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Gestes D'Envoyés

Gestes d’envoyés
Actes des Apôtres

     Le cinquième livre du Nouveau Testament continue le troisième évangile et il est dû à la plume du même auteur, Loucas (Luc). L’attestation, faite par la plus ancienne tradition chrétienne, est confirmée par la lecture critique des deux ouvrages, tous deux dédiés à une seule personne, Theophilos, dont nous ne savons rien d’autre que ce qu’en dit la dédicace. Le style, le vocabulaire, la pensée sous-jacente à l’exposé des faits confirment l’homogénéité de ces deux oeuvres, écrites par un Syrien hébraïsé qui exerçait probablement la profession de médecin.

     Le titre grec Praxeis Apostolôn est rendu ici par Gestes d’envoyés, de préférence à l’habituel Actes des Apôtres. Praxeis est communément employé en grec pour désigner la geste ou les gestes des grands hommes ou, dans un sens moins favorable, ceux qui permettent aux prestidigitateurs de réaliser leurs tours. Le mot « apôtre », usé par un trop long emploi, est remplacé par envoyé. Le grec apostolos traduit en effet l’hébreu shelihîm et désigne les envoyés des différentes communautés religieuses ou des partis qu’Israël déléguait constamment, de Terre sainte vers la diaspora, pour entretenir le zèle des communautés hébraïques et recueillir leurs offrandes.

     Le livre, écrit après l’évangile de Marc et à la suite de celui de Luc, n’a pas dû bénéficier de la connaissance des Lettres de Paul. La recherche biblique s’est efforcée de déterminer la date de sa rédaction qu’elle fixe, selon les écoles et les auteurs, entre 60 et 80. La même imprécision règne en ce qui concerne le lieu où cette oeuvre aurait été écrite; on a suggéré Rome avant la comparution de Paul devant le tribunal de César, pour servir à sa défense.

     Le but de l’auteur est de rapporter les événements de la passion de Iéshoua‘ à la naissance de la communauté chrétienne. L’ouvrage commence par une dédicace, puis l’auteur reprend la finale du troisième évangile (Lc 24,13-53) assurant ainsi la liaison entre ses deux livres (1,1-11). Suit une mosaïque d’épisodes qui jalonnent la naissance de l’Église à Jérusalem (1,12-7,60) et dans les régions voisines (8,1-12,25). Le récit du premier grand voyage missionnaire de Paul précède le rapport sur le concile de Jérusalem (13,1-15,35). La quatrième partie des Gestes est entièrement consacrée au récit des missions de Paul (15,36-21,16). Emprisonné à Jérusalem puis à Césarée, Paul est enfin transféré à Rome où il attend de passer en jugement (21,17-28,31).

     Davantage qu’un livre d’histoire dans le sens moderne du terme, Gestes d’envoyés forme la chronique édifiante de la vie de la nouvelle communauté chrétienne. Il s’agit d’une « défense et illustration » de la foi en Iéshoua‘, messie d’Israël et sauveur de l’humanité. Vous serez mes témoins à Ieroushalaîm, dans tout Iehouda, à Shomrôn et jusqu’à l’extrémité de la terre, avait dit Iéshoua‘ à ses adeptes (Ac 1,8). L’oeuvre nous rapporte l’histoire de cet essor, de Jérusalem à Rome.

     Ce serait une erreur de penser que seule la communauté chrétienne de Jérusalem envoyait des shelihîm, des « apôtres » vers la diaspora. L’usage d’agents de liaison entre les communautés de l’exil et la mère patrie était constant en Israël à l’époque du Deuxième Temple. Le shaliah représentait toujours une secte ou un parti: il était un envoyé des sadducéens, des zélotes, des esséniens ou, plus généralement, des pharisiens, qui considéraient la diaspora comme leur chasse gardée. Les missionnaires hébreux étaient des scribes, des prêtres, de savants docteurs de la tora ou même des artisans ou des marchands lettrés qui doublaient leurs activités commerciales par un effort de propagande religieuse ou nationale.

     La foi d’Israël, dans toutes ses nuances, née de la Bible et exacerbée par les tragédies de l’histoire, tranchait universellement sur le relâchement des moeurs, qu’encourageaient les mythes et les mystères du paganisme décadent. Dans toute l’étendue de l’empire, le prosélytisme hébraïque répand une littérature abondante, véhicule efficace du monothéisme éthique.

     Gestes d’envoyés forme un nouveau témoignage du dynamisme spirituel et du zèle incomparable que les Hébreux déploient au sein du monde païen pour répandre leur foi en IHVH-Adonaï Elohîms, qui compte au sein de l’empire plus de deux millions d’adeptes à l’heure où Pierre et Paul entreprennent leur activité missionnaire. Celle-ci survient en un temps où ce qui rapproche les Hébreux (de quelque tendance qu’ils soient) et les chrétiens est infiniment plus important que ce qui les sépare. Ils adorent le même Dieu; IHVH-Adonaï Elohîms, s’inspirent des mêmes Écritures, sont fidèles au même sanctuaire et vivent d’une même tradition.

     En fait, les chrétiens se distinguaient des autres adorateurs de l’Elohîms d’Israël sur deux plans: ils voyaient en Iéshoua‘ le messie, le fils de Dieu et le sauveur du monde. Une fois exclus de la Synagogue par les pharisiens après que ceux-ci, à la suite du génocide romain, eurent réussi à prendre la direction exclusive des survivants de la nation, les apôtres de la foi nouvelle s’adressèrent, sans doute faute de choix, au monde païen plutôt qu’aux communautés juives jalousement gardées par les rabbis. Mais aux yeux des Romains et des autres païens, tout le débat judéo-chrétien n’était fait que d’incompréhensibles argaties, l’essentiel étant à leurs yeux que tous les Hébreux et les païens « judaïsés » rejetaient « fanatiquement » les dieux de Rome et avec eux les idoles de toutes les nations. Par ce rejet, ils tombaient ensemble sous le coup des lois de l’Empire qui les condamnaient indistinctement pour crime d’athéisme. La confrontation entre Rome et Jérusalem avait un caractère d’autant plus fatal qu’en contestant les idoles, juifs et chrétiens ébranlaient en ses assises le pouvoir politique qui en émanait et qui puisait en elles sa propre légitimité.

     Il est classique de reconnaître trois étapes dans l’essor du christianisme: dans un premier temps, l’Église primitive, entièrement hébraïque dans ses racines, vit de la foi purement eschatologique en Iéshoua‘, le messie rédempteur et sauveur; par la suite, le christianisme s’éloigne davantage du judaïsme pharisien, et se développe sur l’impulsion des Hébreux hellénisés et du plus éminent d’entre eux, Paul. La troisième période commence, après la destruction du Temple de Jérusalem et les massacres ou les déportations qui suivirent cet événement, avec la fondation de la première Église catholique, apostolique dans son esprit et romaine dans sa direction, sous le contrôle de païens convertis au christianisme; elle aboutira à la conversion de l’empereur Constantin et à la proclamation du christianisme en tant qu’unique religion officielle de l’empire.

     Interpréter les Évangiles, les Actes ou les Lettres, qui appartiennent à la première ou, tout au plus, à la deuxième période de l’Église primitive, dans le sens où ces textes ont été lus pendant la troisième période où triomphe l’Église catholique, apostolique et romaine, contribue à rendre plus inextricable l’affrontement judéo-chrétien. Celui-ci s’est manifesté par le rejet par les Juifs de tout ce qui pouvait, de près ou de loin, leur rappeler la religion de la Croix, devenue crucifiante pour eux; et, pour les chrétiens, par un éloignement grandissant de leurs sources hébraïques.

     Pendant les deux premières périodes que nous venons de définir, le conflit le plus profond n’est certainement pas celui qui oppose la Synagogue à l’Église, mais l’opposition de l’une et l’autre à l’Empire. Il est capital de le souligner: la contradiction fondamentale entre l’Église et la Synagogue n’est pas d’ordre théologique mais téléologique, la première ayant choisi pour fin la conversion des païens et le royaume de Dieu; l’autre ayant été contrainte de se replier sur elle-même, de renoncer à tout prosélytisme, pour, sur les ruines de son Temple, de sa terre et de son peuple, resserrer les rangs des survivants et les organiser de telle manière qu’ils puissent sauver, avec la Bible hébraïque, les sources de leur langue, de leur culture et de leur religion, en attendant l’heure promise de leur retour et de leur résurrection. Le choix de l’Église l’éloignait de ses sources hébraïques et semblait constituer une trahison au regard de la Synagogue. L’option de la Synagogue paraissait être une folie ou une perfidie aux yeux de la chrétienté.

     L’une et l’autre étaient cependant confrontées à des missions apparemment impossibles, l’Église à celle de convertir l’humanité entière à la foi au Christ-Roi; la Synagogue vouée, sans aucun support temporel, à sauver une nation, une foi, une culture, une langue assassinées.

     Tel est le drame qui s’ouvre après la crucifixion de Iéshoua‘ et dont les « gestes » des envoyés, et leurs lettres, dessinent bien les lignes de force. En face de César, et de la mort qu’il répand dans les pays qui résistent à son règne, s’élève une double espérance: celle de l’Église, qui s’attend au retour et au triomphe du Christ-Roi, et celle de la Synagogue, condamnée à répéter chaque jour, pendant deux millénaires: « L’an prochain à Jérusalem. »


Chapitre 1.

Dans le souffle sacré

1.     Le premier discours, je l’ai fait, ô Theophilos,
sur tout ce que Iéshoua‘ a commencé à faire et à enseigner,
2.     jusqu’au jour où, après avoir donné ses prescriptions par le souffle sacré
aux envoyés qu’il a choisis, il a été enlevé.
3.     À eux, par de multiples preuves,
il s’est présenté vivant, après avoir souffert;
il leur est apparu pendant quarante jours,
leur parlant du royaume d’Elohîms.
4.     En les rencontrant, il leur enjoint de ne pas partir de Ieroushalaîm,
mais d’y attendre la promesse du père,
« celle que vous avez entendue de moi:
5.     Iohanân a immergé dans l’eau; mais vous, vous serez immergés
dans le souffle sacré, pas après de nombreux jours ».
6.     Alors quand ils sont réunis, ils le questionnent et lui disent:
« Adôn, rétabliras-tu en ce temps-ci le royaume d’Israël ? »
7.     Il leur dit: « Ce n’est pas à vous de pénétrer les temps et les saisons
que le père a placés sous sa propre autorité;
8.     mais vous recevrez un pouvoir du souffle sacré à sa venue sur vous.
Vous serez mes témoins à Ieroushalaîm,
dans tout Iehouda, à Shomrôn et jusqu’à l’extrémité de la terre. »
9.     Et après qu’il eut dit cela, tandis qu’ils le regardent, il est enlevé;
puis un nuage le soustrait à leurs yeux.
10.     Tandis qu’ils fixent son départ vers le ciel,
voici, deux hommes se tiennent devant eux en vêtements blancs.
11.     Ils disent aussi:
« Hommes de Galil ! Pourquoi vous tenir à regarder le ciel ?
Ce Iéshoua‘, celui qui vous a été enlevé au ciel,
il viendra de la manière dont vous l’avez vu s’en aller au ciel. »
12.     Ils redescendent alors à Ieroushalaîm du mont appelé de l’Oliveraie,
qui est proche de Ieroushalaîm, à route de shabat.
13.     Et quand ils entrent, ils montent à l’étage
où attendent ensemble Petros et Iohanân,
Ia‘acob et Andreas, Philippos et Toma,
Bar Talmaï et Matyah, Ia‘acob bèn Halphaï,
Shim‘ôn, un zélote, et Iehouda bèn Ia‘acob.
14.     Tous ceux-là persévèrent d’un même coeur dans la prière,
avec les femmes et Miriâm, la mère de Iéshoua‘, et avec ses frères.

Petros au milieu des frères

15.     En ces jours, Petros se levant au milieu des frères
­ la foule des noms, ensemble, atteignait cent vingt ­ dit:
16.     « Hommes frères ! Il était nécessaire que cet Écrit fût accompli,
ce que le souffle sacré avait dit d’avance par la bouche de David,
sur Iehouda, qui devint le guide de ceux qui prirent Iéshoua‘,
17.     parce qu’il était compté parmi nous et avait reçu la part de ce service.
18.     Or, il a acheté un domaine avec le salaire de l’injustice,
puis, tête en avant, il est tombé, il a craqué par le milieu;
toutes ses entrailles se sont répandues.
19.     Tous les habitants de Ieroushalaîm l’ont su.
Ce domaine s’est appelé dans leur langue Haqèl-Dema:
c’est le Domaine du Sang.
20.     Oui, c’est écrit dans le volume des Louanges:
‹ Son campement deviendra désert, il n’y aura personne qui y habite ›
et: ‹ Un autre prendra sa fonction. ›
21.     Il était donc nécessaire qu’un des hommes qui venaient avec nous
tout le temps où l’Adôn Iéshoua‘ entrait et sortait parmi nous,
22.     depuis l’immersion de Iohanân jusqu’au jour où il nous fut enlevé,
qu’un de ceux-là devienne avec nous témoin de son relèvement. »
23.     Ils en présentent deux:
Iosseph, appelé Barsaba, surnommé Justus, et Matyah.
24.     Ils prient et disent: « Toi, Adôn, tu pénètres les coeurs de tous.
Montre donc lequel des deux tu choisis
25.     pour prendre la place de ce service et cette mission
dont Iehouda s’est écarté pour aller vers son lieu. »
26.     Ils tirent les sorts. Le sort tombe sur Matyah.
Il est compté avec les onze envoyés.

Chapitre 2.

Shabou‘ot

1.     Quand se remplit le jour de Shabou‘ot,
ils étaient tous ensemble dans le même lieu.
2.     Et c’est tout d’un coup un bruit du ciel,
comme la venue d’un souffle violent;
il remplit toute la maison où ils siègent.
3.     Leur apparaissent des langues, comme de feu;
elles se partagent et se posent une sur chacun d’eux.
4.     Ils sont tous remplis du souffle sacré.
Ils commencent à parler en d’autres langues,
selon ce que le souffle leur donne d’énoncer.
5.     Or à Ieroushalaîm séjournent des Iehoudîm,
des hommes fervents de toutes les nations sous le ciel.
6.     Comme cette voix surgit, une grande multitude se réunit,
stupéfaite parce que chacun les entend parler dans son propre dialecte.
7.     Ils sont bouleversés, ils s’étonnent et disent:
« Voici, ces parlants ne sont-ils pas tous de Galil ?
8.     Comment donc les entendons-nous,
chacun dans son propre dialecte, celui de sa terre natale ?
9.     Parthes, Mèdes, Élamites,
habitants d’Arâm-Naharaîm, de Iehouda, de Cappadoce, du Pont, d’Asie,
10.     de Phrygie, de Pamphylie, d’Égypte,
et des provinces de Libye proches de Cyrène et ceux qui résident à Rome,
11.     Iehoudîm et prosélytes, Crétois et Arabes, voici,
nous les entendons raconter dans nos langues les grandeurs d’Elohîms. »
12.     Ils sont tous stupéfaits, perplexes.
Ils se disent les uns aux autres: « Qu’est-ce que cela peut être ? »
13.     D’autres se moquent et disent: « Ils sont pleins de vin doux. »

Petros proclame

14.     Mais Petros se dresse avec les Onze.
Il élève la voix et proclame:
« Hommes, Iehoudîm, et tous les habitants de Ieroushalaîm, vous tous,
pénétrez ceci, écoutez mes mots.
15.     Non, ces hommes ne sont pas ivres, comme vous le croyez:
c’est la troisième heure du jour !
16.     Mais c’est ce qui a été dit par Ioël l’inspiré:
17.     ‹ Et ce sera dans l’après des jours, harangue d’Elohîms,
je répandrai mon souffle sur toute chair.
Vos fils et vos filles seront inspirés; vos jeunes verront des visions;
vos vieillards rêveront des rêves.
18.     Certes, sur mes serviteurs et sur mes servantes,
en ces jours, je répandrai mon souffle, et ils seront inspirés.
19.     Je donnerai des prodiges dans le ciel en haut,
des signes sur la terre en bas,
du sang, du feu, des vapeurs de fumée.
20.     Le soleil se tournera en ténèbre, la lune en sang,
avant la venue du jour de IHVH-Adonaï, grand et visible.
21.     Et ce sera, quiconque invoquera le nom de IHVH-Adonaï sera sauvé. ›
22.     Hommes d’Israël, entendez ces paroles !
Iéshoua‘ le Nazoréen, l’homme manifesté par Elohîms auprès de vous,
par des pouvoirs, des prodiges et des signes
qu’Elohîms a faits par lui au milieu de vous,
comme vous le savez vous-mêmes;
23.     lui-même livré selon le dessein déterminé d’Elohîms en sa prescience,
par les mains des sans-tora vous l’avez attaché et fait périr.
24.     Mais Elohîms l’a relevé;
il a délié pour lui les douleurs de la mort,
parce qu’il n’était pas possible qu’il soit dominé par elle.
25.     Oui, David dit de lui: ‹ Je contemple IHVH-Adonaï devant moi toujours.
Oui, il est à ma droite: je ne chancellerai pas.
26.     Aussi mon coeur est dans l’allégresse, ma langue exulte
et ma chair même campe dans l’espoir.
27.     Non, tu n’abandonnes pas mon être au Shéol,
tu ne donnes pas à qui t’est consacré de voir la corruption.
28.     Tu me fais pénétrer les routes de la vie,
l’assouvissement de joie en face de toi. ›
29.     Hommes frères,
laissez-moi vous parler ouvertement au sujet du patriarche David:
il est mort, enseveli, et sa sépulture est chez nous jusqu’à ce jour.
30.     Or c’était un inspiré, il détenait le serment que lui avait fait Elohîms
de faire siéger sur son trône un fruit de son flanc.
31.     Aussi, le prévoyant, il a dit du relèvement du messie:
‹ Non, il n’a pas été abandonné au Shéol,
et sa chair n’a pas vu la corruption. ›
32.     Ce Iéshoua‘, Elohîms l’a fait lever, nous en sommes tous témoins.
33.     Maintenant, après qu’il a été exalté à la droite d’Elohîms,
il a reçu de son père le souffle sacré promis,
et il a répandu ce que vous voyez et entendez.
34.     Non, David n’est pas monté au ciel,
mais il a dit: ‹ Harangue de IHVH-Adonaï à mon Adôn:
35.     Siège à ma droite jusqu’à ce que je place tes ennemis
en escabelle de tes pieds. ›
36.     Que toute la maison d’Israël le pénètre donc avec certitude:
Adôn lui-même et Messie, Elohîms l’a fait
ce Iéshoua‘ que vous, vous avez crucifié. »

Faites retour !

37.     Ils l’entendent, ils sont piqués au coeur
et disent à Petros, et aux autres envoyés:
« Que devons-nous faire, hommes frères ? »
38.     Petros leur dit:
« Faites retour ! Que chacun d’entre vous se fasse immerger
au nom de Iéshoua‘ le messie pour la remise de ses fautes:
vous recevrez en don le souffle sacré.
39.     Oui, la promesse est pour vous,
pour vos enfants, pour tous les éloignés,
aussi nombreux que les appellera IHVH-Adonaï notre Elohîms. »
40.     Avec plusieurs autres paroles il témoigne, les conforte et dit:
« Sauvez-vous de cet âge tordu. »
41.     Ils accueillent sa parole et se font immerger.
Ce jour-là environ trois mille personnes s’ajoutent.
42.     Ils persévèrent dans l’enseignement des envoyés,
dans la communion, le partage du pain et les prières.
43.     Et c’est un frémissement, il s’abat sur tout être;
des prodiges nombreux, des signes sont accomplis par les envoyés.
44.     Tous ceux qui adhèrent se réunissent et mettent tout en commun.
45.     Ils vendent leurs propriétés, leurs biens
et les distribuent à chacun selon ses besoins.
46.     Chaque jour, ils persévèrent d’un même coeur à être dans le sanctuaire.
Ils partagent le pain à la maison
et prennent la nourriture avec exultation et simplicité de coeur.
47.     Ils louangent Elohîms et trouvent chérissement aux yeux de tout le peuple.
L’Adôn ajoute ceux qui sont sauvés, jour après jour, ensemble.

Chapitre 3.

Le boiteux guéri

1.     Petros et Iohanân montent au sanctuaire
pour la prière de la neuvième heure.
2.     Un homme, boiteux dès le ventre de sa mère, est amené là.
Ils le plaçaient là, chaque jour,
près de la porte du sanctuaire dite la Belle Porte,
pour demander une aumône à ceux qui arrivaient au sanctuaire.
3.     Quand il voit Petros et Iohanân pénétrer au sanctuaire,
il leur demande une aumône.
4.     Petros le fixe, avec Iohanân, et lui dit: « Regarde-nous. »
5.     Il lève les yeux sur eux, espérant recevoir d’eux un don.
6.     Petros dit:
« De l’argent, de l’or, je n’en ai pas. Ce que je possède, je te le donne.
Au nom de Iéshoua‘ le messie, le Nazoréen, réveille-toi, marche ! »
7.     Il le saisit par sa main droite et le réveille.
Soudain les plantes et les chevilles de ses pieds s’affermissent;
8.     il saute et se lève sur ses pieds, marche et entre avec eux au sanctuaire.
Il marche, il saute, il louange Elohîms.
9.     Tout le peuple le voit marcher et louanger Elohîms.
10.     Ils le reconnaissent, lui qui était assis
pour demander l’aumône à la Belle Porte du sanctuaire.
Ils sont pleins de stupéfaction
et hors d’eux-mêmes devant ce qui lui est arrivé.
11.     Tandis qu’il étreint Petros et Iohanân,
tout le peuple accourt au Portique dit de Shelomo; ils sont stupéfaits.
12.     Petros voit et répond au peuple:
« Homme d’Israël, pourquoi vous étonnez-vous à ce propos ?
Et pourquoi nous considérer comme s’il marchait
par le fait de notre propre pouvoir ou de notre ferveur ?
13.     L’Elohîms d’Abrahâm, l’Elohîms d’Is’hac, l’Elohîms de Ia‘acob,
l’Elohîms de nos pères a glorifié son serviteur Iéshoua‘
que vous, vous avez livré et renié en face de Pilatus,
alors qu’il jugeait bon de le renvoyer.
14.     Mais vous, vous avez renié le consacré et le juste,
et vous avez demandé qu’un homme,
un meurtrier, vous soit accordé par faveur.
15.     Vous avez mis à mort le pionnier de la vie,
qu’Elohîms a fait se réveiller d’entre les morts:
nous en sommes témoins.
16.     Par l’adhérence à son nom, son nom a affermi
celui que vous voyez et connaissez; et l’adhérence à lui
a donné à cet homme la guérison en présence de vous tous.
17.     Maintenant, frères,
je sais que vous avez agi sans savoir, vous comme vos chefs.
18.     Elohîms accomplit ainsi ce qu’il avait annoncé d’avance
par la bouche de tous ses inspirés: oui, le messie devait souffrir.
19.     Faites donc retour, revenez, et que vos fautes soient effacées,
20.     pour que vienne le moment de fraîcheur des faces de IHVH-Adonaï
et qu’il envoie celui qui vous était destiné d’avance:
le messie Iéshoua‘.
21.     Oui, il était nécessaire que le ciel l’accueille
jusqu’au temps du rétablissement de tout, comme Elohîms l’a dit
par la bouche de ses consacrés en pérennité, les inspirés.
22.     Moshè l’a certes dit:
‹ Un inspiré pour vous, semblable à moi,
IHVH-Adonaï votre Elohîms le suscitera parmi vos frères.
Lui, vous l’entendrez en tout ce qu’il vous dira.
23.     Et ce sera, tout être qui n’entendra pas cet inspiré
sera exterminé du peuple. ›
24.     Tous les inspirés depuis Shemouél, et ceux qui ont parlé après lui,
ont aussi annoncé ces jours-là.
25.     Vous, vous êtes les fils des inspirés et du pacte
qu’Elohîms a tranché près de vos pères, disant à Abrahâm:
‹ Tous les clans de la terre se béniront en ta semence. ›
26.     Ainsi, c’est d’abord pour vous qu’Elohîms a fait lever son serviteur,
l’a envoyé vous bénir en détournant chacun de vous de ses méfaits. »

Chapitre 4.

Petros et Iohanân arrêtés

1.     Pendant qu’ils parlent au peuple, se présentent devant eux
les desservants, le commandant du sanctuaire et les Sadouqîm,
2.     fort contrariés de ce qu’ils enseignent le peuple,
et annoncent en Iéshoua‘ le relèvement des morts.
3.     Ils jettent les mains sur eux et les mettent sous garde jusqu’au lendemain:
oui, c’était déjà le soir.
4.     Beaucoup de ceux qui entendent la parole adhèrent;
leur nombre atteint environ cinq mille hommes.
5.     Et c’est le lendemain.
Leurs chefs, leurs anciens, leurs Sopherîm se rassemblent à Ieroushalaîm,
6.     avec Hanân, le grand desservant, Caïapha, Iohanân, Alexandros,
et tous ceux de la famille du grand desservant.
7.     Ils les placent au milieu, et s’enquièrent:
« Par quel pouvoir ou au nom de qui avez-vous fait cela, vous ? »
8.     Petros, rempli du souffle sacré, leur dit:
« Chefs du peuple, anciens,
9.     si nous, nous sommes aujourd’hui interrogés
pour un bienfait à l’égard d’un homme infirme,
pour savoir en qui il a été sauvé,
10.     qu’il soit connu de vous tous et de tout le peuple d’Israël
que c’est par le nom de Iéshoua‘, messie, le Nazoréen,
que vous, vous avez crucifié et qu’Elohîms a réveillé d’entre les morts.
En lui cet homme s’est dressé devant vous, intact.
11.     Étant la pierre méprisée par vous, les bâtisseurs,
il est devenu la tête d’angle.
12.     Le salut ne vient pas d’un autre.
Non, il n’a pas été donné aux hommes un autre nom sous les ciels
par lesquels il nous faut être sauvés. »
13.     Quand ils voient la fermeté de Petros et de Iohanân,
comprenant qu’ils sont des hommes sans instruction et sans culture,
ils s’étonnent et reconnaissent qu’ils avaient été avec Iéshoua‘.
14.     En regardant debout près d’eux l’homme guéri,
ils ne trouvent rien à répliquer.
15.     Ils leur ordonnent de s’en aller du sanhédrîn et se concertent.
16.     Ils disent: « Que ferons-nous à ces hommes ?
Oui, un signe manifeste a été fait par eux,
visible de tous les habitants de Ieroushalaîm.
Nous ne pouvons pas le nier.
17.     Mais pour que cela ne se répande pas davantage dans le peuple,
menaçons-les, qu’ils ne parlent plus à personne
parmi les hommes en ce nom. »
18.     Ils les appellent et leur enjoignent une fois pour toutes
de ne plus souffler mot et de ne plus enseigner au nom de Iéshoua‘.
19.     Mais Petros et Iohanân répondent et leur disent:
« S’il est juste devant Elohîms de vous écouter plutôt qu’Elohîms, jugez-en !
20.     Non, nous-mêmes nous ne pouvons cesser de parler
de ce que nous avons vu et entendu. »
21.     Ils les menacent, puis ils les renvoient,
ne trouvant pas comment les punir, à cause du peuple:
tous glorifient Elohîms de ce qui s’est passé.
22.     Oui, l’homme en qui ce signe de guérison avait été fait
était âgé de plus de quarante ans.

D’un seul coeur vers Elohîms

23.     Après avoir été renvoyés, ils viennent vers les leurs
et leur annoncent ce que leur avaient dit
les chefs des desservants et les anciens.
24.     Entendant cela, ils élèvent leur voix d’un même coeur vers Elohîms
et disent: « Maître, toi, tu as fait le ciel, la terre,
la mer et tout ce qui est en eux.
25.     Toi, tu as parlé par la bouche de notre père, ton serviteur David,
par le souffle sacré, et dit:
‹ Pourquoi tremblent-elles, les nations,
et les patries murmurent-elles à vide ?
26.     Les rois de la terre se lèvent, les princes se liguent ensemble
contre IHVH-Adonaï et contre son messie. ›
27.     Oui, ils se liguent en vérité dans cette ville,
contre Iéshoua‘, ton serviteur consacré, celui que tu as messié,
Hèrôdès et Pontius Pilatus, ensemble avec les goîm et les peuples d’Israël,
28.     pour faire ce que de ta main et de ton conseil
tu as décidé par avance d’accomplir.
29.     Maintenant, IHVH-Adonaï, vois les menaces,
et donne à tes serviteurs de dire ta parole en toute fermeté,
30.     pendant que toi tu étends ta main pour guérir,
pour répandre des signes et des prodiges,
au nom de Iéshoua‘, ton serviteur consacré. »
31.     Tandis qu’ils implorent, le lieu où ils sont rassemblés s’ébranle,
ils sont tous remplis du souffle sacré,
ils disent la parole d’Elohîms avec fermeté.

Adhérences

32.     La multitude de ceux qui adhèrent a un seul coeur, un seul être.
Personne d’entre eux ne dit de ses biens: « C’est à moi ! »
mais tout ce qui est à eux est en commun.
33.     Avec une grande puissance, les envoyés rendent témoignage
du relèvement de l’Adôn Iéshoua‘;
un grand chérissement est sur tous.
34.     Parmi eux personne ne manque de rien;
tous les propriétaires de domaines et de maisons les vendent,
et apportent l’argent de leurs ventes.
35.     Ils le déposent aux pieds des envoyés;
il est donné à chacun selon ses besoins.
36.     Iosseph ­ que les envoyés avaient appelé Bar-Naba,
en traduction: « Fils du Réconfort »,
un homme du clan de Lévi, né à Chypre ­
37.     avait lui aussi un champ.
Il le vend, apporte l’argent et le dépose aux pieds des envoyés.

Chapitre 5.

Hananyah et Shapira

1.     Un homme du nom de Hananyah avec sa femme Shapira
vend une propriété.
2.     Il détourne une partie du prix, et sa femme le sait aussi.
Il en apporte une partie et le dépose aux pieds des envoyés.
3.     Mais Petros dit: « Hananyah, pourquoi Satân a-t-il rempli ton coeur
pour mentir au souffle sacré
et pour cacher une partie du prix du domaine ?
4.     N’était-ce pas à toi quand tu l’avais ?
Et même après la vente, c’était sous ton autorité.
Pourquoi as-tu mis en ton coeur cette action ?
Tu n’as pas menti aux hommes mais à Elohîms. »
5.     Quand Hananyah entend ces paroles, il tombe et expire.
Et c’est un grand frémissement pour tous les auditeurs.
6.     Les plus jeunes se lèvent, l’enveloppent, l’emportent au-dehors
et l’ensevelissent.
7.     Et c’est à trois heures d’écart environ, sa femme entre.
Elle ne sait pas ce qui s’est passé.
8.     Petros parle et lui dit:
« Dis-moi, vous avez bien vendu le domaine à tel prix ? »
Elle dit: « Oui, à tel prix. »
9.     Petros lui dit: « Pourquoi donc vous êtes-vous concertés
pour éprouver le souffle de IHVH-Adonaï ?
Voici à la porte les pieds de ceux qui ont enseveli ton mari;
ils vont aussi t’emporter. »
10.     Elle tombe soudain à ses pieds et elle expire.
Les jeunes la trouvent morte.
Ils l’emportent au-dehors et l’ensevelissent auprès de son mari.
11.     Et c’est un grand frémissement
parmi toute la communauté et sur tous ceux qui entendent cela.

Signes et prodiges

12.     Par les mains des envoyés
des signes et des prodiges nombreux se font parmi le peuple.
Tous sont réunis d’un même coeur au portique de Shelomo.
13.     Aucun des autres n’ose se joindre à eux, mais le peuple les vante fort.
14.     De plus en plus, des hommes et des femmes en grand nombre
s’adjoignent et adhèrent à l’Adôn.
15.     Ils font sortir les infirmes sur les places
et les mettent sur des civières et des grabats
pour que Petros en venant, au moins de son ombre, obombre l’un d’eux.
16.     La multitude des villes voisines de Ieroushalaîm se rassemble aussi.
Ils amènent les infirmes et ceux que perturbent les souffles contaminés.
Ils sont guéris, tous.

Les envoyés en prison

17.     Se lèvent le grand desservant et ceux qui sont avec lui,
le parti des Sadouqîm. Ils sont pleins de zèle.
18.     Ils jettent les mains sur les envoyés et les livrent à la prison publique.
19.     Mais un messager de IHVH-Adonaï dans la nuit ouvre les portes de la prison,
les fait sortir et dit:
20.     « Allez. Arrêtez-vous dans le sanctuaire,
et dites au peuple tous les mots de cette vie. »
21.     Eux-mêmes, en entendant cela, entrent au sanctuaire, dès l’aube;
ils enseignent.
Arrive le grand desservant avec sa suite.
Ils convoquent le sanhédrîn et tous les anciens des Benéi Israël.
Ils les envoient chercher à la prison.
22.     Les serviteurs arrivent mais ne les trouvent pas dans la prison.
Ils reviennent et annoncent:
23.     « Nous avons trouvé la prison soigneusement fermée.
Les gardiens étaient debout aux portes.
Mais quand nous avons ouvert,
nous n’avons trouvé personne à l’intérieur. »
24.     Quand le commandant du sanctuaire
et les chefs des desservants entendent ces paroles,
ils en sont perplexes. Ils disent: « De quoi s’agit-il ? »
25.     Quelqu’un arrive, leur annonce et dit: « Voici,
les hommes que vous avez mis en prison se tiennent dans le sanctuaire;
ils enseignent le peuple. »
26.     Le commandant va là avec ses intendants;
ils les prennent, mais sans violence:
oui, ils frémissent que le peuple ne les lapide.
27.     Ils les amènent et les placent devant le sanhédrîn.
Le grand desservant les interroge.
28.     Il dit: « Est-ce que, par injonction, nous ne vous avons pas enjoint
de ne pas enseigner au nom de celui-là ?
Et voici, vous avez rempli Ieroushalaîm de votre enseignement.
Voulez-vous faire venir sur nous le sang de cet homme ? »
29.     Répondant, Petros et les envoyés disent:
« Nous devons obéir à Elohîms plutôt qu’aux hommes.
30.     L’Elohîms de nos pères a fait se réveiller Iéshoua‘,
que vous, vous aviez tué et pendu au bois.
31.     Celui-là, Elohîms l’a élevé à sa droite pour pionnier et sauveur,
pour donner à Israël le retour et la remise des fautes.
32.     Nous sommes témoins de ces mots, nous et le souffle sacré
qu’Elohîms donne à ceux qui lui obéissent. »
33.     Ils les entendent, tremblent de fureur et veulent les faire périr.

Gamliél

34.     Mais quelqu’un se lève dans le sanhédrîn,
un Paroush du nom de Gamliél.
C’est un enseigneur de la tora respecté de tout le peuple.
Il ordonne de faire sortir les hommes un moment.
35.     Il leur dit: « Hommes d’Israël, soyez sur vos gardes
pour ce que vous allez faire à ces hommes.
36.     Oui, avant ces jours-ci, Theudas s’était levé. Il disait qu’il était quelqu’un.
Environ quatre cents hommes avaient pris son parti.
Il a été tué, et tous ceux qui avaient cru en lui se sont dispersés,
réduits à rien.
37.     Après lui s’est levé Iehouda de Galil.
Aux jours du recensement, il avait détourné le peuple derrière lui.
Lui aussi a péri, et tous ceux qui avaient cru en lui se sont débandés.
38.     Maintenant donc, je vous dis, écartez-vous de ces hommes; laissez-les.
Si ce conseil ou cette oeuvre vient des hommes,
ils se détruiront d’eux-mêmes.
39.     Mais si c’est d’Elohîms, vous ne pourrez les détruire.
Craignez de vous trouver en conflit avec Elohîms. »
Ils se laissent persuader par lui
40.     et appellent les envoyés, les battent,
leur enjoignent de ne plus parler au nom de Iéshoua‘;
puis ils les renvoient.
41.     Et eux, ils s’en vont du sanhédrîn, avec chérissement,
pour avoir été dignes d’être outragés à cause du Nom.
42.     Et tous les jours, au sanctuaire et dans les maisons,
ils ne cessent d’enseigner et d’annoncer le messie Iéshoua‘.

Chapitre 6.

Sept hommes parmi vous

1.     En ces jours, les adeptes se multiplient.
Et c’est les Hellénistes, ils murmurent contre les Hébreux,
parce que leurs veuves étaient négligées chaque jour dans le service.
2.     Les Douze appellent la multitude des adeptes et disent:
« Il n’est pas bien pour nous
d’abandonner la parole d’Elohîms pour servir à table.
3.     Aussi, frères, choisissez sept hommes parmi vous, qui ont bon renom,
pleins de souffle sacré et de sagesse: nous les préposerons à ce service.
4.     Quant à nous, nous garderons la prière et l’office de la parole. »
5.     La parole plaît à toute la multitude.
Ils choisissent Stephanos, un homme plein d’adhérence et de souffle sacré,
Philippos, Prochoros, Nicanôr, Timôn,
Parmenas et Nicolaos, prosélyte d’Antioche.
6.     Ils les présentent en face des envoyés.
Ils prient et leur imposent les mains.
7.     Et la parole d’Elohîms croît;
le nombre des adeptes se multiplie fort à Ieroushalaîm.
Et une grande foule de desservants obéit à l’adhérence.
8.     Stephanos, plein de chérissement et de puissance,
fait de grands signes et prodiges parmi le peuple.
9.     Mais quelques-uns de la synagogue dite des Affranchis,
des Cyrénéens, des Alexandrins, avec ceux de Cilicie et d’Asie,
se lèvent et discutent avec Stephanos.
10.     Mais ils n’ont pas la force de s’opposer
à la sagesse ni au souffle par lequel il parle.
11.     Ils subornent des hommes qui disent:
« Nous l’avons entendu proférer des mots blasphématoires
contre Moshè et contre Elohîms. »
12.     Ils excitent le peuple, les anciens et les Sopherîm.
Ils surviennent, l’enlèvent et le conduisent au sanhédrîn.
13.     Ils suscitent des faux témoins qui disent:
« Cet homme ne cesse de proférer des mots
contre le lieu sacré et contre la tora.
14.     Oui, nous l’avons entendu dire
que Iéshoua‘ le Nazoréen détruira ce lieu
et changera les coutumes que Moshè nous a transmises. »
15.     Le fixant alors, tous ceux qui siègent au sanhédrîn
voient ses faces semblables aux faces d’un messager.

Chapitre 7.

Stephanos

1.     Le grand desservant lui dit: « En est-il bien ainsi ? »
2.     Il répond et dit: « Hommes, frères et pères, entendez !
L’Elohîms de la gloire apparut à Abrahâm, notre père,
quand il était en Mésopotamie, avant qu’il n’habite Harân.
3.     Il lui dit: ‹ Sors de ta terre, de ta parenté,
et viens vers la terre que je te montrerai. ›
4.     Il sortit de la terre des Chaldéens. Il habita Harân.
Après la mort de son père,
il le fit passer de là vers cette terre où vous habitez maintenant.
5.     Là, il ne lui donna pas d’héritage, pas même la plante d’un pied,
mais il lui promit d’en donner la propriété à sa semence après lui,
quoiqu’il n’eût pas d’enfant.
6.     Elohîms lui dit: ‹ Oui, ta semence aura une résidence temporaire
sur une terre qui ne lui appartiendra pas.
Ils l’asserviront et la violenteront quatre cents ans.
7.     Et la nation qui l’asservira, je la jugerai, dit Elohîms.
Ensuite ils sortiront et me serviront en ce lieu. ›
8.     Il lui donna le pacte de la circoncision.
Ainsi il engendra Is’hac, il le circoncit le huitième jour;
et Is’hac, Ia‘acob; et Ia‘acob, les douze patriarches.
9.     Et les patriarches jalousèrent Iosseph. Ils le livrèrent à Misraîm.
Mais Elohîms était avec lui.
10.     Il le délivra de toutes ses tribulations;
il lui donna chérissement et sagesse en face de Pharaon, roi de Misraîm;
il le fit gouverneur de Misraîm et de toute sa maison.
11.     Mais vint une famine sur toute la terre de Misraîm et de Kena‘ân,
une grande tribulation. Nos pères ne trouvaient pas de nourriture.
12.     Ia‘acob entendit qu’il y avait des vivres en Misraîm.
Il y envoya nos pères une première fois.
13.     Et la deuxième fois, Iosseph se fit reconnaître par ses frères,
et manifeste devint pour Pharaon l’origine de Iosseph.
14.     Iosseph envoya appeler Ia‘acob son père
et toute sa parenté: soixante-quinze êtres.
15.     Ia‘acob descendit en Misraîm. Il y mourut lui-même, ainsi que nos pères.
16.     Ils furent ramenés à Shekhèm et mis dans la sépulture
qu’Abrahâm avait acquise à prix d’argent, des Benéi Hamor, à Shekhèm.
17.     Et c’était quand s’approcha le temps de la promesse
qu’Elohîms avait faite à Abrahâm,
le peuple s’accrut et se multiplia en Misraîm,
18.     jusqu’à ce que se lève un autre roi, qui n’avait pas connu Iosseph.
19.     Celui-ci rusa contre notre clan, il méfit contre nos pères,
leur fit exposer leurs nouveau-nés, pour ne pas les laisser vivre.
20.     À ce moment Moshè naquit; il était beau devant Elohîms.
Il fut nourri trois mois dans la maison de son père.
21.     Quand il fut exposé, la fille de Pharaon l’enleva;
elle le nourrit comme son fils.
22.     Moshè fut instruit dans toute la sagesse de Misraîm;
il fut puissant en paroles et en oeuvres.
23.     Alors, à quarante ans accomplis,
il lui vint au coeur de visiter ses frères, les Benéi Israël.
24.     Il vit maltraiter l’un d’entre eux.
Il le secourut et vengea l’opprimé en frappant le Misri.
25.     Alors il pensait que ses frères comprendraient
que par sa main Elohîms leur donnerait le salut.
Mais ils ne comprirent pas.
26.     Le jour suivant, il fut aperçu par ceux qui se battaient.
Il chercha à les réconcilier et dit: ‹ Hommes, vous êtes frères.
Pourquoi vous violentez-vous l’un l’autre ? ›
27.     Mais celui qui violentait son compagnon le repoussa et dit:
‹ Qui t’a mis chef et juge sur nous ?
28.     Veux-tu me tuer, toi, comme tu as tué hier le Misri ? ›
29.     À cette parole, Moshè s’enfuit.
Il devint un métèque en terre de Midiân et engendra là deux fils.
30.     Après quarante ans,
un messager lui apparut au désert du mont Sinaï,
dans la flamme d’un buisson de feu.
31.     Moshè le vit et s’étonna de la vision.
Et comme il s’approchait pour observer, ce fut la voix de IHVH-Adonaï:

32.     ‹ Moi, l’Elohîms de tes pères,
l’Elohîms d’Abrahâm, d’Is’hac, de Ia‘acob. ›
Mais Moshè trembla: il n’osa pas observer.
33.     IHVH-Adonaï lui dit: ‹ Ôte la sandale de tes pieds:
oui, le lieu sur lequel tu te tiens est une terre consacrée.
34.     Voyant, j’ai vu la misère de mon peuple en Misraîm.
J’ai entendu leur gémissement, je descends les délivrer.
Maintenant, viens ! Je t’enverrai en Misraîm. ›
35.     Le Moshè qu’ils avaient renié en disant:
‹ Qui t’a mis chef et juge › ?
celui-là, Elohîms l’envoie pour chef et rédempteur,
par la main du messager qui lui était apparu dans le buisson.
36.     Celui-là les fit sortir.
Il fit des signes et des prodiges en terre de Misraîm,
dans la mer Erythréenne et au désert, quarante ans.
37.     C’est ce Moshè qui dit aux Benéi Israël:
‹ Elohîms suscitera pour vous
un inspiré parmi vos frères, semblable à moi. ›
38.     C’est lui qui était dans la communauté au désert,
avec le messager qui lui parla au mont Sinaï et avec nos pères,
lui qui accueillit des paroles de vie pour nous les donner.
39.     C’est lui auquel nos pères ne consentirent pas à obéir,
mais qu’au contraire ils repoussèrent.
Puis leur coeur retourna vers Misraîm.
40.     Ils dirent à Aarôn:
‹ Fais-nous des Elohîms qui iront devant nous.
Oui, ce Moshè qui nous fit sortir de la terre de Misraîm,
nous ne savons pas ce qui lui est arrivé. ›
41.     Et ils firent un veau en ces jours-là.
Ils firent monter un sacrifice à l’idole,
et mirent leur bonheur en l’oeuvre de leurs mains.
42.     Elohîms se détourna d’eux;
il les livra au service de la milice du ciel,
comme il est écrit au volume des Inspirés:
‹ M’avez-vous offert des sacrifices et des victimes
au désert, quarante ans, maison d’Israël ?
43.     Vous avez dressé la tente de Molokh, votre Elohîms,
et l’étoile de Rephân,
les images que vous avez faites pour vous prosterner devant elles.
Aussi je vous exilerai au-delà de Babèl. ›
44.     Nos pères, au désert, eurent la tente du témoignage,
que Moshè avait faite selon le modèle qu’il avait vu,
comme le lui avait ordonné celui qui lui avait parlé.
45.     Nos pères la reçurent et la firent entrer avec eux,
et avec Iehoshoua‘, en terre conquise sur les goîm,
qu’Elohîms chassa en face de nos pères, jusqu’aux jours de David.
46.     Celui-ci trouva chérissement aux yeux d’Elohîms.
Il demanda de trouver une tente pour la maison de Ia‘acob.
47.     Alors Shelomo bâtit pour lui une maison.
48.     Mais le Sublime n’habite pas dans ce que fait la main de l’homme,
comme le dit l’inspiré:
49.     ‹ Le ciel est mon trône, la terre l’escabelle de mes pieds.
Quelle maison me bâtirez-vous, dit IHVH-Adonaï,
quel lieu pour mon repos ?
50.     N’est-ce pas ma main qui a fait tout cela ? ›
51.     Durs de nuque, incirconcis du coeur et des oreilles,
vous vous êtes toujours rebellés contre le souffle sacré,
vous aussi, comme vos pères.
52.     Lequel des inspirés vos pères n’ont-ils pas persécuté ?
Ils mirent même à mort ceux qui annoncèrent d’avance la venue du juste
dont vous êtes maintenant devenus les traîtres et les tueurs.
53.     Vous qui avez reçu la tora édictée par les messagers,
vous ne l’avez pas gardée. »
54.     Entendant cela, ils tremblent de fureur en leur coeur
et grincent des dents contre lui.
55.     Lui-même, plein du souffle sacré, fixe le ciel.
Il y voit la gloire d’Elohîms et Iéshoua‘ debout à la droite d’Elohîms.
56.     Il dit: « Voici, je contemple les ciels ouverts,
et le fils de l’homme debout à la droite d’Elohîms. »
57.     Ils crient d’une voix forte, se bouchent les oreilles,
et se ruent sur lui tous ensemble.
58.     Ils le jettent hors de la ville et le lapident.
Les témoins déposent leurs habits aux pieds
d’un jeune homme appelé Shaoul.
59.     Ils lapident Stephanos qui invoque et dit:
« Adôn Iéshoua‘, reçois mon souffle. »
60.     Il plie genoux et crie d’une voix forte:
« IHVH-Adonaï, n’élève pas cette faute contre eux. »
Après avoir dit cette parole, il s’endort.

Chapitre 8.

Persécution

1.     Shaoul était d’accord pour le tuer.
Et c’est, en ce jour-là, une grande persécution
contre la communauté de Ieroushalaîm.
Ils sont dispersés dans les pays de Iehouda et de Shomrôn,
tous, sauf les envoyés.
2.     Des hommes fervents ensevelissent Stephanos
et font sur lui grande lamentation.
3.     Mais Shaoul ravage la communauté.
Il arrive dans les maisons, traîne hommes et femmes
et les livre à la prison.
4.     Dispersés, ils passent de lieu en lieu, annonçant la parole.

Philippos en Shomrôn

5.     Alors Philippos descend dans une ville de Shomrôn.
Il leur crie le messie.
6.     Les foules sont attentives, d’un même coeur, aux dires de Philippos,
en les entendant et en regardant les signes qu’il réalise.
7.     Oui, beaucoup étaient saisis par les souffles contaminés,
qui sortaient d’eux en criant à voix forte.
Beaucoup de paralytiques et de boiteux sont guéris.
8.     Et c’est un grand chérissement en cette ville.

Shim‘ôn le mage

9.     Un homme du nom de Shim‘ôn, depuis longtemps dans la ville,
exerce la magie et stupéfie la nation de Shomrôn.
Il disait de lui-même qu’il était quelqu’un de grand.
10.     Tous le suivent, petits et grands, disant:
« Celui-ci est la puissance d’Elohîms qui s’appelle la Grande. »
11.     Ils le suivent, parce qu’il les stupéfie depuis longtemps par ses sortilèges.
12.     Mais quand ils adhèrent à Philippos,
qui leur annonce le royaume d’Elohîms et le nom de Iéshoua‘ le messie,
ils se font immerger, hommes et femmes.
13.     Shim‘ôn adhère aussi, se fait immerger et s’attache à Philippos.
Il voit les signes, et les grands prodiges qui s’accomplissent:
il est stupéfait.
14.     Les envoyés qui sont à Ieroushalaîm
entendent que Shomrôn a accueilli la parole d’Elohîms.
Ils leur envoient Petros et Iohanân.
15.     Ils descendent là et prient pour eux, afin qu’ils reçoivent le souffle sacré.
16.     Il n’était encore descendu sur aucun d’entre eux.
Ils avaient été immergés seulement au nom de l’Adôn Iéshoua‘.
17.     Ils imposent sur eux leurs mains, et ils reçoivent le souffle sacré.
18.     Quand Shim‘ôn voit que le souffle sacré est donné
par l’imposition des mains des envoyés, il leur propose de l’argent.
19.     Il dit: « Donnez-moi donc aussi cette autorité,
pour que ceux sur lesquels j’imposerai mes mains
reçoivent le souffle sacré. »
20.     Mais Petros lui dit: « Périsse ton argent avec toi !
Tu as pensé acquérir avec de l’argent le don d’Elohîms !
21.     Il n’est pour toi ni part ni héritage en cette parole.
Non, ton coeur n’est pas droit en face d’Elohîms.
22.     Fais donc retour de ta malfaisance, implore IHVH-Adonaï.
Peut-être la pensée de ton coeur te sera-t-elle remise.
23.     Oui, je le vois: tu es dans le fiel d’amertume,
dans les liens de l’injustice. »
24.     Shim‘ôn répond et dit:
« Implorez vous-mêmes pour moi IHVH-Adonaï,
pour qu’il ne me survienne rien de ce que vous avez dit. »
25.     Petros et Iohanân témoignent, ils disent la parole de IHVH-Adonaï,
puis ils reviennent à Ieroushalaîm.
Ils annoncent le message en de nombreux villages des Shomronîm.

Le ministre de Qandaq

26.     Un messager de IHVH-Adonaï parle à Philippos et dit:
« Lève-toi, va au midi, sur la route qui descend de Ieroushalaîm à ‘Aza.
Elle est déserte. »
27.     Il se lève, s’en va, et voici: un Éthiopien, un eunuque,
un ministre de Qandaq, la reine d’Éthiopie, préposé sur tout son trésor,
était venu à Ieroushalaîm pour se prosterner.
28.     Il en revient, assis sur son char, et lit Iesha‘yahou l’inspiré.