètes s’évertuent à trouver la clé selon laquelle Jean organise la mise en oeuvre de sa documentation: les uns découvrent dans les douze premiers chapitres de Jean 7 sections de 7 périodes divisées à leur tour en 7 ou 14 parties; d’autres répartissent le texte autour des six fêtes liturgiques dont il est fait mention (2,13; 3,1; 6,4; 7,2; 10,22; 11,55).

     Quelques thèmes fondamentaux caractérisent l’évangile de Jean et se retrouvent tout au long de son oeuvre:

­ Iéshoua‘ le messie est le logos, le mot grec traduisant l’hébreu dabar ou parole de IHVH-Adonaï.
­ Le messie est source de lumière. Jean revient sur le thème initial des premières lignes de la Genèse où la lumière, première des créatures d’Elohîms, est citée cinq fois. Source de lumière, Iéshoua‘ la rend à un aveugle (ch. 9).
­ Iéshoua‘ est le témoin et la route qui mènent à la parfaite adhérence à IHVH-Adonaï et à sa Tora. Ce thème est l’un des plus constants de l’annonce.
­ Iéshoua‘ est la source de la vérité.

     Plutôt qu’une composition en parties nettement distinctes, Jean semble avoir adopté une composition « symphonique », comparable à celle du Cantique des Cantiques. Déconcertés par ce type de composition pourtant bien conforme au génie oriental, des exégètes s’efforcent de recomposer l’évangile de Jean en le pliant aux exigences d’une logique occidentale et moderne. Là où ces exégètes voient une « dislocation » du texte, due à l’intervention de sources distinctes, ne vaut-il pas mieux déceler le talent d’un auteur dont la composition demeure aujourd’hui aussi neuve qu’elle l’était voilà vingt siècles ?

     Le génie de Jean consiste justement à employer le grec pour exprimer le mystère d’une vision hébraïque. Il y réussit en créant une langue nouvelle, sorte d’hébreu-grec où le ciel hébraïque se reflète dans son miroir hellénique.

     C’est l’oeuvre d’un fils d’Israël versé dans les lettres hébraïques aussi bien qu’araméennes et qui n’entend rien cacher de ses racines au profit de je ne sais quel conformisme littéraire. Il lui suffit d’être lui-même; et cela étant, il n’hésite pas devant l’emploi de paratextes, d’inclusions, de chiasmes, de parallélismes, caractéristiques de l’expression hébraïque. Il reproduit dans son texte des mots hébreux ou araméens, accompagnés de leur traduction. Il accumule les sémitismes par le redoublement des verbes. Il donne à certains verbes grecs le sens que leur équivalent a en hébreu; « voir » veut dire ainsi « éprouver » ou « jouir »; « répondre » a le sens du verbe ‘ana, qui signifie en hébreu « prendre la parole »; à son entrée et à sa sortie est la forme concrète que l’Hébreu emploie pour signifier le mouvement de l’homme, ses allées et venues. Jean donne au verbe peripateïn le sens de halakh, aller, « marcher », le mot « main » garde pour lui ses significations hébraïques de « puissance »; jeter au coeur signifie dans son grec particulier « inspirer ».

     L’existence d’un original hébreu ou araméen n’est pas démontrée. Ce serait d’ailleurs une erreur d’opposer de manière tranchée l’hébreu et l’araméen parlés par les contemporains de Iéshoua‘. Le second est abondamment mêlé d’hébraïsmes que l’on retrouve dans son vocabulaire, sa syntaxe, sa morphologie. En fait les deux langues sont devenues, aux premiers siècles de l’ère chrétienne, des soeurs jumelles.

     Mais même quand ils s’expriment ou écrivent en araméen, les Hébreux pensent dans la langue de la Bible, c’est-à-dire en hébreu. Le substrat linguistique de Jean est essentiellement l’hébreu, qu’il ait existé ou non un document préalablement écrit en cette langue. Cette réflexion est valable, à des degrés variables, pour tous les livres du Nouveau Testament.

     Cela nous amène à un deuxième trait, également valable pour l’ensemble des livres de la Bible: il est artificiel de distinguer abruptement entre tradition orale et tradition écrite. Toute oeuvre, avant d’être couchée sur le papier, dans telle ou telle langue, est d’abord gravée dans la pensée de l’homme. Un livre de la nature du quatrième évangile, au-delà du grec, de l’araméen ou de l’hébreu, semble émaner des sources du silence, là où le verbe se révèle en tant que logos, parole vivante. Et c’est à partir d’une contemplation silencieuse qu’il faut lire, comprendre, commenter et, éventuellement, traduire l’oeuvre de Jean.

     L’univers des Hébreux est jalonné de « signes », otot, qui sont autant d’attestations de la volonté de IHVH-Adonaï. Ainsi en est-il de l’évangile de Jean, où Iéshoua‘ change l’eau en vin, sauve un enfant de la mort, guérit un homme paralysé depuis trente-huit ans, nourrit cinq mille hommes avec cinq pains et deux poissons, guérit un aveugle-né, ressuscite d’entre les morts Èl‘azar de Béit-Hananyah. Ces signes majeurs soulignent les axes profonds de la théologie de Jean et annoncent le signe ultime et décisif: la résurrection du crucifié.

     La puissance d’expression de Jean se manifeste dans cette marche en avant d’un homme que rien ne peut arrêter, pas même l’horreur de la crucifixion; en lui, il voit le mashiah bèn Elohîms, le sauveur d’Israël et de l’humanité, le vainqueur du Prince de ce monde, le triomphateur de la mort.

     Par rapport aux évangiles synoptiques, Jean remplace le thème fondamental de la prédication de Iéshoua‘, l’annonce du Royaume (ce mot n’apparaît chez lui qu’en 3,3 et 5 et 18,36), par celui de la vie éternelle, conçue comme un bien eschatologique, divin, mais qu’il est possible de posséder dès maintenant.

     Jean donne des dimensions nouvelles à l’eschatologie. Il n’inclut pas dans son évangile des passages apocalyptiques et ne fait pas mention de la venue du Fils de l’homme sur des nuées, pour son ultime triomphe lors des assises du Jugement dernier. Plus sobre que les synoptiques, il actualise partiellement la gloire de Iéshoua‘, son salut, son jugement. Si bien que les passages sur la résurrection corporelle à la fin des temps, que les pharisiens enseignaient, sont considérés par certains auteurs (mais peut-être à tort) comme des additions adventices. Jean croit en fait au progrès de l’histoire qui a trouvé son sens depuis la venue, la mort et la résurrection du messie. Pour lui, l’histoire de Iéshoua‘ annonce la fin de l’histoire du monde; le messie a vaincu le monde et refoulé dans les ténèbres extérieures le prince de ce monde. Sa mission consiste à découvrir aux hommes les trésors ineffables de la vie, de l’amour, de la paix de IHVH-Adonaï Elohîms.

     Dans ce sens, Jean souligne, davantage peut-être que ses devanciers, le mystère de la personne de Iéshoua‘, de sa transcendance et de sa préexistence. Ainsi comprend-il la passion et le supplice du crucifié comme le début de sa glorification.

     Toute lecture de Jean doit donc tenir compte du caractère sacramentaire et, à certains égards, symbolique de son livre. Son symbolisme, inhérent à la pensée hébraïque, s’enracine cependant dans les faits dont il souligne la signification théologique et sotériologique. Davantage que dans le syncrétisme hellénistique ou dans la gnose orientale, Jean puise son inspiration dans le fond traditionnel de la pensée d’Israël, à une heure où l’espérance messianique apparaît comme l’unique recours contre l’abîme de déréliction où Rome plonge Jérusalem. Ainsi le mysticisme johannique a ses racines non seulement dans les Psaumes et les prophètes, mais dans les préoccupations immédiates des Hébreux, à l’heure de leurs plus grandes épreuves.

     On peut justement penser que ni dans la Bible ni dans la littérature universelle, il n’existe de livre comparable au quatrième évangile. Il confirme en la complétant l’unité profonde de la Bible et de son ultime partie, le Nouveau Testament, aux jaillissements des feux du génie créateur d’Israël, confronté à l’épreuve de la destruction de sa patrie et à l’heure de son exil. Jean voit dans l’incarnation du messie la réponse donnée par IHVH-Adonaï Elohîms à un monde aux abois pour le sauver du néant, en communiquant aux hommes les mystérieux bienfaits de la vie divine.


Chapitre 1.

Entête

1.     Entête, lui, le logos et le logos, lui, pour Elohîms,
et le logos, lui, Elohîms.
2.     Lui entête pour Elohîms.
3.     Tout devient par lui; hors de lui, rien de ce qui advient ne devient.
4.     En lui la vie ­ la vie la lumière des hommes.
5.     La lumière luit dans la ténèbre, et la ténèbre ne l’a pas saisie.
6.     Et c’est un homme, un envoyé d’Elohîms. Son nom, Iohanân.
7.     Il vient pour un témoignage, pour témoigner de la lumière,
afin que tous adhèrent par lui.
8.     Il n’était pas la lumière, mais celui qui témoigne pour la lumière.
9.     La lumière, la vraie, qui éclaire tout homme venant dans l’univers,
10.     lui, dans l’univers, et l’univers est engendré par lui
et l’univers ne l’a pas connu.
11.     Il est venu chez lui, mais les siens ne l’ont pas accueilli.
12.     À tous ceux qui le reçoivent, il a donné le pouvoir
de devenir enfants d’Elohîms, à ceux qui adhèrent à son nom,
13.     nés eux non du sang, non de vouloir de chair,
non de vouloir d’homme, mais d’Elohîms.
14.     Le logos est devenu chair. Il a planté sa tente parmi nous.
Nous avons contemplé sa gloire, gloire comme celle d’un fils unique
auprès du père, plein de chérissement et de vérité.
15.     Iohanân témoigne de lui. Il crie et dit: « C’est de lui que j’ai dit:
Après moi venu, devant moi devenu, parce qu’antérieur à moi, il est ! »
16.     Oui, de sa plénitude nous recevons tous, chérissement après chérissement.
17.     La tora a été donnée par Moshè;
le chérissement et la vérité sont advenus par Iéshoua‘ le messie.
18.     Elohîms, personne ne l’a jamais vu;
l’unique Elohîms dans le sein du père, lui, entraîne.

Témoignage de Iohanân

19.     Et c’est ceci le témoignage de Iohanân, quand les Iehoudîm envoient
de Ieroushalaîm des desservants et des lévites le questionner:
« Toi, qui es-tu ? »
20.     Lui-même déclare, ne nie pas, et déclare:
« Moi, je ne suis pas le messie. »
21.     Ils le questionnent: « Qui es-tu donc ? Élyahou ? »
Il dit: « Je ne le suis pas. »
­ « Es-tu l’inspiré ? » Il répond: « Non. »
22.     Ils lui disent donc: « Qui es-tu, pour que nous donnions réponse
à ceux qui nous ont envoyés ? Que dis-tu de toi-même ? »
23.     Il dit: « Moi ? La voix d’un crieur dans le désert !
Frayez la route de IHVH-Adonaï, comme l’a dit Iesha‘yahou l’inspiré. »
24.     Mais les envoyés des Peroushîm
25.     le questionnent et lui disent: « Pourquoi immerges-tu donc,
si tu n’es pas le messie, ni Élyahou, ni un inspiré ? »
26.     Iohanân leur répond et dit: « Moi, j’immerge dans l’eau.
27.     Parmi vous se tient celui que vous ne connaissez pas.
Il vient après moi
et je ne vaux pas pour délier la lanière de sa sandale. »
28.     Cela survient à Béit-Hananyah au-delà du Iardèn,
là où Iohanân immergeait.
29.     Le lendemain, il regarde Iéshoua‘ venant à lui et dit:
« Voici l’agneau d’Elohîms qui enlève la faute de l’univers.
30.     Le voici, celui dont moi j’ai dit: ‹ Après moi vient un homme,
devant moi devenu, parce que, antérieur à moi, il est. ›
31.     Et moi, je ne pénétrais pas qui il était.
Mais pour qu’il soit manifesté à Israël,
pour cela je suis venu, moi, immerger dans l’eau. »
32.     Iohanân témoigne et dit: « J’ai contemplé le souffle descendre
hors du ciel comme une palombe, et demeurer sur lui.
33.     Et moi, je ne pénétrais pas qui il était.
Mais celui qui m’a envoyé immerger dans l’eau, celui-là m’a dit:
‹ Celui sur qui tu verras le souffle descendre et demeurer sur lui,
c’est lui, il immergera dans le souffle sacré. ›
34.     Et moi, je l’ai vu, j’en témoigne, oui, c’est lui Bèn Elohîms.
35.     Le lendemain, Iohanân de nouveau se tient là avec deux de ses adeptes.
36.     Il fixe son regard sur Iéshoua‘ qui marche. Il dit:
« Voici l’agneau d’Elohîms. »

Deux adeptes

37.     Ses deux adeptes l’entendent parler; ils suivent Iéshoua‘.
38.     Iéshoua‘ se tourne et les voit suivre.
Il leur dit: « Que cherchez-vous ? » Ils lui disent:
« Rabbi ­ ce qui se traduit par ‹ Enseigneur › ­ , où demeures-tu ? »
39.     Il leur dit: « Venez et voyez. » Ils viennent et voient où il demeure.
Ils demeurent avec lui, ce jour-là. C’était vers la dixième heure.
40.     C’est Andreas, le frère de Shim‘ôn-Petros,
l’un des deux qui avaient entendu Iohanân et qui l’avaient suivi.
41.     Celui-là trouve en premier son propre frère Shim‘ôn, il lui dit:
« Nous avons trouvé le mashiah », ce qui se traduit par « Christos. »
42.     Il le conduit à Iéshoua‘. Le fixant, Iéshoua‘ dit:
« Toi, tu es Shim‘ôn bèn Iohanân; tu seras crié Kèpha »;
ce qui se traduit par « Petros ».
43.     Et c’est le lendemain. Il veut sortir vers la Galil.
Iéshoua‘ trouve Philippos et lui dit: « Suis-moi ! »
44.     Philippos était de Béit-Saïda, la ville d’Andreas et de Petros.
45.     Philippos trouve Netanél et lui dit:
« Celui dont il est écrit, par Moshè dans la tora, et par les inspirés,
nous l’avons trouvé, c’est Iéshoua‘ bèn Iosseph, de Nasèrèt. »
46.     Netanél lui dit: « De Nasèrèt, rien de bon peut-il sortir ? »
Philippos lui dit: « Viens et vois. »
47.     Iéshoua‘ voit Netanél venir à sa rencontre et dit de lui:
« Voici vraiment un fils d’Israël en qui n’est pas de fraude ! »
48.     Netanél lui dit: « D’où me connais-tu ? »
Iéshoua‘ répond et lui dit: « Avant que Philippos ne t’appelle,
quand tu étais sous le figuier, je te voyais. »
49.     Netanél lui répond et dit:
« Rabbi, tu es Bèn Elohîms, toi, tu es le roi d’Israël ! »
50.     Iéshoua‘ répond et lui dit: « Parce que je t’ai dit que je t’avais vu
sous le figuier, tu adhères. Tu verras plus que cela ! »
51.     Il lui dit: « Amén, amén, je vous dis,
désormais vous verrez s’ouvrir le ciel
et les messagers d’Elohîms monter et descendre sur le fils de l’homme. »

Chapitre 2.

Une noce à Qana

1.     Le troisième jour, c’est une noce à Qana de Galil.
La mère de Iéshoua‘ est là.
2.     Iéshoua‘ est aussi invité à la noce avec ses adeptes.
3.     Le vin est épuisé.
La mère de Iéshoua‘ lui dit: « Ils n’ont plus de vin. »
4.     Iéshoua‘ lui dit: « Qu’en est-il pour moi et pour toi, femme ?
Mon heure n’est pas encore venue. »
5.     Sa mère dit aux serviteurs: « Ce qu’il vous dira, faites-le. »
6.     Des jarres de pierre sont là, six,
prêtes pour la purification des Iehoudîm;
chacune contient deux ou trois mesures.
7.     Iéshoua‘ leur dit: « Remplissez les jarres d’eau. »
Ils les remplissent jusqu’au bord.
8.     Il dit: « Puisez maintenant, et portez-le au maître de la fête. »
Et ils le portent.
9.     Le maître de la fête goûte l’eau devenue vin et ne sait d’où il vient.
Mais les serviteurs le savent, eux qui avaient puisé de l’eau.
Le maître de la fête appelle l’époux
10.     et lui dit: « Tout homme sert d’abord le bon vin,
puis, quand ils sont émoustillés, le moins bon.
Toi, tu as gardé le beau vin jusqu’à présent. »
11.     Cela, il l’a fait, entête des signes, Iéshoua‘, à Qana de Galil.
Il manifeste sa gloire et ses adeptes adhèrent à lui.
12.     Après quoi, il descend à Kephar-Nahoum, lui, sa mère, ses frères,
ses adeptes. Ils restent là quelques jours.

Les vendeurs du Temple

13.     Pèssah des Iehoudîm est proche. Iéshoua‘ monte à Ieroushalaîm.
14.     Il trouve au sanctuaire les vendeurs de bovins, d’ovins, de palombes
et les changeurs de monnaie, assis là.
15.     Il fait un fouet avec des cordes
et les jette tous hors du sanctuaire, avec les ovins et les bovins.
Il éparpille la monnaie des changeurs et renverse leurs tables.
16.     Il dit aux vendeurs de palombes: « Enlevez cela d’ici !
Ne faites pas de la maison de mon père une maison de commerce ! »
17.     Ses adeptes se souviennent qu’il est écrit:
« Le zèle de ta maison me dévore. »
18.     Les Iehoudîm répondent et lui disent:
« Quel signe nous montres-tu pour faire cela ? »
19.     Iéshoua‘ répond et leur dit:
« Détruisez ce temple et, en trois jours, je le réveillerai. »
20.     Les Iehoudîm disent alors: « En quarante-six ans ce temple a été bâti;
et toi, tu le réveillerais en trois jours ! »
21.     Mais il parlait du temple de son corps.
22.     Donc, quand il eut été réveillé d’entre les morts,
ses adeptes se souvinrent qu’il leur avait dit cela.
Ils adhèrent à l’écrit et à la parole dite par Iéshoua‘.
23.     Quand il est à Ieroushalaîm, pendant le Pèssah, pendant la fête,
beaucoup adhèrent à son nom, en contemplant les signes qu’il faisait.
24.     Mais lui, Iéshoua‘, n’adhère pas à eux, parce qu’il les connaît tous,
25.     et qu’il n’a nul besoin que quiconque porte témoignage sur l’homme.
Oui, lui sait ce qui est en l’homme.

Chapitre 3.

Naqdimôn

1.     Il est un homme parmi les Peroushîm du nom de Naqdimôn,
un chef des Iehoudîm.
2.     Il vient vers lui de nuit et lui dit:
« Rabbi, nous savons que, d’Elohîms, tu es venu en enseigneur.
Non, nul ne peut accomplir ces signes que tu fais
si Elohîms n’est pas avec lui. »
3.     Iéshoua‘ répond et lui dit: « Amén, amén, je te dis,
nul, s’il ne naît d’en haut, ne peut voir le royaume d’Elohîms. »
4.     Naqdimôn lui dit: « Comment un homme peut-il naître s’il est vieux ?
Peut-il une deuxième fois entrer dans le ventre de sa mère et naître ? »
5.     Iéshoua‘ répond: « Amén, amén, je te dis,
nul, s’il ne naît d’eau et de souffle,
ne peut entrer au royaume d’Elohîms.
6.     Ce qui naît de la chair est chair;
ce qui naît du souffle est souffle.
7.     Ne t’étonne pas que je te dise: vous devez naître d’en haut.
8.     Il souffle où il veut, le souffle, et tu entends sa voix.
Mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va;
ainsi de tout natif du souffle. »
9.     Naqdimôn répond et lui dit: « Comment cela peut-il advenir ? »
10.     Iéshoua‘ lui répond et dit:
« Tu es un enseigneur en Israël et tu ne le sais pas !
11.     Amén, amén, je te dis, ce que nous savons, nous le disons;
ce que nous voyons, nous en témoignons;
mais vous n’acceptez pas notre témoignage.
12.     Si je vous parle au sujet de la terre, vous n’adhérez pas.
Comment adhéreriez-vous si je vous parlais des ciels ?
13.     Nul n’est monté au ciel,
sinon celui qui est descendu du ciel, le fils de l’homme.
14.     Et comme Moshè a élevé le serpent au désert,
ainsi doit-il être élevé, le fils de l’homme,
15.     pour que tout homme adhérant à lui ait la vie en pérennité. »
16.     Oui, Elohîms aime tellement l’univers qu’il a donné son fils unique,
afin que tout homme qui adhère à lui ne périsse pas,
mais ait la vie en pérennité.
17.     Non, Elohîms n’a pas envoyé le fils dans l’univers pour juger l’univers,
mais pour que l’univers soit sauvé par lui.
18.     Qui adhère à lui n’est pas jugé; mais qui n’adhère pas à lui est déjà jugé,
parce qu’il n’a pas adhéré au nom du fils unique d’Elohîms.
19.     Et voici le jugement: la lumière est venue dans l’univers;
les hommes ont mieux aimé la ténèbre que la lumière.
Oui, leurs oeuvres étaient criminelles.
20.     Oui, tout fauteur de mal hait la lumière; il ne vient pas à la lumière,
de peur que ses oeuvres ne soient réprouvées.
21.     Mais l’artisan de vérité vient à la lumière
pour qu’il soit manifeste que ses oeuvres sont faites en Elohîms.

Iohanân à ‘Einôn

22.     Après cela, Iéshoua‘ vient avec ses adeptes en terre de Iehouda.
Il séjourne là avec eux et il immerge.
23.     Iohanân aussi immerge à ‘Éinôn, près de Shalèm:
il y a là beaucoup d’eaux. Ils y viennent pour se faire immerger.
24.     Iohanân n’avait pas encore été jeté en prison.
25.     Une discussion survient donc entre les adeptes de Iohanân et un Iehoudi
à propos de la purification.
26.     Ils viennent à Iohanân et lui disent:
« Rabbi, celui qui était avec toi au-delà du Iardèn,
celui pour qui tu as témoigné,
le voilà qui immerge et tous viennent à lui. »
27.     Iohanân répond et dit: « Un homme ne peut rien prendre
de ce qui ne lui a pas été donné par le ciel.
28.     Et vous, vous êtes témoins que j’ai dit:
‹ Je ne suis pas le messie, mais je suis envoyé devant lui. ›
29.     Celui qui a l’épouse, c’est l’époux. Mais l’ami de l’époux,
qui est là et l’entend, se chérit de chérissement à la voix de l’époux.
Voici, ce chérissement est mien en plénitude.
30.     Il doit croître, et moi diminuer. »
31.     Qui vient d’en haut est au-dessus de tout.
Qui est de la terre est de la terre, et de la terre il parle.
32.     Qui vient du ciel est au-dessus de tout;
il témoigne de ce qu’il a vu et entendu,
et nul ne reçoit son témoignage.
33.     Qui reçoit son témoignage scelle de son sceau qu’Elohîms est vérité.
34.     Oui, celui qu’Elohîms envoie parle les dires d’Elohîms;
oui, sans mesure, il donne le souffle.
35.     Le père aime le fils, il a tout donné en sa main.
36.     Qui adhère au fils a la vie en pérennité.
Qui refuse d’adhérer au fils ne voit pas la vie,
mais la brûlure d’Elohîms demeure sur lui.

Chapitre 4.

Une femme, une Shomronit

1.     L’Adôn sait donc que les Peroushîm ont entendu:
« Iéshoua‘ attire et immerge plus d’adeptes que Iohanân »
2.     ­ bien qu’à vrai dire Iéshoua‘ n’immerge pas de lui-même,
mais par ses adeptes.
3.     Il laisse la terre de Iehouda et s’en va de nouveau en Galil.
4.     Il doit traverser le Shomrôn.
5.     Il vient donc dans une ville de Shomrôn dite Soukhar,
voisine du domaine que Ia‘acob avait donné à son fils Iosseph.
6.     Là se trouve la source de Ia‘acob.
Iéshoua‘, donc, est fatigué de la route.
Il s’assoit à la source; c’est environ la sixième heure.
7.     Vient une femme, une Shomronit, pour puiser de l’eau.
Iéshoua‘ lui dit: « Donne-moi à boire. »
8.     Oui, ses adeptes étaient allés dans la ville acheter de la nourriture.
9.     La femme, la Shomronit, lui dit: « Comment, toi qui es un Iehoudi,
tu me demandes à boire, à moi qui suis une femme, une Shomronit ? »
Car les Iehoudîm ne se mêlent pas aux Shomronîm.
10.     Iéshoua‘ répond et lui dit: « Si tu connaissais le don d’Elohîms,
et qui est celui qui te dit: ‹ Donne-moi à boire ›,
toi, tu lui aurais demandé et il t’aurait donné de l’eau vive. »
11.     Elle lui dit: « Adôn, tu n’as pas de seau et le puits est profond.
D’où aurais-tu donc l’eau vive ?
12.     Es-tu plus grand que notre père Ia‘acob qui nous a donné ce puits
et en a bu lui-même avec ses fils et ses troupeaux ? »
13.     Iéshoua‘ répond et lui dit: « Qui boit cette eau a soif à nouveau.
14.     Mais qui boit cette eau que moi je lui donne
n’a plus soif en pérennité, car l’eau que je lui donne
devient en lui source d’eau jaillissante pour la vie en pérennité. »
15.     La femme lui dit: « Adôn, donne-moi cette eau,
pour que je n’aie pas soif et ne me déplace pas pour puiser là. »
16.     Il lui dit: « Va, appelle ton mari et viens ici ! »
17.     La femme répond et dit: « Je n’ai pas de mari. »
Il lui dit: « Tu dis fort bien: ‹ Je n’ai pas de mari. ›
18.     Oui, tu as eu cinq maris et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari.
Ainsi, tu dis vrai ! »
19.     La femme lui dit: « Adôn, je vois que tu es un inspiré, toi !
20.     Nos pères se prosternaient sur cette montagne, mais vous, vous dites:
‹ Le lieu où il faut se prosterner, c’est Ieroushalaîm ! › »
21.     Iéshoua‘ lui dit: « Crois-moi, femme !
L’heure vient où ni sur cette montagne ni à Ieroushalaîm
vous ne vous prosternerez plus devant le père.
22.     Vous, vous vous prosternez devant ce que vous ne connaissez pas.
Nous, nous nous prosternons devant ce que nous connaissons,
parce que le salut vient des Iehoudîm.
23.     Mais l’heure vient, c’est maintenant, où ceux qui se prosternent en vérité
se prosterneront devant le père dans le souffle et la vérité.
Oui, le père cherche ceux qui se prosternent ainsi.
24.     Elohîms est souffle: ceux qui se prosternent devant lui
doivent se prosterner dans le souffle et la vérité. »
25.     La femme lui dit:
« Je sais que le Mashiah vient, celui qui est crié Christos.
Quand celui-là viendra, il nous annoncera tout. »
26.     Iéshoua‘ lui dit: « Moi, je suis, moi qui te parle. »
27.     Et là-dessus surviennent ses adeptes.
Ils s’étonnent qu’il parle à une femme.
Pourtant aucun ne dit: « Que cherches-tu ? »
ou « Pourquoi lui parles-tu ? »
28.     La femme laisse donc sa cruche, va en ville et dit aux hommes:
29.     « Venez, voyez un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait.
N’est-il pas le Mashiah ? »
30.     Ils sortent de la ville et viennent à lui.
31.     Entre-temps, ses adeptes le prient et disent: « Rabbi, mange ! »
32.     Mais il leur dit: « J’ai à manger un aliment que vous ne connaissez pas. »
33.     Les adeptes se disent donc l’un à l’autre:
« Quelqu’un lui a-t-il apporté à manger ? »
34.     Iéshoua‘ leur dit: « Ma nourriture est de faire le vouloir
de qui m’a envoyé, et de parfaire son oeuvre.
35.     Ne dites-vous pas, vous: ‹ Encore quatre mois et la moisson viendra › ?
Voici, je vous dis, levez les yeux et contemplez:
les campagnes blanchissent déjà pour la moisson.
36.     Le moissonneur prend son salaire,
et rassemble la récolte pour la vie en pérennité,
afin qu’ils se chérissent ensemble, le semeur et le moissonneur.
37.     Ainsi la parole est vraie:
‹ Autre est le semeur, autre le moissonneur. ›
38.     Moi, je vous envoie moissonner là où vous n’avez pas labouré.
D’autres ont labouré et vous êtes entrés dans leur labour. »
39.     De nombreux Shomronîm de cette ville-là adhèrent à lui sur la parole
de la femme qui témoigne: « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. »
40.     Quand les Shomronîm viennent à lui,
ils le prient de demeurer avec eux; il demeure là deux jours,
41.     et beaucoup plus adhèrent à sa parole.
42.     Ils disent à la femme:
« Désormais, ce n’est plus sur tes dires que nous adhérons.
Oui, nous avons nous-mêmes entendu
et nous savons qu’en vérité c’est lui le sauveur de l’univers. »

Ton fils vit !

43.     « Après les deux jours, il sort de là en Galil,
44.     bien que Iéshoua‘ lui-même ait témoigné
qu’un inspiré est sans honneur dans sa patrie.
45.     Quand il vient en Galil, les Galiléens l’accueillent,
ayant vu tout ce qu’il avait fait à Ieroushalaîm durant la fête.
Oui, eux aussi étaient venus à la fête.
46.     Il vient donc encore une fois à Qana de Galil,
là où il avait fait l’eau en vin.
Un fonctionnaire royal avait son fils malade à Kephar-Nahoum.
47.     Quand il entend que Iéshoua‘ est venu de Iehouda en Galil,
il va vers lui et le prie de descendre rétablir son fils:
oui, il allait mourir.
48.     Iéshoua‘ lui dit alors:
« Si vous ne voyez pas des signes et des prodiges,
vous n’adhérez pas ! »
49.     Le fonctionnaire royal lui dit:
« Adôn, viens, avant que ne meure mon petit ! »
50.     Iéshoua‘ lui dit: « Va, ton fils vit ! »
L’homme adhère à la parole que Iéshoua‘ lui a dite et il va.
51.     Comme il descend déjà, ses serviteurs le rencontrent
et lui disent que son enfant vit.
52.     Il s’enquiert de l’heure à laquelle il s’était senti mieux.
Ils lui disent: « Hier, à la septième heure, la fièvre l’a laissé. »
53.     Et le père reconnaît l’heure
où Iéshoua‘ lui avait dit: « Ton fils vit. »
Il adhère, lui, et toute sa maison.
54.     Cela, de nouveau, est un deuxième signe que fait Iéshoua‘
en venant de Iehouda en Galil.

Chapitre 5.

À la piscine de Béit-Hasda

1.     Après cela, c’est une fête des Iehoudîm. Iéshoua‘ monte à Ieroushalaîm.
2.     Il existe maintenant à Ieroushalaîm, près de la Probatique,
la piscine surnommée en hébreu Béit-Hasda, ayant cinq portiques.
3.     Dans ceux-là gît une multitude d’infirmes,
aveugles, boiteux, paralysés.
4.     Oui, le messager de IHVH-Adonaï descend par moments dans la piscine,
et l’eau bouillonne.
Le premier à y descendre, après le bouillonnement de l’eau,
est guéri, quelle que soit la maladie dont il souffrait.
5.     Un homme, infirme depuis trente-huit ans, est là.
6.     Iéshoua‘ le voit étendu, il sait que le temps est déjà long.
Il lui dit: « Veux-tu être guéri ? »
7.     L’infirme lui répond: « Adôn, je n’ai personne
pour me jeter dans la piscine au bouillonnement de l’eau.
Le temps d’y arriver, et un autre est descendu avant moi. »
8.     « Iéshoua‘ lui dit: « Réveille-toi ! Prends ton grabat et marche ! »
9.     À l’instant, l’homme est guéri; il prend son grabat et marche.
C’est un shabat, ce jour-là.
10.     Des Iehoudîm disent donc à l’homme soigné: « C’est le shabat.
Il ne t’est pas permis de porter ton grabat. »
11.     Il leur répond: « Celui qui m’a guéri m’a dit:
‹ Prends ton grabat et marche ›. »
12.     Ils le questionnent: « Quel est l’homme qui t’a dit: ‹ Prends et marche › ? »
13.     Mais, rétabli, il ne sait pas qui c’était.
Oui, Iéshoua‘ s’était esquivé dans la foule qui était en ce lieu.
14.     Après cela, Iéshoua‘ le trouve dans le sanctuaire et lui dit:
« Vois, tu es guéri. Ne faute plus, pour qu’il ne t’arrive rien de pire. »
15.     L’homme s’en va dire aux Iehoudîm que c’est Iéshoua‘ qui l’a guéri.
16.     C’est pourquoi des Iehoudîm poursuivent Iéshoua‘,
parce qu’il a fait cela un shabat.
17.     Mais Iéshoua‘ leur répond:
« Mon père jusqu’à maintenant travaille, et moi je travaille. »
18.     C’est pourquoi des Iehoudîm cherchent d’autant plus à le tuer,
non seulement parce qu’il refuse le shabat,
mais dit encore qu’Elohîms est son propre père,
s’égalant lui-même à Elohîms.

Le fils et le père

19.     Iéshoua‘ répond et leur dit: « Amén, amén, je vous dis,
le fils ne peut rien faire de lui-même,
sauf ce qu’il voit faire par le père.
Oui, quoi qu’il fasse, le fils aussi le fait de même.
20.     Oui, le père aime le fils et lui montre tout ce qu’il fait.
Il lui montrera des oeuvres plus grandes que celles-là,
pour que vous vous émerveilliez.
21.     Oui, comme le père réveille les morts et les fait vivre,
ainsi le fils fait vivre aussi ceux qu’il veut.
22.     Car le père ne juge personne, mais a donné tout le jugement au fils,
23.     pour que tous glorifient le fils comme ils glorifient le père.
Qui ne glorifie pas le fils
ne glorifie pas non plus le père qui l’a envoyé.
24.     Amén, amén, je vous dis, qui entend ma parole
et adhère à celui qui m’a envoyé a la vie en pérennité.
Il ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie.
25.     Amén, amén, je vous dis, l’heure vient, c’est maintenant
où les morts entendront la voix du fils d’Elohîms,
et ceux qui l’entendront vivront.
26.     Oui, comme le père a la vie en lui-même,
ainsi donne-t-il au fils d’avoir la vie en lui-même.
27.     Il lui donne la puissance de faire le jugement,
parce qu’il est fils d’homme.
28.     Ne vous étonnez pas de cela:
l’heure vient, où tous ceux des sépulcres entendront sa voix.
29.     Ils sortiront, les faiseurs de bien pour un relèvement de vie,
et les fauteurs de mal pour un relèvement de condamnation.
30.     Je ne peux rien faire de moi-même.
D’après ce que j’entends, je juge, et mon jugement, le mien, est juste,
parce que je ne cherche pas mon vouloir,
mais le vouloir de celui qui m’a envoyé.
31.     Si je témoigne pour moi-même, mon témoignage n’est pas vrai.
32.     C’est un autre qui témoigne pour moi, et, je le sais,
le témoignage dont il témoigne pour moi est vrai.
33.     Vous avez envoyé à Iohanân et il a témoigné de la vérité.
34.     Moi, je ne reçois pas le témoignage d’un homme,
mais je dis cela pour que vous soyez sauvés.
35.     Lui, c’était la lampe qui brûle et brille.
Vous avez voulu vous-mêmes exulter une heure en sa lumière.
36.     Moi, j’ai un témoignage plus grand que celui de Iohanân;
oui, les oeuvres que le père m’a donné d’accomplir,
ces oeuvres que je fais témoignent pour moi que le père m’a envoyé.
37.     Le père qui m’a envoyé, lui-même a témoigné pour moi;
mais vous n’avez jamais entendu sa voix,
vous n’avez jamais vu son apparence.
38.     Sa parole, vous ne l’avez pas qui demeure en vous,
parce que vous n’adhérez pas à celui qu’il a envoyé.
39.     Vous scrutez les Écrits, parce que vous, vous croyez avoir par eux
la vie en pérennité, mais eux-mêmes témoignent pour moi.
40.     Or, vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie.
41.     Je ne reçois pas la gloire des hommes.
42.     Mais je vous connais: l’amour d’Elohîms, vous ne l’avez pas en vous.
43.     Moi, je viens au nom de mon père, et vous ne me recevez pas.
Qu’un autre vienne en son propre nom et vous le recevrez !
44.     Comment pourriez-vous adhérer,
vous qui tenez votre gloire les uns des autres,
et qui ne cherchez pas la gloire qui vient d’Elohîms, l’unique ?
45.     Ne croyez pas que je vous accuserai en face de mon père.
Votre accusateur, c’est Moshè, en qui vous espérez.
46.     Oui, si vous adhériez à Moshè, vous adhéreriez à moi aussi:
oui, c’est de moi qu’il a écrit.
47.     Mais si vous n’adhérez pas à ses écrits,
comment adhérerez-vous à mes paroles ? »

Chapitre 6.

Cinq pains, deux poissons

1.     Après quoi, Iéshoua‘ va de l’autre côté de la mer de Galil, de Tiberias.
2.     Une foule nombreuse le suit
parce qu’ils avaient vu les signes qu’il avait faits sur des malades.
3.     Iéshoua‘ monte sur la montagne et s’assoit là avec ses adeptes.
4.     Pèssah, la fête des Iehoudîm, approche.
5.     Iéshoua‘ donc lève les yeux
et contemple une foule nombreuse à lui venue.
Il dit à Philippos:
« D’où achèterons-nous du pain pour qu’ils mangent ? »
6.     Il dit cela pour l’éprouver, car il sait ce qu’il va faire.
7.     Philippos lui répond:
« Deux cents deniers de pain ne leur suffiraient pas
pour que chacun reçoive un petit peu ! »
8.     Un de ses adeptes, Andreas, le frère de Shim‘ôn-Petros, lui dit:
9.     « Il y a ici un petiot qui a cinq pains d’orge et deux poissons.
Mais cela, qu’est-ce pour tant de monde ? »
10.     Iéshoua‘ dit: « Faites s’étendre les gens. »
Il y a beaucoup d’herbe en ce lieu.
Les hommes s’étendent donc, au nombre d’environ cinq mille.
11.     Iéshoua‘ prend donc les pains, remercie
et les distribue aux convives, avec des poissons à volonté.
12.     Quand ils sont pleins, il dit à ses adeptes:
« Rassemblez les parts en surplus, que rien ne se perde. »
13.     Ils les rassemblent alors et remplissent douze couffins
des parts en surplus des cinq pains d’orge,
après qu’ils se sont repus.
14.     Les hommes voient ce signe qu’il a fait. Ils disent:
« Celui-ci est vraiment l’inspiré qui vient dans l’univers. »
15.     Iéshoua‘ cependant sait qu’ils doivent venir l’enlever pour le faire roi.
Il se retire encore une fois, sur la montagne, tout seul.

Sur la mer

16.     Le soir venu, ses adeptes descendent à la mer.
17.     Ils montent en bateau
pour aller de l’autre côté de la mer, à Kephar-Nahoum.
Les ténèbres sont déjà là, et Iéshoua‘ n’est pas encore venu vers eux.
18.     Un grand vent souffle, la mer se soulève.
19.     Ils ont ramé environs vingt-cinq ou trente stades,
quand ils voient Iéshoua‘ marcher sur la mer.
Il s’approche du bateau. Ils frémissent.
20.     Mais il leur dit: « Moi, je suis, ne frémissez pas. »
21.     Ils veulent le prendre dans le bateau.
À l’instant la barque est à terre, là où ils vont.

Le pain descendu du ciel

22.     Le lendemain, la foule se tient de l’autre côté de la mer.
Elle voit qu’il n’y avait pas là de barque, sauf une.
Iéshoua‘ n’était pas entré dans la barque avec ses adeptes.
Ses adeptes seuls s’en étaient allés.
23.     Mais des bateaux viennent de Tiberias, près du lieu
où ils avaient mangé le pain, l’Adôn ayant remercié.
24.     Quand la foule voit que Iéshoua‘ n’est pas là, ni ses adeptes,
ils montent dans des barques; ils viennent à Kephar-Nahoum
pour chercher Iéshoua‘.
25.     Ils le trouvent de l’autre côté de la mer et lui disent:
« Rabbi, depuis quand te trouves-tu là ? »
26.     Iéshoua‘ répond et leur dit: « Amén, amén, je vous dis,
vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes,
mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés.
27.     Travaillez, non pour l’aliment qui périt,
mais pour l’aliment qui demeure pour la vie en pérennité,
celui que le fils de l’homme vous donne.
Oui, celui-là, le père, Elohîms l’a marqué d’un sceau. »
28.     Ils lui disent: « Que ferons-nous pour travailler au travail d’Elohîms ? »
29.     Iéshoua‘ répond et leur dit:
« Voici le travail d’Elohîms: adhérez à celui qu’il a envoyé. »
30.     Ils lui disent alors: « Quel signe fais-tu donc, toi,
pour que nous voyions et adhérions à toi ? Quel travail ?
31.     Nos pères ont mangé la manne au désert, comme il est écrit:
‹ Il leur a donné à manger un pain du ciel ›. »
32.     Iéshoua‘ leur dit: « Amén, amén, je vous dis,
ce n’est pas Moshè qui vous a donné le pain du ciel;
c’est mon père qui vous donne le pain du ciel, le vrai.
33.     Oui, le pain d’Elohîms,
c’est celui qui descend du ciel et donne vie à l’univers. »
34.     Ils lui disent donc: « Adôn, donne-nous toujours de ce pain. »
35.     Iéshoua‘ leur dit: « Moi, je suis le pain de la vie.
Qui vient vers moi n’aura plus faim;
qui adhère à moi n’aura plus soif, jamais.
36.     Mais je vous l’ai dit et vous m’avez vu, mais vous n’adhérez pas.
37.     Tout ce que me donne le père viendra à moi;
je ne jette pas dehors celui qui vient à moi.
38.     Je suis descendu du ciel, non pour faire mon vouloir,
mais le vouloir de celui qui m’a envoyé.
39.     Tel est le vouloir de celui qui m’a envoyé
que je ne perde rien de ce qu’il m’a donné,
mais que je le relève au dernier jour.
40.     Oui, tel est le vouloir de mon père
que tout homme contemplant le fils et adhérant à lui
ait la vie en pérennité.
Et moi, je le relèverai au dernier jour. »
41.     Les Iehoudîm murmurent contre lui parce qu’il a dit:
« Je suis le pain qui est descendu du ciel. »
42.     Ils disent: « Celui-là, n’est-il pas Iéshoua‘ bèn Iosseph ?
Nous connaissons son père et sa mère !
Comment dit-il maintenant: ‹ Je suis descendu du ciel › ? »
43.     Iéshoua‘ répond et leur dit: « Ne murmurez pas entre vous !
44.     Nul ne peut venir à moi si mon père qui m’a envoyé ne le tire.
Et moi, je le relèverai au dernier jour.
45.     Il est écrit dans les inspirés: ‹ Ils seront tous enseignés par Elohîms. ›
Aussi, qui entend auprès du père et apprend vient à moi.
46.     Non que personne ait vu le père, sinon celui qui est auprès d’Elohîms.
Celui-là a vu le père.
47.     Amén, amén, je vous dis: Celui qui adhère a la vie en pérennité.
48.     Je suis, moi, le pain de la vie.
49.     Vos pères, au désert, ont mangé la manne et sont morts.
50.     Voici le pain qui descend du ciel,
l’homme qui le mange ne meurt pas.
51.     Moi, je suis le pain vivant venu du ciel.
Si quelqu’un mange de ce pain, il vit en pérennité.
Le pain que je donne, c’est ma chair, pour la vie de l’univers. »
52.     Les Iehoudîm se disputent entre eux et disent:
« Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
53.     Iéshoua‘ leur dit: « Amén, amén, je vous dis,
si vous ne mangez pas la chair du fils de l’homme
et si vous ne buvez pas son sang,
vous n’avez pas la vie en vous-mêmes.
54.     Qui mâche ma chair et boit mon sang a la vie en pérennité;
et moi, je le relèverai au dernier jour.
55.     Oui, ma chair est vrai aliment, mon sang est vrai breuvage.
56.     Qui mâche ma chair, qui boit mon sang, demeure en moi, et moi en lui.
57.     Comme le père vivant m’a envoyé et comme je vis par le père,
ainsi, qui me mâche, celui-là aussi vivra par moi.
58.     Tel est le pain descendu du ciel,
non pas comme ont mangé les pères, et ils sont morts.
Qui mâche ce pain vit en pérennité. »
59.     Il dit ces paroles en enseignant dans une synagogue à Kephar-Nahoum.
60.     En l’entendant, beaucoup de ses adeptes disent:
« Cette parole est dure ! Qui peut l’entendre ? »
61.     Mais Iéshoua‘ sait en lui-même que ses adeptes murmurent contre cela.
Il leur dit: « Est-ce que cela vous fait trébucher ?
62.     Et donc si vous voyez le fils de l’homme monter là où il était d’abord ?
63.     C’est le souffle qui vivifie; la chair ne sert à rien.
Les mots que je vous ai dits sont souffle et vie.
64.     Mais il en est quelques-uns parmi vous qui n’adhèrent pas. »
Oui, Iéshoua‘ sait dès l’entête quels sont ceux qui n’adhèrent pas
et qui est celui qui le livrera.
65.     Il dit: « Voilà pourquoi je vous ai dit que nul ne peut venir à moi
si cela ne lui a pas été donné par le père. »
66.     Depuis lors, beaucoup de ses adeptes vont en arrière
et ne marchent plus avec lui.
67.     Iéshoua‘ dit aux Douze: « Vous aussi, vous voulez partir ? »
68.     Shim‘ôn-Petros lui répond: « Adôn, vers qui irions-nous ?
Les paroles de la vie en pérennité, tu les as.
69.     Nous avons adhéré, nous savons que toi tu es le consacré à Elohîms. »
70.     Iéshoua‘ leur répond:
« N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les Douze ?
Et l’un d’entre vous est un diable. »
71.     Il le dit de Iehouda bèn Shim‘ôn, l’homme de Qériot,
qui allait le livrer, l’un des Douze.

Chapitre 7.

Soukot

1.     Après cela, Iéshoua‘ marche en Galil.
Non, il ne veut pas marcher en Iehouda,
car les Iehoudîm cherchent à le mettre à mort.
2.     La fête des Iehoudîm approche: Soukot.
3.     Ses frères lui disent donc: « Pars et va en Iehouda,
pour que tes adeptes voient les travaux que tu fais.
4.     Non, nul ne fait rien en secret s’il cherche la publicité.
Si tu fais tout cela, manifeste-toi toi-même à l’univers. »
5.     Car même ses frères n’adhèrent pas à lui.
6.     Iéshoua‘ leur dit: « Mon temps à moi n’est pas encore là;
votre temps à vous est toujours prêt.
7.     L’univers ne peut vous haïr; mais moi, il me hait,
parce que je témoigne que ses travaux sont criminels.
8.     Vous, montez à la fête; moi, je ne monterai pas à cette fête,
parce que mon temps n’est pas encore rempli. »
9.     Il parle ainsi et demeure en Galil.
10.     Mais quand ses frères sont montés à la fête, il y monte, lui aussi,
non pas ouvertement, mais en secret.
11.     Les Iehoudîm le cherchent donc à la fête et disent:
« Où est-il, celui-là ? »
12.     Et les murmures le concernant sont nombreux dans la foule.
Les uns disent: « Il est bon »; et les autres:
« Non, mais il égare la foule. »
13.     Cependant, nul ne parle de lui librement, par crainte des Iehoudîm.
14.     C’est déjà le milieu de la fête.
Iéshoua‘ monte au sanctuaire et il enseigne.
15.     Les Iehoudîm s’étonnent et disent:
« Comment celui-ci peut-il connaître les lettres sans avoir été instruit ? »
16.     Iéshoua‘ leur répond et dit:
« Mon enseignement n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé.
17.     Qui veut faire son vouloir saura au sujet de l’enseignement
s’il est d’Elohîms ou si, moi, je parle de moi-même.
18.     Qui parle de lui-même cherche sa propre gloire;
qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé,
celui-là est véridique; il n’est pas en lui d’iniquité.
19.     Moshè ne vous a-t-il pas donné la tora ?
Mais nul parmi vous ne pratique la tora !
Pourquoi cherchez-vous à me tuer ? »
20.     La foule répond: « Tu as un démon ! Qui cherche à te tuer ? »
21.     Iéshoua‘ répond et leur dit:
« J’ai fait un seul travail, et vous êtes tous étonnés.
22.     C’est pourquoi Moshè vous a donné la circoncision
­ non qu’elle soit de Moshè, mais des Pères ­,
et, le shabat, vous circoncisez un homme.
23.     Si l’homme reçoit la circoncision le shabat,
pour que la tora de Moshè ne soit pas détruite,
pourquoi bilez-vous contre moi quand je donne la santé
à un homme tout entier le shabat ?
24.     Ne jugez pas sur l’apparence, mais jugez d’un juste jugement. »

Celui-là, c’est le messie !

25.     Des habitants de Ieroushalaîm disent alors:
« N’est-ce pas celui qu’ils cherchent à tuer ?
26.     Or voici qu’il parle en public, et ils ne lui disent rien !
Peut-être nos chefs ont-ils vraiment reconnu qu’il est le messie.
27.     Pourtant, celui-là, nous savons d’où il est.
Mais, le messie, quand il viendra, nul ne saura d’où il est. »
28.     Alors Iéshoua‘ crie dans le sanctuaire, enseigne et dit:
« Vous savez qui je suis et vous savez d’où je suis !
Or je ne suis pas venu de moi-même,
mais celui qui m’a envoyé, est véridique,
et vous, vous ne le connaissez pas.
29.     Moi, je le connais, parce que d’auprès de lui je suis
et qu’il m’a envoyé. »
30.     Ils cherchent donc à l’arrêter, mais personne ne jette la main sur lui:
son heure n’est pas encore venue.
31.     Dans la foule, beaucoup adhèrent à lui et disent:
« Le messie, quand il viendra, fera-t-il plus de signes que celui-ci n’en fait ? »
32.     Les Peroushîm entendent la foule murmurer cela de lui.
Les chefs des desservants et les Peroushîm
envoient des gardes pour l’arrêter.
33.     Iéshoua‘ dit alors: « Je suis avec vous un peu de temps encore,
et je m’en vais vers celui qui m’a envoyé.
34.     Vous me ch