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Loucas

Annonce de Loucas
Évangile de Luc

     Aucun problème biblique n’est jamais définitivement résolu. Jusqu’aux environs de 1950, un accord quasi unanime ­ contre les opinions outrées de l’école de Tübingen ­ faisait de Loucas (Luc) l’unique auteur du troisième évangile et des Actes des Apôtres. Dans les trois dernières décennies, des voix autorisées se sont élevées pour ­ tout en reconnaissant un auteur unique à ces deux livres ­ en refuser la paternité à Luc et dater ces ouvrages d’une ou de deux générations plus tard.

     L’ancienne tradition chrétienne s’appuie sur le témoignage d’Irénée, du prologue antimarcionite et du canon de Muratori (fin du IIe siècle). Luc n’en demeure pas moins pour nous un homme a peu près inconnu. On croit savoir qu’il fut un sémite, probablement d’origine syrienne, étant ainsi le seul auteur du Nouveau Testament à ne pas être un fils d’Israël (Col 4,11-14). Mais il est lui aussi imprégné de culture biblique et chez lui aussi l’influence hébraïque, dans l’expression de la pensée, est patente. Luc aurait exercé la profession de médecin (Col 4,14). On a supposé qu’il aurait composé ses oeuvres après la mort de Paul, avec lequel il aurait été particulièrement lié, entre 60 et 84.

     Luc, en présentant sa vie de Iéshoua‘, entend non seulement en rapporter la chronique fidèle, mais encore faire oeuvre de création littéraire. Il dispose pour cela de sources abondantes, ayant très certainement utilisé Marc et, sinon Matthieu, du moins la source commune dans laquelle Matthieu a puisé, dont le sigle est Q (de l’allemand Quelle). Marc et Q donnent ainsi toute la substance de l’évangile de Luc. Sur les données de ses sources écrites et orales, Luc structure son oeuvre en cinq parties:

1) l’évangile de l’enfance (ch. 1 et 2);
2) la mission en Galilée (3,1 à 9,50);
3) la montée vers Jérusalem (9,51 à 19,27);
4) dernières prédications (19,28 à 21,38);
5) la passion (22,1 à 24,53).

     Homme de lettres, Luc a le souci d’insérer les faits qu’il décrit dans le cadre de l’histoire universelle et de l’histoire d’Israël qu’il connaît par ses sources et mieux encore par la Bible, lue et citée le plus souvent d’après la version des LXX.

     Luc narre ainsi la vie de Iéshoua‘ comme constituant un document historique central dans l’histoire universelle. Pour lui, Iéshoua‘ et son évangile ouvrent à l’humanité la porte du salut. Le messie est en effet venu, député par son père IHVH-Adonaï Elohîms, pour sauver ceux qui sont perdus, c’est-à-dire tous les hommes. Dans le procès du salut, la croix n’a pas pour Luc l’importance centrale qu’elle prendra dans la tradition chrétienne ultérieure: il ne parle de caractère sacrificiel de la mort de Iéshoua‘ qu’en Lc 22,19 et Ac 20,28. L’essentiel, dans la marche vers le salut, est d’accueillir et d’accomplir les enseignements du messie, dans l’attente de la parousie et de l’instauration du royaume de IHVH-Adonaï, dans la gloire.

     On a remarqué que le style de Luc ressemblait à celui de Flavius Josèphe, imprégné comme lui de langage biblique et d’hébraïsmes, ou encore, parmi les Grecs, à celui de l’historien Polybe. S’adressant surtout à des païens convertis, Luc évite d’employer des mots hébreux et il tend, plus que les autres évangélistes, à la pureté de style, n’évitant cependant pas, en vingt-huit occurrences, d’employer des mots qui seront ultérieurement proscrits du « bon usage » de la langue grecque par Phrynicos (IIe siècle de l’ère chrétienne).

     Tandis que Marc fait largement usage du présent historique, Luc, plus soucieux de rigueur grammaticale, l’évite à une seule exception près: il entend largement utiliser les riches ressources de la conjugaison grecque pour ménager ses effets littéraires.

     Malgré cela, on décèle de nombreux sémitismes dans son style. Dans les discours de Iéshoua‘, notamment, Luc emploie de nombreux hébraïsmes ou aramaïsmes, généralement les mêmes que dans Matthieu et Marc.

     Tout au long de son oeuvre, Luc a un constant souci de la composition. Précédés par des introductions, ses développements se terminent souvent par des conclusions où il souligne d’un trait personnel l’essentiel de son message. À cet égard la comparaison des passages parallèles de Marc et de Luc est significative. Luc se présente ainsi comme un écrivain nanti d’un vocabulaire dense, qu’il utilise avec art, visant constamment à toucher le coeur de ses lecteurs, à les convaincre de l’authenticité, de la beauté tragique et de l’incomparable grandeur de son récit.

     Les chapitres 1 et 2, consacrés à la naissance et à l’enfance de Iohanân (Jean) et de Iéshoua‘ (Jésus), sont caractéristiques de la narration lucanienne. Luc prend soin de préciser le temps et le lieu où se situent les événements qu’il décrit. Il fait vivre ses personnages qui entrent, viennent, montent, sortent ou partent. Les scènes ne sont pas seulement mimées, mais dialoguées et pour ainsi dire chantées en des actions de grâces et des cantiques. L’ensemble surgit de la matrice biblique d’où le récit semble directement émaner.

     La deuxième partie de l’évangile de Luc (3,1-9,50) est consacrée à la mission de Iéshoua‘ en Galilée, sous le signe des réalités politiques et religieuses de l’Empire dont la Judée est une colonie.

     Biographe appliqué, Luc reprend les récits des deux premiers évangiles. Le secret messianique cher à Marc est éliminé: Iéshoua‘, dès le début de sa vie publique, est salué en tant que messie et fils d’Elohîms. Luc attribue ainsi à la Galilée la primeur des enseignements de Iéshoua‘. Il situe tout au début la visite et la prédication faite à Nazareth.

     Iéshoua‘ chemine ensuite dans les villes et les villages, souvent peuplés de réfugiés qui fuyaient les rigueurs ou la répression de l’occupant romain. Il est entouré des Douze et de femmes, Miriâm de Magdala, Iohana, Shoshana, d’autres encore qui l’assistaient de leurs biens. Le vrai mouvement du récit est donné par la prédication du royaume, davantage que par les voyages du maître à travers les chemins, souvent fleuris, de la Galilée.

     Les grands thèmes traités par les deux premiers évangélistes sont repris par Luc. Il évoque la triple épreuve de Iéshoua‘ tenté par Satan (4,1-13), en faisant précéder son récit d’une brève introduction qui lui donne un sens plus profond. Suivent cinq confrontations avec les Peroushîm (pharisiens) et les répétiteurs de la tora (5,17-6,11).

     L’institution des Douze (6,12-16) et le discours que Luc situe, non plus sur la montagne, comme l’avait fait Matthieu, mais dans une plaine (6,17-49) résument les intentions et le sens des enseignements de Iéshoua‘. L’alternance des bénédictions et des malédictions s’inspire des discours parénétiques de la Tora et d’une tradition constante chez les inspirés et chez les rabbis, tradition que l’on retrouve également dans maints écrits de Qumrân. La foule enthousiaste, à la différence des docteurs inquiets de l’avenir, voit dans Iéshoua‘ un grand prophète, tandis que Iohanân l’Immergeur pose la question: « Es-tu celui qui vient? » (7,20). Luc ménage ses effets et crée ainsi une émotion voulue.

     Paraboles et miracles jalonnent la route de Iéshoua‘ en Galilée. Le récit culmine dans l’envoi des Douze en mission (9,1-6), la confession de Pierre (9,18-20) et la transfiguration (9,28-36). D’ultimes instructions aux adeptes (9, 44-50) précèdent la montée de Iéshoua‘ et des Douze vers Jérusalem, où tous l’attendent.

     La montée vers Jérusalem (9,51 à 19,28) est un long intermède dans le récit lucanien. L’auteur y introduit tout ce qu’il n’a pu ou ne pourra mettre ailleurs. Chaque verset ajoute à l’extrême richesse de faits ou de pensées de l’ensemble. Celui-ci est dominé par l’importance exceptionnelle des paraboles: nul mieux que Luc ne sait faire usage de ce genre dans lequel Iéshoua‘ excelle.

     On sent que l’écrivain jubile en nous transmettant un trésor de mots, d’idées et d’images où l’Église puisera surabondamment pendant vingt siècles sans arriver à en atténuer la richesse. Les paroles de Iéshoua‘ demeurent en cela aussi neuves, aussi vraies, aussi fécondes que lorsqu’elles sortirent pour la première fois de sa bouche.

     La dernière partie du troisième évangile (19,28 à 24,53) se situe, comme il se doit, à Jérusalem. Luc répartit sa matière en deux grandes sections: la prédication dans le Temple (19,28 à 21,38); la passion et la résurrection (22,1 à 24,53).

     La chronologie de Luc est plus imprécise que celle de Marc ou de Matthieu. Nous savons seulement qu’après son entrée triomphale à Jérusalem, Iéshoua‘ enseigne journellement et publiquement dans le sanctuaire. Dans les quatre évangiles, d’ailleurs, un seul fait est certain, c’est que la passion eut lieu un vendredi, la veille d’un shabat.

     Le récit lucanien débouche donc ici sur la passion, la mort et la résurrection de Iéshoua‘ (22,1-24,53). Le procès de l’innocent persécuté, du serviteur souffrant démontre, aux yeux de Luc, que derrière la façade politique et humaine des faits, ce sont des forces spirituelles qui s’affrontent: celles de IHVH-Adonaï Elohîms, en quête de son royaume, et celles des idoles, mues par Satan, avides de puissance. Il serait dérisoire de voir là une tragédie en blanc et noir, avec d’un côté les bons ­ les disciples ­ et de l’autre les méchants, tous des juifs. Dominant la tragédie, il y a la fatalité du destin de Iéshoua‘, roi-messie d’un royaume dont le roi, Tibère, se veut aussi d’essence divine. Le vrai conflit est celui qui oppose Elohîms, dont Iéshoua‘ est le fils, aux dieux de Rome dont Tibère est l’implacable émanation.

     En face de ce combat gigantesque, que font les pauvres hommes ? Pilate et Caïphe, avec tous les fonctionnaires romains ou hébreux, dépassés par l’ampleur du drame, tremblent pour leur peau ou pour leur situation.

     Luc, dans son récit de la passion, néglige des détails rapportés par les autres évangélistes; en introduisant plus de sobriété dans sa narration, il ne donne que plus de grandeur à la tragédie qui déchire Jérusalem.

     Le récit de la résurrection et de l’ascension de Iéshoua‘ introduit les adeptes dans le malkhout IHVH-Adonaï, le règne (ou le royaume) d’Elohîms, que Luc évoque à trente-deux reprises dans son Annonce. Ainsi se parachève en gloire le portrait lucanien de Iéshoua‘ bèn Iosseph, fils de l’homme et fils d’Elohîms, prophète et sauveur.


Chapitre 1.

Aux jours d’Hèrôdès

1.     Déjà plusieurs ont entrepris de composer
le récit des faits accomplis parmi nous,
2.     tels qu’ils nous ont été transmis par ceux qui, depuis le début,
les ont vus de leurs propres yeux, serviteurs de la parole.
3.     Ainsi, j’ai cru convenable, moi aussi,
ayant tout scruté en remontant à la source,
de l’écrire pour toi avec ordre, excellent Theophilos,
4.     afin que tu pénètres la sûreté des paroles que tu as reçues.

5.     Et c’est aux jours d’Hèrôdès, roi de Iehouda,
un desservant du nom de Zekharyah, de la classe d’Abyah.
Il avait pour femme une des filles d’Aarôn. Son nom: Èlishèba‘.
6.     Tous deux sont des justes, intègres, en face d’Elohîms;
ils vont, sans reproche,
dans toutes les misvot et les institutions de IHVH-Adonaï.
7.     Ils n’ont pas d’enfant: oui, Èlishèba‘ est stérile,
et tous les deux sont avancés dans leurs jours.
8.     Et c’est, quand il sert, au tour de sa classe, en face d’Elohîms,
9.     il est désigné par le sort, selon la coutume des desservants,
pour faire brûler l’encens.
Il entre ainsi au sanctuaire des sanctuaires de IHVH-Adonaï.
10.     Toute la multitude du peuple prie dehors: c’est l’heure de l’encens.
11.     Un messager de IHVH-Adonaï lui apparaît, debout, à droite de l’autel de l’encens.
12.     Zekharyah se trouble. Il voit, et un frémissement tombe sur lui.
13.     Le messager lui dit:
« Ne frémis pas, Zekharyah ! Oui, ton imploration a été entendue.
Èlishèba‘, ta femme, t’enfantera un fils.
Tu crieras son nom: Iohanân.
14.     Et pour toi ce sera chérissement, exultation.
Beaucoup se réjouiront de son enfantement.
15.     Oui, il sera grand en face de IHVH-Adonaï.
Il ne boira ni vin ni liqueur.
Le souffle sacré le remplira dès le ventre de sa mère.
16.     Il fera retourner à IHVH-Adonaï, leur Elohîms, beaucoup de Benéi Israël.
17.     Et lui, il avancera, devant ses faces,
avec le souffle et le pouvoir d’Élyahou
pour faire revenir le coeur des pères aux enfants,
et les rebelles au discernement des justes,
préparer, pour IHVH-Adonaï, un peuple bien disposé. »
18.     Zekharyah dit au messager: « En quoi saurai-je cela ?
Oui, j’ai vieilli et ma femme s’avance dans ses jours. »
19.     Le messager lui répond et lui dit:
« Moi, Gabriél, debout en face d’Elohîms,
j’ai été envoyé pour te parler, pour te l’annoncer.
20.     Et voici, tu te tairas, tu ne pourras pas parler,
jusqu’au jour où cela surviendra,
parce que tu n’as pas adhéré à mes paroles,
qui s’accompliront en leur temps. »
21.     Le peuple attend Zekharyah.
Ils s’étonnent de ce qu’il s’attarde dans le sanctuaire.
22.     Quand il sort, il ne peut pas leur parler.
Ils savent qu’il a vu une vision dans le sanctuaire.
Il leur fait des signes et demeure muet.
23.     Et c’est, quand ses jours de liturgie sont remplis,
il s’en va dans sa maison.
24.     Après ces jours, Èlishèba‘, sa femme, conçoit et se cache cinq mois.
Elle dit:
25.     « Voilà ce que m’a fait IHVH-Adonaï aux jours où il m’a regardée,
pour enlever ma flétrissure aux yeux des hommes. »

Gabriél

26.     Au sixième mois, le messager Gabriél est envoyé par Elohîms
dans une ville de Galil nommée Nasèrèt,
27.     vers une nubile fiancée à un homme.
Son nom: Iosseph, de la maison de David. Nom de la nubile: Miriâm.
28.     Le messager entre près d’elle et lui dit:
« Shalôm, toi qui as reçu la paix ! IHVH-Adonaï est avec toi ! »
29.     Elle, à cette parole, s’émeut fort et réfléchit:
cette salutation, que peut-elle être ?
30.     Le messager lui dit: « Ne frémis pas, Miriâm !
Oui, tu as trouvé chérissement auprès d’Elohîms.
31.     Voici, tu concevras dans ta matrice et enfanteras un fils.
32.     Tu crieras son nom: Iéshoua‘.
Il sera grand et sera appelé Bèn ‘Éliôn ­ fils du Suprême.
IHVH-Adonaï Elohîms lui donnera le trône de David, son père.
33.     Il régnera sur la maison de Ia‘acob en pérennité, sans fin à son royaume. »
34.     Miriâm dit au messager: « Comment cela peut-il être,
puisque aucun homme ne m’a pénétrée ? »
35.     Le messager répond et lui dit:
« Le souffle sacré viendra sur toi, la puissance du Suprême t’obombrera.
Ainsi, celui qui naîtra de toi, sacré, sera appelé Bèn Elohîms.
36.     Voici, Èlishèba‘, ta parente,
elle aussi a conçu un fils dans son vieil âge.
C’est le sixième mois pour elle, appelée stérile.
37.     Aucune parole n’est impossible à Elohîms. »
38.     Miriâm dit: « Voici la servante de IHVH-Adonaï.
Qu’il en soit pour moi selon ta parole. »
Le messager s’en va loin d’elle.

Tu es bénie

39.     Miriâm se lève en ces jours, elle va dans la montagne,
et s’empresse vers une ville de Iehouda.
40.     Elle entre dans la maison de Zekharyah et salue Èlishèba‘.
41.     Et c’est, quand Èlishèba‘ entend la salutation de Miriâm,
l’enfant tressaille dans son ventre.
Èlishèba‘ est remplie par le souffle sacré.
42.     Elle crie d’une voix forte et dit:
« Tu es bénie entre les femmes, et béni le fruit de ton ventre !
43.     Pour moi, d’où cela, que la mère de mon Adôn vienne vers moi ?
44.     Oui, la voix de ta salutation est parvenue à mes oreilles;
et voici, l’enfant tressaille d’exultation dans mon ventre;
45.     En marche, celle qui adhère à la réalisation plénière
de ce qui lui a été dit de la part de IHVH-Adonaï ! »
46.     Et Miriâm dit: « Mon être exalte IHVH-Adonaï;
47.     mon souffle exalte pour Elohîms, mon sauveur,
48.     parce qu’il a regardé l’humilité de sa servante.
Voici, désormais tous les âges me diront: En marche !
49.     Oui, le Puissant fait pour moi des grandeurs, et son nom est sacré.
50.     Son secours matriciel, d’âge en âge sur ses frémissants,
51.     il fait prouesse de son bras;
il disperse les orgueilleux en l’intelligence de leur coeur.
52.     Il fait descendre les puissants des trônes, mais relève les humbles.
53.     Il remplit de biens les affamés; et les riches, il les renvoie, vides.
54.     Il soutient Israël, son enfant, ayant en mémoire de le matricier,
55.     comme il l’a dit à nos pères,
en faveur d’Abrahâm et de sa semence, en pérennité. »
56.     Miriâm demeure avec elle trois mois environ;
puis elle revient dans sa maison.

Iohanân est son nom

57.     Pour Èlishèba‘ le temps de l’enfantement s’accomplit.
Elle donne naissance à un fils.
58.     Ses voisins, ses proches,
entendent que IHVH-Adonaï a magnifié son secours matriciel pour elle.
Ils se réjouissent avec elle.
59.     Et c’est le huitième jour.
Ils viennent pour circoncire le petit enfant.
Ils l’appellent selon de nom de son père: Zekharyah.
60.     Sa mère répond et dit: « Non, mais il sera crié Iohanân. »
61.     Ils lui disent: « Personne de ta famille ne s’appelle de ce nom ! »
62.     Ils font des signes à son père: comment veut-il le crier ?
63.     Il demande une tablette et écrit: « Iohanân est son nom. »
Ils s’en intriguent tous.
64.     Et soudain sa bouche s’ouvre et sa langue. Il parle et bénit Elohîms.
65.     Et c’est sur tous un frémissement, sur ceux qui habitent autour d’eux.
Dans toute la montagne de Iehouda tous ces dires sont rapportés.
66.     Tous les entendeurs les gardent en leur coeur et disent:
« Que sera donc ce petit enfant ?
Oui, la main de IHVH-Adonaï est avec lui ! »
67.     Zekharyah, son père, est rempli du souffle sacré.
Il est inspiré et dit:
68.     « Il est béni, IHVH-Adonaï, l’Elohîms d’Israël !
Il visite son peuple et lui envoie la rédemption.
69.     Il a réveillé pour nous le shophar du salut
dans la maison de David, son serviteur.
70.     Comme il l’a dit par la bouche de ses inspirés consacrés,
de toute pérennité:
71.     Voici le salut qui nous sauve de nos ennemis
et de la main de tous nos haineux,
72.     pour matricier nos pères et mémoriser son pacte sacré:
73.     le serment qu’il a juré à Abrahâm, notre père,
de nous donner, que, sans frémir,
74.     délivrés de la main de nos ennemis,
75.     nous le servions dans la consécration et la justice,
en face de lui, tous nos jours.
76.     Et toi, petit enfant, tu seras appelé inspiré d’‘Éliôn.
Oui, tu marcheras en face de IHVH-Adonaï, pour préparer ses routes
77.     et donner la pénétration du salut à son peuple,
dans la rémission de leurs fautes.
78.     Par les matrices du secours de notre Elohîms,
il nous visitera, soleil levant venu d’en haut,
79.     pour apparaître à ceux qui gisent dans la ténèbre et l’ombremort,
pour conduire nos pieds sur la route de la paix. »
80.     Le petit enfant croît et se fortifie dans le souffle.
Il est dans les déserts, jusqu’au jour où il se manifeste à Israël.

Chapitre 2.

Iéshoua‘ naît

1.     Et c’est, en ces jours, un édit de Caesar Augustus sort
pour recenser tout l’univers.
2.     Ce recensement est le premier; Quirinius étant gouverneur de Syrie.
3.     Ils vont tous se faire inscrire, chacun dans sa ville.
4.     Iosseph monte aussi de Galil, de la ville de Nasèrèt,
vers Iehouda, vers la ville de David, appelée Béit Lèhèm.
Il est de la maison de David et de son clan.
5.     Il se fait recenser avec Miriâm, sa fiancée, qui est enceinte.
6.     Et c’est, quand ils sont là, les jours de son enfantement se remplissent.
7.     Elle enfante son fils, son aîné.
Elle l’emmaillote et le couche dans une mangeoire,
car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle.

8.     Des bergers étaient là, dans ce pays; ils vivaient aux champs,
et gardaient, aux veilles de la nuit, leur troupeau.
9.     Et voici, un messager de IHVH-Adonaï se présente à eux.
La gloire de IHVH-Adonaï resplendit tout autour d’eux.
Ils frémissent d’un grand frémissement.
10.     Le messager de IHVH-Adonaï leur dit: « Ne frémissez pas ! Oui, voici,
je vous annonce une grande joie qui sera pour tout le peuple:
11.     Il est né pour vous aujourd’hui un sauveur.
C’est le messie de IHVH-Adonaï, dans la ville de David.
12.     Tel est pour vous le signe: vous trouverez un nourrisson,
emmailloté, couché dans une mangeoire. »
13.     Et soudain, c’est, auprès du messager,
la multitude de la milice des ciels.
Ils louangent Elohîms et disent:
14.     « Gloire à Elohîms dans les hauteurs,
et paix sur terre aux hommes de bon gré ! »
15.     Et c’est, quand les messagers s’en vont loin d’eux vers les ciels,
les bergers se disent l’un à l’autre: « Allons donc à Béit Lèhèm,
et voyons l’événement qui est advenu,
ce que IHVH-Adonaï nous fait connaître. »
16.     Ils s’empressent, viennent et trouvent Miriâm et Iosseph
avec le nourrisson couché dans une mangeoire.
17.     Le voyant, ils font connaître ce qui leur avait été dit sur ce petit enfant.
18.     Tous ceux qui entendent s’étonnent de ce que leur disent les bergers.
19.     Miriâm garde tout cela et l’accueille dans son coeur.
20.     Les bergers retournent, glorifient et louangent Elohîms
de tout ce qu’ils ont entendu et vu, selon ce qui leur avait été dit.
21.     Quand sont remplis les huit jours de la circoncision,
il est appelé par son nom Iéshoua‘
comme il avait été appelé par le messager,
avant que sa mère ne l’eût conçu dans son ventre.

Shim‘ôn et Hana

22.     Les jours de leur purification se remplissent selon la tora de Moshè.
Ils l’amènent à Ieroushalaîm pour le présenter en face d’Adonaï,
23.     comme il est écrit dans la tora de IHVH-Adonaï:
Tout mâle fendeur de matrice sera appelé « Consacré à IHVH-Adonaï »,
24.     et pour donner un sacrifice
selon ce qui est dit dans la tora de IHVH-Adonaï:
une paire de tourterelles ou deux petits de palombes.
25.     Et voici, il est un homme à Ieroushalaîm, de son nom: Shim‘ôn.
Cet homme juste et fervent attend le réconfort d’Israël.
Le souffle sacré est en lui.
26.     Or le souffle l’avait averti qu’il ne verrait pas la mort
sans avoir vu le messie de IHVH-Adonaï.
27.     Il vient par le souffle au sanctuaire.
Les parents y font entrer le petit enfant Iéshoua‘,
pour faire de lui selon la coutume de la tora.
28.     Il le prend dans ses bras, bénit Elohîms et dit:
29.     « Maintenant tu peux renvoyer ton serviteur en paix,
Maître, selon ton dire !
30.     Oui, mes yeux ont vu ton salut,
31.     que tu as préparé en face de tous les peuples:
32.     une lumière pour le découvrement aux goîm,
une gloire de ton peuple Israël. »
33.     Son père et sa mère s’étonnent de ce qui est dit de lui.
34.     Shim‘ôn les bénit et dit à Miriâm, sa mère:
« Voici, celui-ci est établi
pour la chute et pour le relèvement de beaucoup en Israël,
et pour signe de contestation.
35.     Toi, l’épée te transpercera l’être,
afin que soient découvertes les ruminations de bien des coeurs. »

36.     Une inspirée est là, Hana, fille de Penouél, de la tribu d’Ashér.
Elle s’avance en jours nombreux.
Elle avait vécu avec son mari sept ans après sa virginité,
37.     puis elle était devenue veuve jusqu’à quatre-vingt-quatre ans.
Elle ne s’écartait pas du sanctuaire.
Dans le jeûne et les implorations elle servait jour et nuit.
38.     Elle se présente à cette heure même et glorifie Elohîms.
Elle parle du petit enfant
à tous ceux qui attendent la rédemption de Ieroushalaîm.
39.     Quand ils ont tout réalisé selon la tora de IHVH-Adonaï,
ils reviennent en Galil, dans leur ville, Nasèrèt.
40.     L’enfant croît et se fortifie,
rempli de sagesse, le chérissement d’Elohîms sur lui.

Au milieu des rabbis

41.     Ses parents vont chaque année à Ieroushalaîm
pour la fête de Pèssah.
42.     Quand il est âgé de douze ans, ils montent selon la coutume de la fête.
43.     Les jours terminés ils reviennent.
Iéshoua‘, l’enfant, demeure à Ieroushalaîm,
et ses parents n’en ont pas connaissance.
44.     Pensant qu’il était dans la caravane, ils vont un jour de route.
Puis ils le recherchent parmi leurs proches et leurs connaissances.
45.     Ils ne le trouvent pas.
Ils reviennent à Ieroushalaîm pour le rechercher.
46.     Et c’est après trois jours, ils le trouvent dans le sanctuaire,
assis au milieu des rabbis: il les entend et les interroge.
47.     Tous ses auditeurs sont stupéfaits par son intelligence et ses réponses.
48.     Quand ils le voient, ils sont frappés. Sa mère lui dit:
« Enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?
Voici, ton père et moi, en grande détresse, nous te cherchions. »
49.     Il leur dit: « Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne le saviez-vous pas ?
Il faut que je sois en ce qui est de mon père. »
50.     Ils ne comprennent pas la parole qu’il leur dit.
51.     Il descend avec eux et vient à Nasèrèt. Il leur était soumis.
Sa mère garde tout cela dans son coeur.
52.     Iéshoua‘ progresse en sagesse, en taille et en chérissement
aux yeux d’Elohîms et des hommes.

Chapitre 3.

Iohanân

1.     En l’an quinze du gouvernement de Tiberius Caesar,
Pontius Pilatus est gouverneur de Iehouda,
Hèrôdès, tétrarque de Galil,
Philippos, son frère, tétrarque du pays d’Itouraïa et de Trachônitis,
et Lysanias, tétrarque d’Abilènè.
2.     Au temps du grand desservant Hanân et Caïapha,
c’est le dire d’Elohîms à Iohanân bèn Zekharyah, au désert.
3.     Il vient dans le cirque du Iardèn.
Il proclame l’immersion du retour pour la rémission des fautes,
4.     comme il est écrit dans le volume des paroles de Iesha‘yahou l’inspiré:
« Voix d’un crieur au désert:
Préparez la route de IHVH-Adonaï; rectifiez ses sentiers.
5.     Tout val sera rempli, toutes montagnes et collines seront humiliées.
Le tortueux sera rectiligne, les escarpements, des routes planes.
6.     Toute chair verra le salut d’Elohîms. »
7.     Il dit alors aux foules qui sortent se faire immerger par lui:
« Engeance de vipères, qui vous a prévenus de fuir la brûlure qui vient ?
8.     Faites donc des fruits qui vaillent pour le retour !
Ne commencez pas à dire en vous-mêmes:
‹ Pour père nous avons Abrahâm. ›
Oui, je vous dis:
de ces pierres, Elohîms peut réveiller des fils à Abrahâm.
9.     Déjà la hache est mise à la racine des arbres.
Tout arbre qui ne fait pas de beaux fruits est abattu et jeté au feu. »
10.     Les foules l’interrogent et disent: « Que ferons-nous donc ? »
11.     Répondant il leur dit: « Qui a deux tuniques,
qu’il partage avec qui n’en a pas.
Et qui a des aliments, fasse de même. »
12.     Même les gabelous viennent pour être immergés. Ils lui disent:
« Rabbi, que ferons-nous ? »
13.     Il leur dit:
« Ne touchez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
14.     Des soldats l’interrogent aussi. Ils disent:
« Et nous, que ferons-nous ? » Il leur dit:
« Ne molestez personne ! Ne dénoncez personne !
Contentez-vous de votre solde. »
15.     Le peuple attend; tous font des réflexions dans leur coeur
à propos de Iohanân: si jamais il était le messie ?
16.     Iohanân répond et dit à tous:
« Moi, je vous immerge dans l’eau, mais vient un plus fort que moi.
Je ne vaux pas pour délier la lanière de ses sandales.
Lui, il vous immergera dans le souffle sacré et le feu,
17.     la pelle à vanner dans sa main, pour bien purifier son aire,
et ramasser son grain dans sa grange.
Mais la glume, il la brûlera au feu inextinguible. »
18.     Ainsi, et par beaucoup d’autres exhortations,
il annonce le message au peuple.
19.     Mais Hèrôdès le tétrarque, qu’il blâme à cause d’Hèrôdias,
la femme de son frère, et pour tout le mal que lui, Hèrôdès, faisait,
20.     ajoute encore ceci à tout cela: il enferme Iohanân en prison.

C’est toi mon fils

21.     Et c’est, après l’immersion de tout le peuple,
Iéshoua‘ est aussi immergé. Il prie.
22.     Le ciel s’ouvre; le souffle sacré descend sur lui,
sous la forme corporelle d’une palombe.
Une voix vient du ciel: « C’est toi mon fils.
Moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. »
23.     C’est là que Iéshoua‘ commence, à trente ans environ.
Il est, pensent-ils, bèn Iosseph,
24.     bèn ‘Éli, bèn Matat, bèn Lévi, bèn Malki, bèn Ianaï, bèn Iosseph,
25.     bèn Matityah, bèn ‘Amos, bèn Nahoum, bèn Hesli, bèn Nagaï,
26.     bèn Mahat, bèn Matityah, bèn Shim‘i, bèn Iosseph, bèn Yehoyada‘,
27.     bèn Iohanân, bèn Réisha, bèn Zeroubabèl, bèn Shealtiél, bèn Néri,
28.     bèn Malki, bèn Adi, bèn Qossâm, bèn Èlmedân, bèn ‘Ér,
29.     bèn, Iehoshoua‘, bèn Èli‘èzèr, bèn Iorîm, bèn Matat, bèn Lévi,
30.     bèn Shim‘ôn, bèn Iehouda, bèn Iosseph, bèn Iona, bèn Èliaqîm,
31.     bèn Malyah, bèn Mina, bèn Matata, bèn Natân, bèn David,
32.     bèn Ishaï, bèn ‘Obéd, bèn Bo‘az, bèn Shèlah, bèn Nahshôn,
33.     bèn ‘Aminadab, bèn Admîn, bèn Arni,
bèn Hèsrôn, bèn Pèrès, bèn Iehouda,
34.     bèn Ia‘acob, bèn Is’hac, bèn Abrahâm, bèn Tèrah, bèn Nahor,
35.     bèn Seroug, bèn Re‘ou, bèn Pèlèg, bèn ‘Ébèr, bèn Shèlah,
36.     bèn Caïn, bèn Arpakhshad, bèn Shém, bèn Noah, bèn Lèmèkh,
37.     bèn Metoushèlah, bèn Hanokh, bèn Ièrèd, bèn Mahalalél, bèn Caïn,
38.     bèn Enosh, bèn Shét, bèn Adâm, bèn Elohîms.

Chapitre 4.

Éprouvé par le diable

1.     Iéshoua‘, rempli par le souffle sacré, revient du Iardèn.
2.     Il est conduit dans le souffle au désert, quarante jours,
éprouvé par le diable. Il ne mange rien pendant ces jours.
Quand ils sont terminés, il a faim.
3.     Le diable lui dit: « Si tu es Bèn Elohîms,
dis à cette pierre de devenir du pain. »
4.     Iéshoua‘ lui répond: « C’est écrit:
L’homme ne vit pas seulement de pain. »
5.     Et le conduisant en haut, il lui montre en un rien de temps
tous les royaumes de l’univers.
6.     Le diable lui dit: « Je te donnerai toute autorité sur eux et leur gloire.
Oui, elle m’a été livrée et je la donne à qui je veux.
7.     Pour toi donc, si tu te prosternes devant moi,
elle sera à toi, toute. »
8.     Iéshoua‘ répond et lui dit: « c’est écrit:
Prosterne-toi en face de IHVH-Adonaï, ton Elohîms. Sers-le, lui seul ! »
9.     Il le conduit à Ieroushalaîm, il le met au faîte du sanctuaire;
il lui dit: « Si tu es Bèn Elohîms, jette-toi d’ici en bas.
10.     C’est écrit: ‹ Il prescrit à ses messagers qu’ils te gardent. ›
11.     Et: ‹ Sur leurs mains, ils te soulèveront,
pour que ton pied ne heurte pas une pierre. »
12.     Iéshoua‘ répond et lui dit: « Il est dit:
‹ N’éprouve pas IHVH-Adonaï, ton Elohîms ›. »
13.     Ayant épuisé toute épreuve, le diable s’écarte jusqu’au temps fixé.

À Nasèrèt

14.     Iéshoua‘ revient en Galil dans la puissance du souffle.
La rumeur sort dans tout le pays d’alentour autour de lui.
15.     Il enseigne dans leurs synagogues, et tous le glorifient.
16.     Il vient à Nasèrèt, où il a grandi.
Il entre le jour du shabat dans la synagogue, selon son habitude,
et se lève pour lire.
17.     Le volume de l’inspiré Iesha‘yahou lui est donné.
Il ouvre le volume, et trouve le lieu où il est écrit:
18.     Le souffle de IHVH-Adonaï est sur moi; il m’a messié
pour annoncer le message aux pauvres,
pour proclamer aux captifs: Libération !,
aux aveugles: Voyez ! pour renvoyer libres les opprimés,
19.     et proclamer une année d’accueil par IHVH-Adonaï.
20.     Ayant fermé le volume, il le rend au servant et s’assoit.
Les yeux de tous dans la synagogue sont tendus vers lui.
21.     Il commence à leur dire:
« Aujourd’hui, cet écrit s’est accompli à vos oreilles. »
22.     Tous lui rendent témoignage et s’étonnent
des paroles de chérissement qui sortent de sa bouche. Ils disent:
« C’est le fils de Iosseph, n’est-ce pas, celui-là ? »
23.     Il leur dit: « Sûrement vous allez me dire ce proverbe:
‹ Médecin, guéris-toi toi-même !
Et tout ce que nous avons entendu qui s’est fait à Kephar-Nahoum,
fais-le donc aussi, ici, dans ta patrie ! › »
24.     Il dit: « Amén, je vous dis, nul inspiré n’est accueilli dans sa patrie.
25.     En vérité, il y avait de nombreuses veuves aux jours d’Élyahou, en Israël,
lorsque le ciel fut fermé pendant trois ans et six mois.
Ce fut une grande famine sur toute la terre.
26.     Et Élyahou ne fut envoyé à aucune d’entre elles,
sauf en Sorphat de Sidôn, à une femme veuve.
27.     Il était en Israël de nombreux lépreux sous Èlisha‘, l’inspiré.
Et pas un seul ne fut purifié, sauf Na‘amân, le Syrien. »
28.     Tous ceux qui sont à la synagogue,
en entendant ces paroles, sont remplis d’écume.
29.     Ils se lèvent, le jettent hors de la ville et le conduisent
sur un sommet de la montagne où leur ville est bâtie,
afin de le lancer en bas.
30.     Mais il passe au milieu d’eux et va.

Iéshoua‘ et les démons

31.     Il descend à Kephar-Nahoum, une ville de Galil;
il les enseigne aux shabats.
32.     Ils sont frappés par son enseignement, parce que sa parole a autorité.
33.     Dans la synagogue, un homme au souffle d’un démon contaminé
vocifère d’une voix forte:
34.     « Ah, ah ! Qu’y a-t-il entre nous et toi, Iéshoua‘ le Nazaréen ?
Tu es venu pour nous perdre. Je sais qui tu es:
le consacré d’Elohîms ! »
35.     Iéshoua‘ le rabroue et dit: « Muselle-toi ! Sors de lui ! »
Le démon, le terrassant au milieu d’eux,
sort de lui sans lui faire de mal.
36.     Et c’est un effroi sur tous; ils se parlent les uns aux autres
et disent: « Quelle est cette parole ?
Oui, avec quelle autorité et quel pouvoir
il commande aux souffles contaminés ! Et ils sortent ! »
37.     Le renom se répand dans tous les pays d’alentour, autour de lui.

38.     Il se lève de la synagogue; il entre dans la maison de Shim‘ôn.
Or la belle-mère de Shim‘ôn est oppressée par une forte fièvre.
Ils le prient pour elle.
39.     Il se présente sur elle et rabroue la fièvre: elle la laisse.
Elle se relève soudain et les sert.
40.     Au déclin du soleil, tous ceux qui ont des infirmes
atteints de maladies diverses les lui amènent.
Il impose les mains sur chacun d’eux et les guérit.
41.     Les démons de beaucoup sortent aussi, crient et disent:
« Toi, tu es le fils d’Elohîms, Bèn Elohîms ! »
Il les rabroue et ne leur permet pas de parler:
ils savent qu’il est le messie.
42.     Quand vient le jour, il sort et va en un lieu désert.
Les foules le cherchent, viennent jusqu’à lui.
Elles le tiennent: qu’il n’aille pas loin de chez eux !
43.     Il leur dit: « Aux autres villes aussi
il faut que j’annonce le message du royaume d’Elohîms.
Oui, je suis envoyé pour cela. »
44.     Il le clame dans les synagogues de Iehouda.

Chapitre 5.

Les barques remplies

1.     Et c’est, quand la foule le presse pour entendre la parole d’Elohîms,
il se tient au bord du lac de Gennèsaret.
Il voit deux bateaux arrêtés au bord du lac.
2.     Les pêcheurs en sont descendus pour laver les filets.
3.     Il monte dans l’une des barques, celle de Shim‘ôn.
Il le prie de l’éloigner un peu de la terre et s’assoit.
De la barque, il enseigne les foules.
4.     Quand il a fini de parler, il dit à Shim‘ôn:
« Avance en profondeur; plongez vos filets pour la pêche. »
5.     Shim‘ôn répond et dit: « Enseigneur, toute la nuit
nous nous sommes fatigués et nous n’avons rien pris.
Mais, sur ta parole, je vais plonger les filets. »
6.     Ils font ainsi et prennent une masse de poissons,
tellement que leurs filets en craquent.
7.     Ils font signe à leurs compagnons de la deuxième barque,
pour qu’ils viennent les aider.
Ils viennent et remplissent les deux barques, à les faire chavirer.
8.     Voyant cela, Shim‘ôn-Petros tombe aux genoux de Iéshoua‘ et dit:
« Sors loin de moi ! Je suis un homme fautif, Adôn ! »
9.     Oui, un effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui,
pour la pêche des poissons qu’ils avaient pris.
10.     De même pour Ia‘acob et Iohanân, les Bèn Zabdi,
qui étaient les partenaires de Shim‘ôn.
Iéshoua‘ dit à Shim‘ôn: « Ne frémis donc pas !
Désormais, ce sont des hommes que tu prendras vivants. »
11.     Ils amènent les barques sur le rivage, laissent tout et le suivent.

Guérisons

12.     Et c’est, quand il est dans une des villes,
voici, un homme plein de gale, il voit Iéshoua‘,
tombe sur ses faces et l’implore en disant:
« Adôn, si tu veux, tu peux me purifier ! »
13.     Il tend sa main, le touche et dit:
« Je veux, sois pur ! » Vite, la gale s’en va loin de lui.
14.     Il l’enjoint de ne le dire à personne:
« Mais va-t’en, montre-toi au desservant,
et offre pour ta purification ce que Moshè a imposé,
en témoignage pour eux. »
15.     De plus en plus la parole se répand autour de lui.
De nombreuses foules se réunissent pour l’entendre
et être guéries par lui de leurs infirmités.
16.     Quant à lui, il se retire dans les déserts et prie.

17.     Et c’est, un jour, il enseigne.
Des Peroushîm et des répétiteurs de la tora sont venus
de tous les villages de Galil, de Iehouda et de Ieroushalaîm;
ils sont assis là.
La puissance de IHVH-Adonaï est en lui pour opérer des guérisons.
18.     Et voici, des gens apportent un homme sur un lit: il est paralysé.
Ils cherchent à le faire entrer pour le poser en face de lui;
19.     mais ils ne trouvent pas comment le faire entrer, à cause de la foule.
Ils montent sur la terrasse et le descendent sur son matelas,
à travers les tuiles, en plein milieu, devant Iéshoua‘.
20.     Il voit leur adhérence et dit: « Homme, tes fautes te sont remises ! »
21.     Les Sopherîm et les Peroushîm commencent à ruminer.
Ils disent: « Qui est-il, celui-là, qui dit des blasphèmes ?
Qui peut remettre les fautes, sinon Elohîms seul ? »
22.     Mais Iéshoua‘ pénètre leurs réflexions. Il répond et leur dit:
« Pourquoi faites-vous ces réflexions en vos coeurs ?
23.     Qu’est-il plus facile, dire: ‹ Tes fautes te sont remises ›
ou bien: ‹ Réveille-toi et marche › ?
24.     Eh bien ! pour que vous sachiez que le fils de l’homme
a autorité, sur terre, de remettre les fautes... »
Il dit au paralysé: « À toi je dis: Réveille-toi !
Prends ton matelas et va dans ta maison ! »
25.     Soudain il se relève devant eux, prend ce sur quoi il gisait,
et s’en va dans sa maison en glorifiant Elohîms.
26.     Une stupeur les saisit tous; ils glorifient Elohîms,
pleins de frémissement, et disent:
« Oui, nous avons vu l’incroyable aujourd’hui ! »

Lévi

27.     Après quoi il sort et observe un gabelou, un nommé Lévi,
assis à la gabelle. Il lui dit: « Suis-moi ! »
28.     Il abandonne tout, se lève et le suit.
29.     Lévi fait pour lui un grand festin dans sa maison.
Il y avait une foule nombreuse de gabelous
et d’autres personnes, qui s’étendaient à table avec eux.
30.     Les Peroushîm et leurs Sopherîm se plaignent à ses adeptes.
Ils leur disent: « Pourquoi mangez-vous et buvez-vous
avec des gabelous et des fauteurs ? »
31.     Iéshoua‘ répond et leur dit:
« Les bien-portants n’ont pas besoin de médecin,
mais ceux qui ont mal.
32.     Je ne suis pas venu appeler au retour les justes,
mais les fauteurs. »

Vêtement neuf, outres neuves

33.     Ils lui disent: « Voici, les adeptes de Iohanân
multiplient les jeûnes et les prières.
De même ceux des Peroushîm. Mais les tiens mangent et boivent ! »
34.     Iéshoua‘ leur dit: « Pouvez-vous faire jeûner
les fils de la noce quand l’époux est avec eux ?
35.     Mais voici, des jours viennent où l’époux leur sera enlevé.
Alors ils jeûneront, ces jours-là. »
36.     Il leur dit aussi cet exemple:
« Nul ne déchire un morceau d’un vêtement neuf
pour l’ajouter à un vieux vêtement.
Sinon, bien sûr ! et le neuf est déchiré,
et avec le vieux la pièce du neuf ne s’harmonise pas.
37.     Nul ne jette du vin nouveau dans de vieilles outres.
Sinon, en effet, le vin nouveau fait craquer les outres.
Il se répand, et les outres sont perdues.
38.     Mais, un vin nouveau, il faut le mettre dans des outres neuves.
39.     Qui a bu du vin vieux ne désire plus du nouveau:
oui, il dit que le vieux est bon. »

Chapitre 6.

Le shabat

1.     Et c’est un shabat. Il traverse des champs de blé.
Ses adeptes cueillent des épis et les mangent,
après les avoir frottés dans leurs mains.
2.     Quelques-uns des Peroushîm leur disent:
« Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le shabat ? »
3.     Iéshoua‘ leur répond et dit: « N’avez-vous pas lu ce qu’a fait David ?
Il avait faim, et ses compagnons avec lui.
4.     Il est entré dans la maison d’Elohîms,
a pris et mangé les pains des faces,
et en a donné à ses compagnons;
ce qu’il n’est permis de manger qu’aux desservants seulement. »
5.     Il leur dit: « Le fils de l’homme est l’Adôn du shabat. »

6.     Et c’est un autre shabat. Il entre à la synagogue et enseigne.
Il y a là un homme. Sa main droite est sèche.
7.     Les Sopherîm et les Peroushîm l’épient:
va-t-il le guérir pendant le shabat ?
afin de trouver de quoi l’accuser.
8.     Mais il sait leurs réflexions. Il dit à l’homme à la main sèche:
« Réveille-toi et dresse-toi au milieu ! »
Il se relève et se dresse.
9.     Iéshoua‘ leur dit: « Je vous interroge:
Est-il permis, le shabat, de bien faire ou de méfaire ?
De sauver un être ou de le perdre ? »
10.     Il les regarde à la ronde, tous, et il lui dit:
« Tends ta main ! » Il le fait, et sa main est rétablie.
11.     Mais eux sont remplis de fureur; ensemble, ils discutent:
que faire de Iéshoua‘ ?
12.     Et c’est en ces jours, il sort vers la montagne pour prier.
Il passe toute la nuit dans la prière d’Elohîms.
13.     Quand c’est le matin, il convoque ses adeptes.
Parmi eux il en choisit douze, qu’il nomme « envoyés »:
14.     Shim‘ôn, qu’il nomme aussi Petros, et Andreas, son frère,
Ia‘acob et Iohanân, Philippos et Bar-Talmaï,
15.     Matityah et Toma, Ia‘acob bèn Halphaï et Shim‘ôn, appelé le Qanaït,
16.     et Iehouda de Ia‘acob, et Iehouda de Qériot, qui devint traître.
17.     Il descend avec eux, s’arrête dans la plaine.
Et voici, la foule nombreuse de ses adeptes,
et une multitude nombreuse du peuple de tout Iehouda
et de Ieroushalaîm, du rivage de Sor et de Sidôn.
18.     Ils étaient venus l’entendre et être guéris de leurs maladies.
Ceux qui étaient perturbés par des souffles contaminés
sont aussi guéris.
19.     Tous, dans la foule, cherchent à le toucher,
car une puissance sort de lui et les guérit tous.

En marche !

20.     Il lève les yeux sur ses adeptes et dit:
« En marche, les humiliés ! Oui, il est à vous, le royaume d’Elohîms !
21.     En marche, les affamés de maintenant ! Oui, vous serez rassasiés !
En marche, les pleureurs de maintenant ! Oui, vous rirez !
22.     En marche, quand les hommes vous haïssent,
vous bannissent, vous flétrissent,
et jettent dehors votre nom comme criminel, à cause du fils de l’homme !
23.     Jubilez, ce jour-là, dansez de joie !
Voici: votre salaire est grand au ciel !
Oui, cela, leurs pères l’ont déjà fait contre les inspirés.
24.     « Cependant, oïe, vous, les riches !
Oui, vous avez déjà pris votre réconfort !
25.     Oïe, vous, les repus de maintenant !
Oui, vous serez affamés !
Oïe, vous, les rieurs de maintenant !
Oui, vous serez endeuillés et vous pleurerez !
26.     Oïe, vous, quand tous les hommes vous célèbrent !
Oui, leurs pères ont fait de même avec les faux inspirés.
27.     « Mais, vous, entendeurs, je vous dis:
Aimez vos ennemis, faites du bien à vos haineux !
28.     Bénissez vos maudisseurs, priez pour vos décrieurs !
29.     À qui te frappe sur une joue, tends-lui l’autre aussi.
Au preneur de ton manteau, ne refuse pas la tunique aussi.
30.     À tout demandeur, donne ! Au preneur de ton bien, ne réclame rien !
31.     Comme vous voulez que les hommes fassent avec vous,
faites-leur de même.
32.     Si vous aimez vos amis, quel est votre chérissement ?
Oui, même les fauteurs aiment leurs amis !
33.     Et si vous faites du bien à ceux qui vous font du bien,
quel est votre chérissement ?
Même les fauteurs en font autant !
34.     Si vous prêtez à ceux dont vous espérez recevoir,
quel est votre chérissement ?
Même les fauteurs prêtent à des fauteurs pour recevoir l’équivalent !
35.     « Aussi bien, aimez vos ennemis, faites du bien,
prêtez sans rien attendre en retour.
Votre salaire sera grand et vous serez les fils d’‘Éliôn, du Suprême,
lui qui est bon avec les ingrats comme avec les criminels.
36.     Soyez matriciels, comme votre père est matriciel.
37.     Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés.
Ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés.
Déliez: vous serez déliés.
38.     Donnez: il vous sera donné une belle mesure,
bien tassée, serrée, débordante,
qui sera donnée dans votre sein.
Oui, la mesure avec laquelle vous mesurez sert à mesurer pour vous. »

Exemples

39.     Il leur dit un exemple: « Un aveugle peut-il guider un aveugle ?
Ne tombent-ils pas ensemble dans la fosse ?
40.     Nul adepte ne dépasse son rabbi;
mais chacun, à la fin, sera comme son rabbi.
41.     Tu vois le fétu dans l’oeil de ton frère,
mais la poutre, dans ton propre oeil, tu ne la considères pas !
42.     Comment peux-tu dire à ton frère:
‹ Frère, laisse-moi chasser le fétu qui est dans ton oeil ›
quand tu ne vois pas la poutre dans ton oeil ?
Hypocrite ! Chasse en premier la poutre de ton oeil !
Après quoi tu verras clair pour chasser le fétu
dans l’oeil de ton frère.
43.     « C’est ainsi ! Pas de bon arbre qui fasse de mauvais fruit,
et pas de mauvais arbre qui fasse de bon fruit !
44.     Oui, chaque arbre se reconnaît à son fruit:
des figues ne se ramassent pas sur des épines;
le raisin ne se vendange pas sur des buissons.
45.     L’homme bon, du bon trésor de son coeur, produit du bon;
le criminel, de son fond criminel, produit le crime.
Oui, la bouche parle de l’abondance du coeur.
46.     « Pourquoi m’appelez-vous: ‹ Adôn ! Adôn ! ›,
et ne faites-vous pas ce que je dis ?
47.     Qui vient vers moi, entend mes paroles et les fait,
je vous montrerai à qui il est semblable.
48.     Il est semblable à un homme qui bâtit une maison.
Après avoir profondément creusé, il pose les fondations sur le roc.
Une inondation survient, le fleuve déferle contre cette maison.
Il n’est pas assez fort pour l’ébranler,
parce qu’elle a été bien bâtie.
49.     Qui entend et ne fait pas est semblable à un homme
qui bâtit une maison sur la terre, sans fondations.
Le fleuve déferle contre elle; elle s’effondre vite;
et le désastre de cette maison est grand. »

Chapitre 7.

Le centurion et la veuve

1.     Quand il a rempli tous ses dires aux orei