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Marcos

Annonce de Marcos
Évangile de Marc

     Bossuet appelait Marc « le divin abréviateur » et de fait, pendant des siècles, des chrétiens ont affirmé l’antériorité de Matthieu; le deuxième évangile en serait un résumé. La critique biblique a mis en doute cette opinion: Marc serait le plus ancien des évangiles synoptiques. Elle s’est appuyée sur une analyse critique des textes: quatre-vingt dix pour cent des versets de Marc se trouvent dans Matthieu sous une forme plus condensée, et la substance de cinquante pour cent d’entre eux se retrouve dans Luc. Plus de cinquante pour cent du vocabulaire de Marc est également utilisé par Matthieu et Luc, qui reflètent une même structure d’exposition biographique et semblent adapter un texte original à leur style personnel, plus souple, plus ample ou plus littéraire.

     La thèse de l’antériorité de Marc n’a pourtant pas convaincu tous les exégètes. Nombre d’entre eux continuent d’être fidèles à l’ancienne tradition; celle-ci réapparaît sous une forme plus moderne chez les critiques qui distinguent le Matthieu hébréo-araméen originel, directement issu des traditions orales primitives, du Matthieu grec, celui de nos évangiles. Ce dernier seul serait postérieur au Marc actuel. Ces fluctuations démontrent combien, en matière vétéro- ou néo-testamentaire, notre savoir ne se hasarde le plus souvent que sur les rives de nos incertitudes et de nos ignorances.

     Le deuxième évangile ne comporte pas de nom d’auteur, mais la tradition de l’Église l’attribue, unanime, à Marc, en grec Marcos. Ce prénom d’origine romaine, signifiant « Marteau », est cité à dix reprises dans le Nouveau Testament.

     L’incertitude que nous retrouvons presque toujours en matière de chronologie biblique place, selon les auteurs, la date de la rédaction entre les années 40 et 75. Plusieurs critiques pensent qu’elle pourrait être de peu postérieure à la mort de Pierre (64). Le livre aurait été rédigé à Rome, à moins que ce ne soit, selon l’opinion de Jean Chrysostome, en Égypte, ou, selon d’autres, à Antioche. Son auteur était un Hébreu, un Sémite; il parlait les langues de la Bible, l’hébreu et l’araméen; il avait appris le grec mais le maniait sans habileté particulière.

     L’évangile de Marc s’oriente tout entier vers ce qu’il y a de plus important au regard de son auteur: le procès, la passion, la mort et la résurrection de Iéshoua‘. La première partie n’est qu’une introduction qui décrit, après un préambule (1,1-13), le ministère en Galilée (1,14 à 7,23) et hors de Galilée (7,24 à 8,26). L’art consiste ici dans la simplicité de la narration et des discours qui définissent à grands traits la personne de Iéshoua‘, son enseignement, ses miracles, ainsi que les conflits que son action déclenche dans le pays.

     Le voyage de Galilée à Jérusalem (8,27 à 10,52) sert de toile de fond aux instructions que Iéshoua‘ donne à ses adeptes. Le récit prend aussitôt un accent tragique par la confession de Césarée et la première annonce de la passion et de la résurrection (8,27-33).

     Le récit du ministère de Iéshoua‘ à Jérusalem sert ainsi de prélude à la passion et à la résurrection. Marc distribue les faits et les gestes du messie en trois journées dramatiques (premier jour: 11,1-11; deuxième jour: 11, 12-19; troisième jour: 11,20 à 12,44). ll semble qu’il ait introduit dans ce cadre chronologique cinq discours de controverses qui appartiennent plutôt à la période galiléenne (11,27-33; 12,13-17; 12,18-27, 12,28-34; 12,35-37). Cette composition accroît cependant l’effet dramatique de la narration, qui débouche sur le discours apocalyptique (13,1-37) et le récit de la crucifixion et de la résurrection de Iéshoua‘ (14,1 à 16,8). La sobriété de Marc est exemplaire: il décrit les faits, sans qu’un cri d’horreur ou d’amour interrompe son récit. Pour lui, Iéshoua‘ devait mourir pour accomplir la volonté de IHVH-Adonaï, auprès de laquelle la lâcheté des adeptes, la trahison de Iehouda, l’hypocrisie des prêtres au pouvoir ou la barbarie des bourreaux romains, ne sont que des contingences. L’essentiel est que s’accomplisse la parole de IHVH-Adonaï.

     Le style de Marc tire tout son relief du dépouillement de son vocabulaire. Marc n’a pas lu Homère, Platon ou Aristote. C’est un Hébreu, qui connaît la limite de ses ressources en grec. Il se met à la portée de son public en lui expliquant certaines coutumes bibliques (7,3-4; 14,12; 15,42) ou en traduisant en grec des expressions hébréo-araméennes (3,17; 5,41; 7,11-34; 14,36; 15,22-34).

     Ses latinismes sont nombreux, et ceux-là, il ne prend pas la peine de les expliquer: les mots que nous traduisons denier, centurion, cens, quart d’as, grabat, légion, cruche, garde, satisfaire, sont dans le grec du deuxième évangile de simples transcriptions du latin.

     Marc excelle à décrire des situations concrètes: il emploie 11 mots pour désigner la maison et ses parties, 10 pour divers vêtements, 9 pour les aliments. Visant à la précision, il note, en 113 passages, des détails qui seront omis par Matthieu et par Luc.

     Comme tous les Hébreux de ce temps, Marc est imprégné de Bible: il pense en hébreu même quand il s’exprime en grec. Il multiplie les parallélismes, qui sont l’une des constantes de la pensée sémitique (11,28; 12,14; 13,4; 15,29). Les redondances trahissent son origine populaire et sa prédilection pour le style parlé; il aime des répétitions de termes (les enseignements qu’ils enseignent, 7,7; la création créée par Elohîms, 13,19; des élus qu’il a élus, 13,20; l’inscription [...] écrite, 15,26).

     Il n’est pas suffisant de parler d’une influence sémitique « indéniable » dans son livre. Même si l’hypothèse d’un original hébréo-araméen de Marc est souvent critiquée, l’auteur, parce qu’il est hébreu et qu’il est imprégné d’influences bibliques et hébraïques, pense toujours en hébreu. Moins directement peut-être que dans Matthieu, sous la surface du texte grec, ce sont les profondeurs de l’âme hébraïque que l’écrit découvre.

     Une tradition qui date de Papias (vers 130) affirme que Marc, pour écrire son évangile, s’était appuyé sur la prédication et l’autorité de Pierre. Cette thèse, âprement discutée par la critique biblique, est pourtant confirmée par un examen du second évangile: celui-ci commence juste à l’instant ou Pierre devient l’adepte de Iéshoua‘ et il met l’accent sur le ministère galiléen, dont le centre est Kephar-Nahoum où se trouvait la maison de Pierre. Ce dernier a pu être le témoin oculaire des faits dont Marc se serait fait le chroniqueur.

     Mais Marc, auteur indépendant, avait en tout cas à sa disposition la tradition orale largement diffusée par les adeptes. Nous retrouvons ici l’hypothèse d’un original hébréo-araméen du livre de Marc, éloquemment défendue par C. C. Torrey et bien d’autres: mais tant que cet original n’aura pas été découvert, elle ne demeurera qu’une hypothèse.

     Marcos appelle son messie de différents noms: Iéshoua‘ (sous la forme hellénisée Ièsous) revient 82 fois, dont une sous la forme de Iéshoua‘ Mashiah, Ièsous Christos (1,1). La finale non marcienne l’appelle l’Adôn Iéshoua‘, Kurios Ièsous (16,19). Il est aussi le Rabbi (3 occurrences) et le Rabbouni (1 occurrence), le Nabi, inspiré, prophète (4 occurrences). Il serait regrettable d’oublier de désigner Iéshoua‘ sous ces deux derniers titres: ils le rattachent indissolublement à l’histoire de son peuple et à la Bible hébraïque.

     Le portrait que Marc trace du rabbi-nabi est très humain. Plus que Matthieu et Luc, Marc fait revivre l’homme que fut Iéshoua‘ en nous faisant partager ses émotions, ses souffrances, sa faiblesse, son espérance. Cet homme est aussi un thaumaturge: Marc ne décrit pas moins de vingt miracles accomplis par Iéshoua‘; ils soulignent sa puissance et du même coup la perfidie de ceux qui refusent sa lumière et le feront mourir. Iéshoua‘ renonce cependant à utiliser sa puissance thaumaturgique pour convaincre les hommes de sa messianité et de sa divinité. Au contraire, il impose le silence aux malades qu’il guérit et il exige de ses adeptes le secret sur sa vraie personnalité. Car Iéshoua‘ est pour Marc non seulement le Mashiah, le Messie, mais encore, en sept occurrences, ho huïos tou theou, Bèn Elohîms, le Fils d’Elohîms.

     C’est ainsi qu’en cernant au plus près les faits de la vie de Iéshoua‘ et de sa communauté, Marc souligne le mystère qui s’incarne en la personne et en l’oeuvre du Fils de l’homme et culmine, après sa mort, en sa résurrection. Au-delà de la destruction de Jérusalem, que Iéshoua‘ pressent et qui finira par survenir en 70, le Fils de l’homme viendra dans les nuées avec la puissance et la gloire (13,26). Cette folle espérance ancrée dans le coeur des adeptes de Iéshoua‘ ne cessera d’animer le dynamisme de l’Église qu’il a fondée.


Chapitre 1.

Iohanân clame

1.     Tête de l’annonce de Iéshoua‘ messie bèn Elohîms.
2.     Comme il est écrit dans Iesha‘yahou l’inspiré:
« Voici, j’envoie mon messager devant tes faces: il aplanira ta route.
3.     Voix d’un crieur dans le désert:
Préparez la route de IHVH-Adonaï, rectifiez ses sentiers ! »
4.     C’est Iohanân immergeant dans le désert.
Il clame l’immersion du retour pour la rémission des fautes.
5.     Tout le pays de Iehouda sort vers lui, et tous ceux de Ieroushalaîm;
ils sont immergés par lui dans le fleuve du Iardèn en avouant leurs fautes.
6.     Iohanân est vêtu de poil de chameau, une ceinture de peau sur sa hanche,
il mange des sauterelles et du miel sauvage.
7.     Il clame et dit: « Il vient un plus fort que moi après moi;
je ne vaux pas, en me baissant, pour délier la lanière de ses sandales.
8.     Moi, je vous ai immergés dans l’eau;
Lui, il vous immergera dans le souffle sacré. »
9.     Et c’est en ces jours: Iéshoua‘ vient de Nasèrèt en Galil.
Il est immergé par Iohanân dans le Iardèn.
10.     Vite, en remontant de l’eau, il voit:
les ciels se déchirent; oui, le souffle descend sur lui comme une palombe.
11.     Et une voix des ciels:
« C’est toi, mon fils aimé; en toi j’ai mon gré. »
12.     Vite, le souffle le jette dehors au désert.
13.     Il est au désert quarante jours, éprouvé par Satân.
Il est avec les bêtes sauvages, et des messagers le servent.

Iéshoua‘ en Galil

14.     Après que Iohanân eut été livré, Iéshoua‘ vient en Galil.
Il clame l’annonce d’Elohîms,
15.     il dit: « Il est accompli, le temps, et proche, le royaume d’Elohîms.
Faites retour, adhérez à l’annonce. »
16.     Longeant le bord de la mer de Galil,
il voit Shim‘ôn et Andreas, le frère de Shim‘ôn.
Ils jettent le filet dans la mer: oui, ce sont des pêcheurs.
17.     Iéshoua‘ leur dit:
« Venez derrière moi, je vous ferai devenir des pêcheurs d’hommes. »
18.     Vite, ils laissent leurs filets et le suivent.
19.     Il avance un peu. Il voit Ia‘acob bèn Zabdi et Iohanân, son frère:
ils sont aussi dans leur barque à réparer les filets.
20.     Vite, il les appelle.
Ils laissent leur père Zabdi dans la barque avec les mercenaires.
Ils s’en vont derrière lui.

Kephar-Nahoum

21.     Ils arrivent à Kephar-Nahoum.
Vite, le shabat, il entre dans la synagogue et enseigne.
22.     Ils sont frappés de son enseignement.
Oui, il les enseigne comme ayant autorité,
et non pas comme les Sopherîm.
23.     Vite, il y a dans leur synagogue un homme au souffle contaminé.
Il vocifère.
24.     Il dit: « Qu’y a-t-il entre nous et toi, Iéshoua‘ le Nazaréen ?
Tu es venu nous perdre ! Je sais qui tu es: le consacré d’Elohîms ! »
25.     Iéshoua‘ le rabroue: « Sois muselé ! Sors de lui ! »
26.     Le souffle contaminé le convulse, crie d’une voix forte et sort de lui.
27.     Ils s’effraient tous au point de discuter les uns avec les autres.
Ils disent:
« Qu’est-ce que c’est ? Un enseignement nouveau ! Plein d’autorité !
Oui, il commande même aux souffles contaminés. Et ils lui obéissent ! »
28.     Vite, sa renommée sort partout dans tout le pays autour de la Galil.
29.     Vite, ils sortent de la synagogue
et viennent dans la maison de Shim‘ôn et d’Andreas,
avec Ia‘acob et Iohanân.
30.     La belle-mère de Shim‘ôn est étendue, prise de fièvre.
Vite, ils lui parlent d’elle.
31.     Il s’approche, la réveille en saisissant sa main.
La fièvre la laisse. Elle les sert.
32.     Le soir venu, au déclin du soleil,
ils lui amènent tous ceux qui ont mal et des démoniaques.
33.     Toute la ville se rassemble devant la porte.
34.     Il guérit, nombreux, ceux qui ont mal, de maladies variées.
Il jette dehors de nombreux démons.
Il ne laisse pas parler les démons: oui, ils savent qui il est.

Il sort et s’en va

35.     Le matin, avant la fin de la nuit,
il se lève, sort et s’en va dans un lieu désert. Là, il prie.
36.     Shim‘ôn le poursuit avec ses compagnons.
37.     Ils le trouvent et lui disent: « Ils te cherchent tous. »
38.     Il leur dit: « Allons ailleurs, dans les bourgs voisins.
Je clamerai, là aussi: oui, je suis sorti pour cela. »
39.     Il vient et clame dans leurs synagogues, dans toute la Galil.
Il jette dehors les démons.
40.     Un galeux vient vers lui, le supplie, tombe à genoux et lui dit:
« Oui, si tu veux, tu peux me purifier. »
41.     Pris aux entrailles, il tend sa main, le touche et lui dit:
« Je veux, sois pur ! »
42.     Vite, sa gale s’en va; il est purifié.
43.     Il le rudoie. Vite, il le jette dehors.
44.     Il lui dit: « Attention ! Ne dis rien à personne;
mais va, montre-toi au desservant,
offre pour ta purification ce que Moshè a imposé
en témoignage pour eux. »
45.     Mais il sort, commence à le clamer beaucoup et à diffuser la parole,
si bien que Iéshoua‘ ne peut plus entrer ouvertement dans une ville,
mais il demeure dehors, en des lieux déserts.
Et ils viennent à lui de toutes parts.

Chapitre 2.

Prends ton grabat

1.     Il entre de nouveau à Kephar-Nahoum quelques jours après.
Ils entendent qu’il est à la maison.
2.     Ils s’y rassemblent, si nombreux qu’il ne reste plus de place,
même devant la porte. Il leur dit la parole.
3.     Ils viennent et portent en face de lui un paralytique
qu’ils soulèvent à quatre.
4.     Comme ils ne pouvaient le lui présenter, à cause de la foule,
ils défont le toit là où il se trouvait.
Ayant creusé un trou, ils laissent aller le grabat
où le paralytique était étendu.
5.     Iéshoua‘ voit leur adhérence.
Il dit au paralytique: « Enfant, tes fautes te sont remises. »
6.     Or, quelques Sopherîm étaient assis là, ils ruminaient en leur coeur:
7.     « Quoi ! Celui-là parle ainsi ! Il blasphème !
Qui peut remettre les fautes, sinon un seul: Elohîms ? »
8.     Vite, en son souffle, Iéshoua‘ sait qu’ils ruminent en eux-mêmes.
Il leur dit: « Pourquoi ruminez-vous ainsi en vos coeurs ?
9.     Qu’est-il plus facile ?
Dire au paralytique: ‹ Tes fautes te sont remises ›
ou lui dire: ‹ Réveille-toi, prends ton grabat et marche › ?
10.     Eh bien, le fils de l’homme a pouvoir sur terre de remettre les fautes.
Et pour que vous le sachiez... »
11.     Il dit au paralytique: « À toi, je dis:
Réveille-toi, prends ton grabat et va dans ta maison. »
12.     Il se réveille, et, vite, prend son grabat et sort devant tous.
Tous sont stupéfaits; ils glorifient Elohîms et disent:
« Cela, nous ne l’avons jamais vu ! »
13.     Il sort à nouveau au bord de la mer.
Toute la foule vient à lui. Il les enseigne.
14.     Il passe, il voit Lévi bèn Halphaï assis à la gabelle.
Il lui dit: « Suis-moi. » Il se lève et le suit.
15.     Et c’est, quand il s’étend à table dans sa maison,
de nombreux gabelous et des fauteurs
se mettent à table avec Iéshoua‘ et ses adeptes.
Oui, ils sont nombreux à le suivre.
16.     Les Sopherîm des Peroushîm voient:
il mange avec des fauteurs et des gabelous.
Ils disent à ses adeptes:
« Quoi ! il mange avec des gabelous et des fauteurs ! »
17.     Iéshoua‘ l’entend. Il leur dit:
« Les forts n’ont pas besoin de médecin, mais ceux qui ont mal.
Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des fauteurs. »
18.     Les adeptes de Iohanân et les Peroushîm jeûnaient.
Ils viennent, et lui disent:
« Pourquoi les adeptes de Iohanân et les adeptes des Peroushîm
jeûnent-ils et tes adeptes ne jeûnent-ils pas ? »
19.     Iéshoua‘ leur dit:
« Les fils de la noce peuvent-ils jeûner quand l’époux est avec eux ?
Tout le temps qu’ils ont l’époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner.
20.     Mais voici, les jours viennent où l’époux leur sera enlevé,
alors ils jeûneront ce jour-là.
21.     Nul ne coud un ajout d’étoffe non battue sur un vieux vêtement,
sinon la pièce tire sur lui, le neuf sur le vieux,
et la déchirure devient pire.
22.     Personne ne jette un vin nouveau dans de vieilles outres,
sinon le vin fait craquer les outres, le vin est perdu, et les outres.
Mais: ‹ À vin nouveau, outres neuves ›. »

Les épis égrenés

23.     Et c’est le shabat.
Il passe à travers les champs de blé.
Ses adeptes, chemin faisant, commencent à égrener des épis.
24.     Les Peroushîm lui disent:
« Vois ! Pourquoi font-ils ce qui n’est pas permis le shabat ? »
25.     Il leur dit: « N’avez-vous jamais lu ce qu’a fait David ?
Il était dans le besoin, il avait faim, et ses compagnons avec lui.
26.     Il est entré dans la maison d’Elohîms,
aux jours d’Èbiatar le grand desservant.
Il a mangé le pain des faces qu’il n’est pas permis de manger,
sauf aux desservants. Il en a même donné à ses compagnons. »
27.     Il leur dit:
« Le shabat est fait pour l’homme et non l’homme pour le shabat.
28.     Ainsi, le fils de l’homme est l’Adôn, même du shabat. »

Chapitre 3.

La main desséchée

1.     Il entre de nouveau dans une synagogue.
Il y a là un homme à la main desséchée.
2.     Ils l’épient: va-t-il guérir le shabat ? Ils pourraient l’accuser.
3.     Il dit à l’homme à la main sèche: « Réveille-toi ! Au milieu ! »
4.     Il leur dit: « Est-il permis, le shabat, de bien faire ou de méfaire,
de sauver un être ou de le tuer ? » Mais ils se taisent.
5.     Il les regarde à la ronde et il brûle, blessé par la dureté de leur coeur.
Il dit à l’homme: « Étends ta main. »
Il l’étend, et sa main est rétablie.
6.     Les Peroushîm sortent vite;
ils se concertent avec les hommes de Hèrôdès, contre lui, pour le perdre.

Les adeptes

7.     Iéshoua‘ se retire vers la mer avec ses adeptes.
Une nombreuse multitude de Galil le suit.
8.     Même de Iehouda, de Ieroushalaîm, d’Edôm et d’au-delà du Iardèn,
des alentours de Sor et de Sidôn,
une multitude nombreuse entend ce qu’il a fait et vient à lui.
9.     Il dit à ses adeptes qu’un bateau demeure près de lui,
à cause de la foule, pour qu’ils ne le pressent pas.
10.     Oui, il en a guéri beaucoup, si bien qu’ils tombent sur lui pour le toucher,
tous ceux que la souffrance harcèle.
11.     Les souffles contaminés le voient, tombent devant lui,
crient et disent: « Tu es bèn Elohîms. »
12.     Il les rabroue avec force: qu’ils ne le manifestent pas !
13.     Il monte sur la montagne.
Il appelle à lui ceux qu’il veut. Ils vont à lui.
14.     Il en fait douze pour qu’ils soient avec lui,
et pour qu’il les envoie clamer,
15.     avec le pouvoir de jeter dehors les démons.
16.     Il fait les Douze:
il impose à Shim‘ôn le nom de Petros;
17.     Ia‘acob bèn Zabdi, Iohanân, frère de Ia‘acob;
et il leur impose le nom de Benéi Ra‘ash, c’est-à-dire les fils du Tonnerre;
18.     Andreas, Philippos, Bar-Talmaï, Matityah, Toma,
Ia‘acob bèn Halphaï, Tadaï, Shim‘ôn le Qanaït,
19.     et Iehouda l’homme de Qériot, celui qui l’a livré.

Ba‘al Zeboul

20.     Il vient à la maison. La foule se réunit à nouveau,
si bien qu’ils ne peuvent même plus manger le pain.
21.     Les siens l’entendent; ils sortent pour se saisir de lui.
Oui, ils disent: « Il est hors de sens ! »
22.     Les Sopherîm, descendant de Ieroushalaîm, disent: « Il a le Ba‘al Zeboul !
Par le chef des démons, il chasse dehors les démons ! »
23.     Il les appelle et leur parle par des exemples:
« Comment Satân peut-il jeter dehors Satân ?
24.     Si un royaume est divisé contre lui-même,
un tel royaume ne peut subsister.
25.     Si une maison est divisée contre elle-même,
une telle maison ne peut subsister.
26.     Si le Satân se lève contre lui-même et se divise,
il ne peut subsister, mais il est fini.
27.     Personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort
et piller ses affaires s’il n’a d’abord lié l’homme fort.
Alors, il pille sa maison.
28.     Amén, je vous dis: tout sera remis aux fils des hommes,
les fautes, les blasphèmes autant qu’ils blasphèment.
29.     Mais le blasphémateur contre le souffle sacré
n’a pas de rémission en pérennité,
mais est passible de faute en pérennité. »
30.     Cela parce qu’ils disaient: « Il a un souffle contaminé. »

Ma mère, mes frères

31.     Viennent sa mère et ses frères.
Ils se tiennent dehors et l’envoient appeler.
32.     Une foule est assise autour de lui.
Ils lui disent: « Voici ta mère, tes frères, et tes soeurs;
ils sont dehors et te cherchent. »
33.     Il leur répond et dit: « Qui sont ma mère et mes frères ? »
34.     Il regarde à la ronde ceux qui sont assis en cercle autour de lui et dit:
« Voici ma mère et mes frères.
35.     Qui fait le vouloir d’Elohîms, celui-là est mon frère, ma soeur, ma mère. »

Chapitre 4.

Le semeur

1.     À nouveau, il commence à enseigner au bord de la mer.
Une foule très nombreuse se rassemble près de lui,
si bien qu’il monte dans une barque et s’assoit en mer.
Toute la foule est à terre, le long de la mer.
2.     Il les enseigne beaucoup par des exemples.
Dans son enseignement, il leur dit:
3.     « Entendez ! Voici: le semeur sort semer.
4.     Et c’est, quand il sème, il en tombe le long de la route.
Les oiseaux viennent et le mangent.
5.     D’autre tombe sur la rocaille, sans beaucoup de terre.
Il lève vite parce que sans terre profonde.
6.     Mais, quand le soleil se lève, il le rôtit,
parce que, sans racines, il est desséché.
7.     D’autre tombe dans les épines. Les épines montent et l’asphyxient.
Il ne donne pas de fruit.
8.     D’autres tombent dans la belle terre.
Ils donnent du fruit, ils montent et croissent.
L’un porte trente, un autre soixante, un autre cent. »
9.     Et il dit: « Celui qui a des oreilles pour entendre entende ! »
10.     Et quand il est à l’écart,
ceux qui l’entourent avec les Douze le questionnent sur les exemples.
11.     Il leur dit: « À vous, le mystère du royaume d’Elohîms a été donné.
Mais, à ceux-là du dehors, tout est en exemples,
12.     pour que, regardant, ils regardent et ne voient pas
et qu’entendant ils entendent et ne comprennent pas,
afin qu’ils ne fassent pas retour
et qu’il ne leur soit pas fait rémission. »
13.     Il leur dit: « Vous ne comprenez pas cet exemple ?
Comment comprendrez-vous tous les exemples ?
14.     Le semeur sème la parole.
15.     Tels sont ceux du bord de la route où la parole est semée:
quand ils l’entendent, vite Satân vient;
il enlève la parole qui a été semée en eux.
16.     De même, ceux qui sont semés sur les rocailles.
Eux, quand ils entendent la parole, vite, ils la reçoivent avec joie.
17.     Ils n’ont pas de racines en eux-mêmes, mais sont éphémères.
Puis, quand survient la tribulation ou la persécution à cause de la parole,
vite, ils trébuchent.
18.     D’autres, semés dans les épines, entendent la parole.
19.     Mais les soucis de cette ère, la séduction de la richesse,
les autres convoitises entrent en eux et asphyxient la parole;
elle devient sans fruit.
20.     Ceux qui sont semés sur la belle terre entendent la parole,
l’accueillent et portent du fruit,
l’un trente, l’autre soixante, et l’autre cent. »

La lampe et la semence

21.     Il leur dit:
« La lampe vient-elle pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ?
N’est-ce pas pour être mise sur un lampadaire ?
22.     Non, rien de caché qui ne doive être manifesté;
rien de secret qui ne doive devenir manifeste.
23.     Qui a des oreilles pour entendre entende ! »
24.     Il leur dit: « Prenez garde à ce que vous entendez !
La mesure dont vous mesurez sert à mesurer pour vous
et il vous en sera rajouté.
25.     Oui, celui qui a, il lui est donné;
et celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui est pris. »
26.     Il dit: « Ainsi du royaume d’Elohîms:
il est comme un homme qui jette la semence en terre.
27.     Il s’endort et se réveille nuit et jour.
La semence germe, croît, il ne sait comment.
28.     La terre d’elle-même porte du fruit;
en premier de l’herbe, puis un épi, puis plein de blé dans l’épi.
29.     Mais quand le fruit mûr se donne,
vite, il envoie la faucille, car la moisson est là ! »
30.     Il dit: « À quoi ressemble le royaume d’Elohîms ?
Par quel exemple le présenter ?
31.     C’est comme une graine de moutarde: quand elle est semée sur la terre,
elle est plus petite que toutes les semences de la terre.
32.     Mais quand elle est semée,
elle monte et devient plus grande que toutes les plantes,
elle fait de grandes branches,
si bien que les oiseaux du ciel peuvent reposer à son ombre. »
33.     Par de nombreux exemples semblables il leur dit la parole,
telle qu’ils peuvent l’entendre,
et sans exemples, il ne leur dit rien.
34.     Mais quand il est avec ses adeptes, à part, il leur explique tout.

Il rabroue le vent

35.     Il leur dit, ce jour-là, le soir venu: « Passons de l’autre côté. »
36.     Ils laissent la foule et le prennent tel quel, dans la barque.
D’autres barques sont avec lui.
37.     Survient un grand tourbillon de vent.
Les vagues se jettent sur la barque au point de remplir la barque.
38.     Et lui, il est à la poupe, sur le coussin, et il dort.
Ils le réveillent et lui disent:
« Rabbi, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ? »
39.     Il se réveille, rabroue le vent et dit à la mer:
« Tais-toi, sois muselée ! »
Le vent tombe, et c’est le calme plat.
40.     Il leur dit: « Pourquoi êtes-vous aussi couards ?
Comment ! Vous n’avez pas d’adhérence ? »
41.     Ils frémissent d’un grand frémissement. Ils se disent l’un à l’autre:
« Qui est-il donc, celui-là ?
Oui, même le vent et la mer lui obéissent. »

Chapitre 5.

Le souffle contaminé

1.     Ils viennent de l’autre côté de la mer au pays des Gadariîm.
2.     Il sort de la barque.
Un homme vient à sa rencontre, hors des sépulcres, vite.
Il a en lui un souffle contaminé
3.     et habite parmi les sépultures.
Nul ne peut le lier, pas même avec une chaîne.
4.     Oui, plusieurs fois, ils l’avaient lié
avec des entraves et avec des chaînes;
mais il avait éclaté les chaînes et brisé les entraves.
Personne n’avait la force de le maîtriser.
5.     Tout le temps, nuit et jour, parmi les sépultures et dans les montagnes,
il est à crier et à se taillader avec des pierres.
6.     Il voit Iéshoua‘ de loin.
Il court, se prosterne en face de lui.
7.     Il crie d’une voix forte et dit:
« Qu’y a-t-il entre moi et toi, Iéshoua‘ bèn Elohîms ‘Éliôn ?
Je t’en adjure par Elohîms, ne me tourmente pas ! »
8.     Oui, Iéshoua‘ lui disait:
« Sors de cet homme, souffle contaminé. »
9.     Il l’interroge: « Ton nom ? »
Il lui dit: « Légion est mon nom. Oui, nous sommes une multitude. »
10.     Il le supplie fort de ne pas les envoyer hors du pays.
11.     Or il y avait là, près de la montagne, un troupeau de cochons, un grand;
ils paissaient.
12.     Ils le supplient et disent:
« Expédie-nous dans les cochons pour que nous entrions en eux. »
13.     Il le leur permet: les souffles contaminés sortent;
ils entrent dans les cochons.
Le troupeau se rue du haut de la falaise dans la mer.
Deux mille environ suffoquèrent dans la mer.
14.     Ceux qui les gardent s’enfuient et l’annoncent à la ville et aux champs.
Ils viennent voir: que s’est-il passé ?
15.     Ils viennent vers Iéshoua‘;
ils voient le démoniaque assis, vêtu, sain d’esprit,
lui qui avait eu Légion; ils frémissent.
16.     Les témoins leur racontent ce qui avait été fait
au démoniaque et aux porcs.
17.     Ils commencent à le supplier de s’en aller de leur frontière.
18.     Et, quand il monte dans la barque,
le démoniaque le supplie de demeurer avec lui.
19.     Il ne le laisse pas faire, mais lui dit:
« Va dans ta maison, auprès des tiens;
annonce-leur tout ce que l’Adôn a fait pour toi,
et comment il t’a matricié. »
20.     Il s’en va et commence à clamer dans les Dix-Villes
ce que Iéshoua‘ avait fait pour lui. Tous s’en étonnent.

Deux guérisons

21.     Iéshoua‘ traverse de nouveau en barque de l’autre côté.
Une foule nombreuse se rassemble auprès de lui.
Il est au bord de la mer.
22.     Un des chefs de la synagogue vient vers lui. Son nom: Iaïr.
23.     Le voyant, il tombe à ses pieds, le supplie fort et dit:
« Ma fillette est à sa fin,
viens, impose les mains sur elle, elle sera sauvée, elle vivra. »
24.     Il s’en va avec lui. Une foule nombreuse le suit et se presse contre lui.
25.     Là, une femme fluente de sang depuis douze ans,
26.     elle a beaucoup souffert avec de nombreux médecins.
Elle a dépensé tout son avoir sans aucune amélioration.
Elle va même plutôt pis.
27.     Elle avait entendu parler de Iéshoua‘.
Elle vient dans la foule derrière lui et touche son vêtement.
28.     Elle disait:
« Oui, si je pouvais toucher au moins ses vêtements, je serais sauvée ! »
29.     Vite, la source de son sang sèche.
Elle pénètre en sa chair qu’elle est guérie du mal qui la harcelait.
30.     Iéshoua‘ pénètre vite en lui-même qu’un pouvoir est sorti de lui.
Il se tourne vers la foule et dit:
« Qui a touché mes vêtements ? »
31.     Ses adeptes lui disent:
« Vois, la foule te presse et tu dis: Qui m’a touché ? »
32.     Il regarde à la ronde pour voir celle qui avait fait cela.
33.     La femme frémit, tremble, sachant ce qui lui est arrivé.
Elle vient, tombe devant lui, et lui dit toute la vérité.
34.     Il lui dit: « Fille, ton adhérence t’a sauvée.
Va en paix ! Sois assainie du mal qui te harcelait. »
35.     Comme il parle encore, voici,
ils viennent de chez le chef de la synagogue et disent:
« Ta fille est morte. Pourquoi encore fatiguer le Rabbi ? »
36.     Mais Iéshoua‘ saisit la parole qu’ils ont dite.
Il dit au chef de la synagogue: « Ne frémis pas ! Adhère seulement ! »
37.     Il ne laisse personne le suivre,
sauf Petros, Ia‘acob et Iohanân, le frère de Ia‘acob.
38.     Ils viennent dans la maison du chef de la synagogue.
Il perçoit le tumulte: ils pleurent et crient force alalas.
39.     Il entre, il leur dit:
« Pourquoi ce tumulte ? Pourquoi pleurez-vous ?
L’enfant n’est pas morte, mais elle dort. »
40.     Ils ricanent contre lui. Mais lui les jette tous dehors.
Il prend le père de l’enfant, la mère, ceux qui sont avec lui,
et il entre là où est l’enfant.
41.     Il saisit la main de l’enfant et lui dit:
« Tali taqoumi ! », ce qui se traduit: « Fille, je te le dis: réveille-toi ! »
42.     Vite, la fillette se relève et marche.
Oui, elle a douze ans.
Ils sont hors d’eux-mêmes, totalement hors d’eux-mêmes.
43.     Il leur ordonne instamment que personne ne sache cela.
Il dit de lui donner à manger et sort de là.

Chapitre 6.

Dans sa patrie

1.     Il sort de là et vient dans sa patrie, ses adeptes le suivent.
2.     Arrive le shabat; il commence à enseigner dans la synagogue.
Beaucoup l’entendent, sont frappés, et disent:
« D’où, cela ? À celui-là ! Quelle sagesse !
Elle lui est donnée ? À lui !
Et ces fameux prodiges qui se font par ses mains !
3.     Celui-là, n’est-ce pas le charpentier, le fils de Miriâm ?
Le frère de Ia‘acob, de Iosséi, de Iehouda, de Shim‘ôn ?
Et ses soeurs, ne sont-elles pas ici avec nous ? »
Ils trébuchent sur lui.
4.     Iéshoua‘ leur dit: « Un inspiré n’est sans gloire
que dans sa patrie, parmi ses proches, et dans sa maison. »
5.     Il ne peut exercer là aucun prodige, sauf pour quelques invalides:
il leur impose les mains et les guérit.
6.     Il s’étonne à cause de leur non-adhérence.
Il circule dans les villages des environs. Là, il enseigne.

Il appelle les Douze

7.     Il appelle les Douze et commence à les envoyer deux à deux.
Il leur donne autorité sur les souffles contaminés.
8.     Il leur enjoint de ne rien prendre pour la route qu’un bâton seul:
ni pain, ni besace, ni bronze à la ceinture,
9.     mais chaussés de sandales et: « Ne mettez pas deux tuniques. »
10.     Il leur dit: « Là où vous entrez dans une maison,
restez-y jusqu’à ce que vous sortiez de là. »
11.     Si un lieu ne vous accueille pas, qu’ils ne vous entendent pas,
partez de là, secouez la poussière qui est sous vos pieds
en témoignage contre eux. »
12.     Ils sortent clamer le retour,
13.     jeter dehors de nombreux démons,
messier de nombreux invalides et guérir.

La tête de Iohanân l’Immergeur

14.     Le roi Hèrôdès entend: oui, son nom est devenu célèbre.
Ils disent: « Iohanân l’Immergeur s’est réveillé d’entre les morts:
c’est pourquoi les puissances agissent par lui. »
15.     D’autres disent: « Élyahou lui-même ! »
D’autres disent: « Un inspiré, comme l’un des inspirés. »
16.     Mais Hèrôdès entend et dit:
« Celui que j’ai décapité, Iohanân, c’est lui qui s’est réveillé. »
17.     Oui, Hèrôdès, avait envoyé saisir Iohanân et l’avait lié en prison,
à cause d’Hèrôdias, la femme de Philippos son frère qu’il avait épousée.
18.     Oui, Iohanân disait à Hèrôdès:
« Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère ! »
19.     Dès lors, Hèrôdias le hait, veut le tuer, mais ne le peut:
20.     oui, Hèrôdès frémit de Iohanân, le sachant homme juste et consacré.
Il le protège, il l’entend, fort perplexe, et plaît à l’entendre.
21.     Arrive un jour propice: l’anniversaire d’Hèrôdès.
Il fait un dîner pour ses grands, pour ses officiers,
pour les premiers de Galil.
22.     Elle entre, la fille de cette Hèrôdias;
elle danse, elle plaît à Hèrôdès et aux convives.
Le roi dit à l’adolescente:
« Demande-moi ce que tu veux, je te le donne. »
23.     Et il le lui jure:
« Quoi que tu demandes, je te le donnerai,
jusqu’à la moitié de mon royaume. »
24.     Elle sort et dit à sa mère: « Que demanderai-je ? »
Elle dit: « La tête de Iohanân l’Immergeur. »
25.     Vite, elle entre avec empressement chez le roi, demande et dit:
« Je veux que tu me donnes tout de suite sur un plat
la tête de Iohanân l’Immergeur. »
26.     Le roi en est fort peiné.
À cause des serments et des convives, il ne veut pas la rejeter.
27.     Vite, le roi envoie un garde, et lui commande d’apporter sa tête.
Il s’en va et le décapite dans la prison.
28.     Il apporte la tête sur un plat et la donne à l’adolescente.
L’adolescente la donne à sa mère.
29.     Ses adeptes entendent.
Ils viennent, prennent son corps et l’ensevelissent dans un sépulcre.

Cinq pains pour la foule

30.     Les envoyés se rassemblent autour de Iéshoua‘.
Ils lui annoncent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.
31.     Il leur dit: « Venez, vous autres, dans un lieu désert, à part.
Reposez-vous un peu. » Oui, nombreux sont les arrivants et les partants.
Ils ne trouvent pas même un instant pour manger.
32.     Ils s’en vont dans la barque vers un lieu désert, à part.
33.     Beaucoup voient qu’ils partent. Ils les reconnaissent.
Là, ils accourent à pied, de toutes les villes, et ils arrivent avant eux.
34.     En sortant, il voit une foule nombreuse.
Il est pris aux entrailles pour eux,
parce qu’ils sont comme des ovins sans berger.
Il commence à les enseigner beaucoup.
35.     Déjà l’heure est avancée, ses adeptes s’approchent et lui disent:
« Le lieu est désert et l’heure est avancée.
36.     Renvoie-les; ils s’en iront dans les fermes et les villages des environs
s’acheter de quoi manger. »
37.     Il répond et leur dit: « Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
Ils lui disent: « Nous irions acheter deux cents deniers de pain
pour leur donner à manger ? »
38.     Il leur dit: « Combien de pains avez-vous ? Allez voir. »
Ils vérifient et disent: « Cinq, et deux poissons. »
39.     Il leur commande de s’installer tous par groupes, sur l’herbe verte.
40.     Ils s’étendent à terre, rangées par rangées, de cent et de cinquante.
41.     Il prend les cinq pains et les deux poissons.
Il lève le regard vers le ciel, bénit et partage les pains.
Il les donne à ses adeptes pour les leur servir.
Puis il répartit entre tous les deux poissons.
42.     Ils mangent tous et se rassasient.
43.     Ils enlèvent les parts: plein douze couffins, et des poissons.
44.     Ceux qui avaient mangé les pains étaient cinq mille hommes.

Marche sur la mer

45.     Vite, il oblige ses adeptes à monter dans la barque, et à aller devant lui
de l’autre côté, à Béit-Saïda, pendant que lui-même renvoie la foule.
46.     Il se sépare d’eux et va sur la montagne pour prier.
47.     Le soir venu, la barque est au milieu de la mer,
et lui, seul, à terre.
48.     Il les voit se tourmenter à ramer: oui, le vent leur était contraire.
Vers la quatrième veille de la nuit,
il vient vers eux en marchant sur la mer. Il veut les dépasser.
49.     Mais eux, le voyant marcher sur la mer, pensent:
« C’est un fantôme ! » et ils vocifèrent.
50.     Oui, tous l’ont aperçu et ils se troublent.
Mais, vite, il leur parle et leur dit: « Courage ! Je suis. Ne frémissez pas. »
51.     Il monte auprès d’eux dans la barque. Le vent tombe.
52.     Et très fort, à l’extrême, ils sont stupéfaits en eux-mêmes.
Non, ils n’avaient pas compris pour les pains; leur coeur est endurci.
53.     Ils font la traversée, viennent sur terre à Guinnéissar et abordent là.
54.     En sortant de la barque, il est vite reconnu.
55.     Ils parcourent tout ce pays.
Ils commencent à lui apporter sur les grabats ceux qui ont mal,
là où ils entendent qu’il est.
56.     Là où il arrive, villages, villes ou campagnes,
dans les marchés, ils mettent les infirmes et ils le supplient
de leur laisser seulement toucher les sisit de son vêtement.
Tous ceux qui le touchent sont sauvés.

Chapitre 7.

Ce qui souille l’homme

1.     Les Peroushîm et quelques Sopherîm venus de Ieroushalaîm
se rassemblent auprès de lui.
2.     Ils voient que quelques-uns de ses adeptes, avec les mains souillées,
c’est-à-dire non lavées, mangent du pain.
3.     Oui, les Peroushîm et tous les Iehoudîm tiennent à la tradition des anciens
et ne mangent pas sans s’être lavé les mains jusqu’au poignet.
4.     En revenant du marché, ils ne mangent pas sans s’être aspergés.
Et encore, beaucoup de ce qu’ils ont reçu, ils s’y tiennent:
immersion des coupes, des cruches et des ustensiles en bronze
5.     Les Peroushîm et les Sopherîm l’interrogent:
« Pourquoi tes adeptes ne marchent-ils pas selon la tradition des anciens,
mais, avec des mains souillées, mangent le pain ? »
6.     Il leur dit:
« Iesha‘yahou a bien été inspiré sur vous, hypocrites, ainsi qu’il est écrit:
7.     ‹ Ce peuple me glorifie des lèvres, mais leur coeur est loin de moi.
Ils me rendent un culte vain.
Les enseignements qu’ils enseignent
ne sont que misvot apprises des hommes ! ›
8.     Vous laissez la misva d’Elohîms et vous tenez à la tradition des hommes. »
9.     Il leur dit: « Vous avez bel et bien rejeté l’ordre d’Elohîms
pour garder votre propre tradition.
10.     Oui, Moshè l’a dit: ‹ Glorifie ton père et ta mère ›
et: ‹ Maudisseur de père ou mère sera mis à mort, à mort. ›
11.     Et vous, vous dites:
‹ Si un homme dit au père ou à la mère:
est Qorbân, c’est-à-dire ‹ Présent pour Elohîms,
ce qui, de mon bien, aurait pu t’être utile ›,
12.     vous ne le laissez plus rien faire en faveur du père et de la mère.
13.     Vous annulez la parole d’Elohîms
par votre propre tradition que vous nous transmettez.
Et vous en faites beaucoup de semblables. »
14.     Il appelle à nouveau la foule et leur dit:
« Entendez-moi tous et comprenez !
15.     Rien de ce qui entre du dehors dans l’homme ne peut le souiller.
Mais ce qui sort de l’homme souille l’homme.
16.     Qui a des oreilles pour entendre entende. »
17.     Quand il entre à la maison, loin de la foule,
ses adeptes l’interrogent sur l’exemple.
18.     Il leur dit: « Alors vous êtes, vous aussi, sans discernement ?
Ne comprenez-vous pas que tout ce qui entre du dehors,
dans l’homme, ne peut le souiller,
19.     parce que cela n’entre pas dans son coeur, mais dans le ventre,
et cela s’évacue au-dehors ? »
Il faisait purs tous les aliments.
20.     Il dit: « Ce qui sort de l’homme, c’est cela qui souille l’homme.
21.     Oui, du dedans, du coeur des hommes,
émanent les mauvaises ruminations:
puteries, vols, meurtres,
22.     adultères, amour du profit, crimes, fraude, débauche,
mauvais oeil, blasphème, orgueil, folie.
23.     Toutes ces perversions émanent du dedans et souillent l’homme. »
24.     De là il se lève et s’en va aux frontières de Sor.
Il entre dans une maison. Il veut que personne ne le sache.
Mais il ne peut être caché.

Une femme à ses pieds

25.     Et vite une femme l’entend, dont la petite fille a un souffle contaminé.
Elle vient et tombe à ses pieds.
26.     La femme est une Hellène, une Syro-Phénicienne de race.
Elle lui demande de jeter le démon hors de sa fille.
27.     Il lui dit: « Laisse les enfants se rassasier d’abord.
Non, il n’est pas beau de prendre le pain des enfants
et de le jeter aux chiots. »
28.     Elle répond et lui dit: « Oui, Adôn,
mais les chiots, sous la table, mangent des miettes des enfants. »
29.     Il lui dit:
« À cause de cette parole, va. Le démon est sorti de ta fille. »
30.     Elle s’en va à sa maison.
Elle trouve l’enfant étendue sur le lit: le démon était sorti d’elle.

Ouvre-toi

31.     À nouveau, il sort des frontières de Sor.
Il vient par Sidôn vers la mer de Galil,
au milieu des frontières des Dix-Villes.
32.     Et voici, ils lui amènent un sourd qui s’exprime avec difficulté.
Ils le supplient d’imposer sur lui sa main.
33.     Il le prend, l’éloigne de la foule, à part:
il jette ses doigts sur ses oreilles, crache et lui touche la langue.
34.     Il lève le regard vers le ciel, gémit et lui dit:
« Ephphatha », c’est-à-dire: « Ouvre-toi. »
35.     Vite, ses oreilles s’ouvrent, se délie le lien de sa langue:
il parle droit.
36.     Il leur défend d’en parler à quiconque;
mais plus il le leur défend, plus ils le clament d’abondance.
37.     Ils sont frappés surabondamment. Ils disent:
« Il fait bien tout: il fait et entendre les sourds et parler les muets. »

Chapitre 8.

Sept pains

1.     En ces jours, il y a de nouveau une foule nombreuse.
Ils n’ont rien à manger.
2.     Il appelle ses adeptes et leur dit:
« Je suis pris aux entrailles pour cette foule.
Oui, voilà déjà trois jours qu’ils demeurent auprès de moi;
et ils n’ont rien à manger.
3.     Si je les renvoie à leur maison à jeun, ils défailliront en route.
Quelques-uns d’entre eux sont venus de loin. »
4.     Ses adeptes lui répondent:
« D’où quelqu’un pourra-t-il les rassasier de pain, ici, au désert ? »
5.     Il les questionne: « Combien de pains avez-vous ? »
Ils disent: « Sept. »
6.     Il enjoint à la foule de s’étendre à terre.
Il prend les sept pains, remercie, partage,
et les donne à ses adeptes pour les servir. Ils servent la foule.
7.     Ils ont quelques petits poissons.
Il les bénit et dit de les servir aussi.
8.     Ils mangent et se rassasient.
Ils enlèvent les parts en surabondance: sept paniers.
9.     Or ils étaient environ quatre mille. Il les renvoie.
10.     Vite, il monte en barque avec ses adeptes
et vient du côté de Dalmanoutha.
11.     Les Peroushîm sortent. Ils commencent à discuter avec lui,
cherchant de lui un signe du ciel pour l’éprouver.
12.     Il gémit en son souffle et dit: « Pourquoi cet âge cherche-t-il un signe ?
Amén, je vous dis: il ne sera pas donné à cet âge de signe. »
13.     Il les laisse et monte de nouveau en barque. Il s’en va de l’autre côté.
14.     Ils oublient de prendre des pains:
sauf un seul pain, ils n’ont rien avec eux dans la barque.
15.     Il leur recommande et dit:
« Voyez, gardez-vous du levain des Peroushîm et du levain de Hèrôdès. »
16.     Mais eux continuent de ruminer les uns les autres:
c’est qu’ils n’ont pas de pain.
17.     Il les pénètre et leur dit:
« Pourquoi ruminez-vous parce que vous n’avez pas de pain ?
Vous ne le réalisez pas encore ? Vous ne comprenez pas ?
Vous avez le coeur endurci !
18.     Vous avez des yeux et vous ne voyez pas,
vous avez des oreilles et vous n’entendez pas !
19.     Ne vous souvenez-vous pas,
quand j’ai partagé les cinq pains pour les cinq mille,
combien de couffins remplis de parts avez-vous enlevés ? »
Ils lui disent: « Douze. »
20.     « Et les sept pour les quatre mille ?
Combien de paniers remplis de parts avez-vous enlevés ? »
Ils disent: « Sept. »
21.     Il leur dit: « Ne comprenez-vous pas encore ? »

L’aveugle voit clair

22.     Ils viennent à Béit-Saïda.
Ils lui amènent un aveugle. Ils le supplient de le toucher.
23.     Il saisit la main de l’aveugle et le fait sortir du village.
Il crache sur ses yeux, impose ses mains sur lui et l’interroge:
« Vois-tu quelque chose ? »
24.     Il lève le regard et dit:
« Je vois des hommes comme des arbres; je les vois marcher. »
25.     Alors, il impose encore ses mains sur ses yeux:
il voit clair, il est rétabli; il fixe tout distinctement.
26.     Il le renvoie dans sa maison et dit:
« N’entre pas dans le village. »

Tu es le messie

27.     Iéshoua‘ et ses adeptes
sortent vers les villages de Caesariea de Philippos.
En route il interroge ses adeptes. Il leur dit:
« Les hommes, qui disent-ils que je suis ? »
28.     Ils lui déclarent: « Ils disent: Iohanân l’Immergeur.
D’autres: Élyahou. D’autres: Un des inspirés. »
29.     Il les interroge:
« Et vous, qui dites-vous que je suis ? »